La génération Z, les jeunes aujourd’hui âgés de 18 à 24 ans, fait ses premiers pas dans le monde de l’entreprise. 72% de ces jeunes déclarent être satisfaits de leur emploi. Et pourtant, 53% d’entre eux pensent le quitter rapidement (42%), voire très rapidement (14%), selon une étude Monster menée par YouGov. Comment faire pour les garder ? Augmenter leurs salaires, nous explique Karl Rigal, responsable éditorial de la plate-forme de recrutement.

« Le début de carrière est excitant ! » Rien d’étonnant alors à ce que 72% des jeunes de 18 à 24 ans déclarent être satisfaits de leur emploi. « Ce pourcentage est en adéquation avec les espoirs des jeunes qui attendent de leur premier emploi d’être une source d’apprentissage », analyse Karl Rigal, responsable éditorial de la plate-forme d’emplois Monster qui dévoile aujourd’hui avec YouGov les résultats d’une étude* sur la génération Z. « Ils ont souvent connu des petits boulots peu épanouissants en parallèle de leurs études, là, dans leur premier poste, ils s’intègrent au monde de l’entreprise, ils se prouvent quelque chose… » 

Et ils sont donc satisfaits. Pourtant, plus de la moitié d’entre eux, 53%, comptent quitter cet emploi à moyen terme pour 42% d’entre eux, et même à court terme pour 14%. « C’est un signe de dynamisme de vouloir aller voir ailleurs », estime Karl Rigal.  

L’étude, menée auprès de 5 000 jeunes salariés en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, présente des disparités entre les pays. « En France, nous sommes sous-représentés sur le départ à court terme en raison d’un marché du travail moins flexible que celui du Royaume Uni par exemple. »

Salaire

Le salaire est le premier point sur lequel les jeunes ont fait un compromis en acceptant leur emploi pour 30% des répondants (contre 26% pour les autres pays européens). A tel point que 46% des Z français souhaiteraient obtenir un meilleur salaire. Mais ils sont seulement 24% à se sentir armés pour demander une augmentation. « Les jeunes ne sont pas payés à la hauteur de leurs espérances », affirme Karl Rigal. « Les recruteurs doivent donc faire un effort sur ce point : s’ils veulent garder ces jeunes, ils doivent anticiper en repérant les talents et en les augmentant car ils ne viendront pas d’eux-mêmes chercher la hausse de salaire. »

74% des Z affirment avoir fait des compromis, contre 61% pour le reste de la population. Parmi ces compromis, la France se distingue avec le secteur d’activité (21%) et la zone géographique (21%) ce qui signifie que les 18-24 ans ne sont pas suffisamment embauchés dans leur branche d’activité ou contraints de déménager pour travailler.

Côté requêtes, outre l’augmentation de salaire voulue à 46%, les Français souhaiteraient des horaires plus flexibles (25%) et un meilleur équilibre entre leur vie personnelle et leur vie professionnelle (24%). Là encore, les chiffres sont très différents en Europe : 41% des jeunes britanniques et 36% des allemands espèrent quant à eux une évolution de carrière, et 29% des néerlandais, un meilleur statut.

Confiance

S’ils sont 53% à vouloir quitter leur emploi, sont-ils optimistes quant à leurs perspectives ? Surprise, 82% sont confiants dans leurs compétences (plus 8 points par rapport à leurs homologues européens). Et pourtant… ils ne sont que 52% à être confiants pour retrouver rapidement un emploi. Le différentiel entre leurs compétences et leurs chances ressenties de trouver du travail est donc énorme. « En France, la compétence n’est pas vécue comme suffisante pour décrocher un emploi, notamment parce qu’on valorise beaucoup plus qu’ailleurs en Europe le diplôme. » Un manque de confiance également expliqué par des facteurs exogènes, et notamment le chômage.

*Etude menée par YouGov du 26 février au 13 mars 2018, auprès de plus de 5072 répondant.e.s salarié.e.s à temps partiel et temps plein au Royaume-Uni, Allemagne, France et Pays-Bas.