Code du travail, CSG, formation professionnelle, assurance-chômage, ISF, apprentissage et retraites… A l’aube du train de réformes qui s’annonce, existe-t-il une méthode miracle pour changer la France ?

Existe-t-il une pédagogie de la transformation qui maximise les chances de succès et favorise l’adhésion de la population ciblée ? Les blocages, les réticences des corps constitués, les manifestations populaires ou encore le réveil des opposants traditionnels sont-ils inéluctables ? Au regard de la manière dont les gouvernements successifs s’y sont essayés, on peut raisonnablement en douter. Pour éviter de baisser les bras, pourquoi ne pas chercher des sources d’inspiration dans les pratiques en entreprise, où le changement fait désormais partie du quotidien.

Certes, la gestion du changement reste délicate aussi dans l’environnement professionnel. Mais la mise en place d’innovations à la fois pour accroître la productivité et survivre, imposent de se tourner vers de nouvelles perspectives. Les statistiques révèlent que seulement 30% des transformations en entreprise échouent de manière partielle ou totale si les dirigeants ont recours à des méthode adaptées. Inversement, sans méthode éprouvée, ce taux grimpe à 60%. Et par méthode adaptée, on entend 4 grands principes :

Les grands changements ne s’opèrent que dans l’urgence

S’il n’y a pas de sentiment d’urgence (une menace, un budget « imbouclable », un risque nouveau …) qui force à une prise de conscience, il est compliqué de faire accepter la nécessité du changement. Sans urgence, le changement est remis à demain.

L’explication du sens

Pourquoi opère-t-on ce changement ? Et comment expliquer qu’il soit mené de telle ou telle façon ? Demander des efforts face à un changement nécessite d’en expliquer le cadre de cohérence, à la fois au plan individuel et collectif. Cette manière de procéder est indispensable et à l’opposé d’une approche technique qui consiste à expliquer chaque détail avec minutie.

Le changement est mieux accepté si celui-ci est large       

Rien de plus frustrant qu’un changement qui fait apparaître des gagnants et des perdants, générant inexorablement un sentiment d’injustice, voire de rancœur envers celui qui initie le changement. Et s’il y a des “sacrifiés du changement”, un sentiment de pitié ou de compassion pourra même naître chez ceux qui ne sont pas touchés, grippant parfois la dynamique en marche. En conclusion, tout le monde doit passer au même moment « à la moulinette du changement ».

La vitesse d’action permet d’éviter des blocages majeurs            

Lancer dix réformes et initiatives de changement en simultané sur les mêmes populations permet de déborder ceux qui veulent y faire face. Pendant que des opposants bloquent certaines actions, en exposant leurs revendications sous le feu des projecteurs, d’autres mesures avancent en silence.

 

Les premières actions de pédagogie que le Président Macron a initiées s’inspirent de ces principes. Espérons qu’elles produisent les mêmes effets positifs pour la France que dans le cadre d’une entreprise !