Sans le moindre doute, le burn-out est la bête noire des directions de ressources humaines. Résultat d’un ensemble de facteurs, il peut être évité grâce aux bienfaits de la méditation et de l’Ayurvéda, base d’un véritable programme de prévention.

 

Résultat d’une grande enquête conduite par la CFDT[1] sur plus de 200.000 sondés, 36% d’entre eux ont connu lors de leur parcours dans l’entreprise un épisode d’épuisement professionnel, alias burn out. Autre constat tout aussi alarmant : 35% estiment que le travail nuit à leur santé ; 44% en ressentent des douleurs physiques et 34% en ont le sommeil perturbé. De nombreux facteurs sont montrés du doigt. Pour l’essentiel : une charge de travail excessive (51%) et un manque de temps pour faire son travail correctement (58%). Pour alléger leurs souffrances, les sondés réclament plus d’autonomie[2] et moins d’encadrement.

 

Ces résultats sont en phase avec ceux d’une étude conduite un an auparavant par Technologia, un cabinet spécialisé dans la souffrance au travail. L’étude en question estime que 12,6% de la population active française est menacée de burn out, soit 3,2 millions de français[3] ! Stress, pression et objectifs irréalistes sont connus pour favoriser l’épuisement professionnel. Le burn out est donc loin d’être un épiphénomène. C’est à ce titre qu’il figure parmi les risques psycho-sociaux que l’entreprise doit combattre.

 

Face à ce problème -que le Sénat n’a pas voulu reconnaître en tant que maladie professionnelle- tous les acteurs semblent littéralement dépassés. Les médecins ? Ils se contentent de rediriger les victimes vers les hôpitaux ou vers des praticiens de techniques de bien-être dont la plupart n’a fait l’objet d’aucune recherche scientifique approfondie. Les entreprises sont également dépassées. Elles essaient, non sans mal, de prévenir ces « risques psychosociaux » afin, surtout, de protéger leur réputation.

 

Que savons-nous exactement du burn out? D’abord que le stress est une dimension indissociable de l’épuisement professionnel. Sentiment d’injustice, manque de reconnaissance, difficultés relationnelles avec les collègues ou un supérieur, manque de moyens pour faire correctement leur travail, charge de travail excessive, frustrations liées aux changements intervenus dans l’organisation, restructuration, réorganisation, fermeture de sites, déménagement, … les causes de stress sont multiples. Elles montrent qu’à un certain degré l’entreprise est également malade. Peu de top managers ont conscience qu’ils favorisent les conditions du burn out quand ils imposent des surcharges de travail ou mettent une pression permanente sur un personnel dans l’impossibilité de dire non.

 

Comment savoir si un collaborateur risque de faire un burn out? Comment prévenir ce risque? Que faire si le mal est déjà là ?  De nombreux ouvrages ont été consacrés à ce sujet. Ils reconnaissent la complexité et la diversité des facteurs en jeu. Tous s’accordent à voir dans la fatigue et le stress les signes avant-coureurs.  Quand la situation perdure depuis plusieurs mois, la coordination entre le corps et l’esprit est interrompue. L’esprit s’enfonce dans un stress mental intense qui perturbe le système nerveux alors que le corps connaît une fatigue conduisant à l’épuisement…sans que le sujet n’ait conscience de la gravité de son état. Ce mécanisme conduit tout droit au burn out. Nous savons que le stress augmente le taux de cortisol dans le sang avec de nombreuses conséquences. L’augmentation du rythme cardiaque, de la pression sanguine et l’interruption du sommeil sont les principales.

 

Selon l’Ayurvéda, le burn out résulte d’un déséquilibre des trois principales fonctions mentales : l’apprentissage, la rétention et la mémoire à long terme. A cause du stress mental, l’esprit saturé de stimuli n’est plus capable de traiter les tâches quotidiennes. La productivité baisse vertigineusement. Les experts de l’Ayurvéda qualifient cet état de « pragya-apardh », l’erreur de l’intellect. Ce déséquilibre intervient lorsque le Vata qui soutient les fonctions mentales est lui-même perturbé. L’esprit et le corps perdent alors leur connexion.

 

En plus des conseils de bon sens donnés dans tous les ouvrages, comme apprendre à ne pas dépasser ses limites ou oser dire non, l’Ayurvéda recommande plusieurs stratégies pour rétablir les fonctions mentales et mieux résister au stress en restaurant le fonctionnement équilibré des doshas[4] ainsi qu’en cultivant la joie qui est notre vraie nature. Le premier conseil consiste à réapprendre à fonctionner en accord avec les cycles de la nature en se couchant tôt, avant 22 heures, et en se levant tôt, avant 6 heures. Ce changement dans la routine quotidienne fait une énorme différence en rééquilibrant simultanément les trois doshas. Après le réveil, un auto-massage à l’huile de sésame biologique légèrement chaude permet d’éliminer les toxines, stimuler les organes et animer le bien être dans le corps en rééquilibrant Vata. Dans la journée, 15 à 20 minutes d’exercice modéré et une promenade dans la verdure conforteront les bienfaits acquis. Au moment du déjeuner, une alimentation fraîchement cuisinée est conseillée. Bien sûr, tous ces changements impliquent de revoir les priorités de l’agenda de la journée. Concentrez de préférence les tâches importantes le matin. Coupez si possible téléphone et e-mail le matin afin que l’esprit reste focalisé. Ne faites qu’une chose à la fois. Consacrez l’après-midi à la créativité et la communication.

 

La diminution des symptômes du burn out est rapide

 

Toujours afin de prévenir le burn out, l’Ayurvéda conseille en second lieu la méditation transcendantale, une technique qui se pratique dans de nombreuses entreprises, aux Etats-Unis comme en Europe. Les recherches scientifiques montrent qu’en l’espace d’une vingtaine de minutes, elle apporte un repos deux fois plus profond que le sommeil le plus profond. Elle tempère en outre les épisodes de colère et d’impulsivité et ralentit la perception du temps. Une récente méta-analyse a montré ses effets remarquables en cas de forte anxiété. Selon le docteur Nancy Lonsdorf[5], des études comparatives ont montré de façon consistante et répétée que « la méditation transcendantale  produisait au moins deux fois plus d’effets bienfaisants, et souvent bien davantage, pour plusieurs troubles de santé liés au stress comme l’hypertension, l’anxiété, les toxicomanies, et pour la santé mentale en général, lorsque l’on compare avec les résultats d’autres techniques anti-stress »[6].

 

Si le stress est installé depuis de longs mois, l’usage de plantes adaptogènes aidera à mieux gérer ses effets sans stimuler et sans avoir d’effet sédatif sur la physiologie. Ces plantes donnent un regain d’énergie le matin et favorisent le sommeil la nuit venue, ce qui est le cas avec l’Ashwagandha, alias Withania somnifera. C’est la plus connue des herbes de l’Ayurvéda pour combattre le stress[7]. Des études montrent qu’elle diminue le taux de cortisol dans le sang de 26 %. L’Ayurvéda considère aussi qu’elle augmente l’endurance physique, empêche la destruction de la vitamine C en situation de stress, améliore l’acuité mentale, aiguise la mémoire et l’intellect. Son action apaisante empêche les effets du stress d’atteindre les centres excito-moteurs du cerveau.

 

Une autre substance antistress recommandée par l’Ayurvéda est le Shilajit. C’est un puissant tonique et adaptogène également utilisé dans la médecine tibétaine. Il réduit Kapha tout en étant bénéfique pour Vata et Pitta. Le Shilajit renforce tous les processus physiologiques, ce qui lui vaut aussi le qualificatif de « destructeur de toutes les faiblesses ». Il combat la fatigue, améliore l’humeur et favorise la régénération cellulaire en amenant oxygène et nutriments au cœur de la cellule. Il favorise entre autre la production de dopamine, responsable du sentiment de bien-être. Le Shilajit est le composant principal du Chyawanprash, préparation traditionnelle de l’Ayurveda qui est à ce tire un excellent antistress. Ces préparations se trouvent facilement sur Internet.

 

Ces recommandations sont le cœur d’une stratégie de prévention du burn out dans l’entreprise. Elles doivent être mises en place avec l’aide de spécialistes de ces enseignements. En cas d’épuisement caractérisé d’un collaborateur, ils pourront recommander une cure de Panchakarma dont la durée dépendra de l’état de la personne. Cette cure, qui se pratique dans des centres spécialisés, permet un profond repos qui régénère la physiologie et favorise le repos mental. Il existe plusieurs centres offrant des cures de Panchakarma en France.

 

Cette stratégie de prévention suffira-t-elle pour tempérer tout comportement d’un top manager qui alimenterait le burn out ?  La réponse est clairement oui. En diminuant le stress et  en développant les qualités de leadership, la méditation transcendantale augmente la productivité de tous et facilite en outre les relations avec les collaborateurs.  

 

 

[1]                             Les résultats de l’enquête nationale “Parlons Travail” de la CFDT ont été présentés dans le courant du mois de mars 2017.

[2]                          Le manque d’autonomie est reconnu par plusieurs études comme une source de mal être.

[3]                          L’étude a été réalisée en ligne du 30 juillet au 20 août 2013 auprès d’un échantillon de 1000 individus représentatifs de la population active occupée française, à partir du panel propriétaire de Survey Sampling International. Elle a été menée avec la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : genre, âge, profession et catégorie socioprofessionnelle, secteur économique, et type d’unité urbaine.

[4]                      Les doshas sont les principes qui gouvernent la physiologie selon l’Ayurvéda. Il y a le mouvement, Vata, la transformation, Pitta et la structure, Kapha. Pour plus de détails, voir l’article intitulé « L’Ayurvéda, une connaissance millénaire au service du manager ».  

[5]
                               Auteur du célèbre A Women’s Best Medicine, Dr Nancy Lonsdorf a été directrice médicale du Maharishi Vedic Medical Center à Washington (Etats-Unis) depuis 1987. Elle fut l’un des premiers médecins américains à intégrer l’Ayurvéda dans sa pratique. Aujourd’hui, elle est reconnue comme l’un des meilleurs spécialistes des soins de santé pour les femmes.

[6]
                               Une étude du Journal of Clinical Psychology (1989) a passé en revue tous les travaux de recherche disponibles sur les méthodes de méditation ou relaxation pour la réduction de l’anxiété chronique : la relaxation musculaire progressive, la technique de Benson, une méthode de concentration, la méditation par mantra en sanscrit, le biofeedback, la Méditation Transcendantale ainsi que des techniques placebos. La Méditation Transcendantale fut la seule qui montra un effet plus grand que le placebo. Les autres méthodes avaient un effet égal ou même inférieur au placebo.

[7]
                               Elle est plus digeste si elle est prise avec un peu de gingembre frais.