Sur les réseaux sociaux, le bonheur au travail est devenu un thème inépuisable de moqueries. Chacun y va de sa caricature des fameux « Chief happiness officers », les responsables du bonheur chargés d’organiser des activités pour « déstresser » leurs collègues à grand renfort de cours de yoga et de séances de cuisine bio ou vegan. Voire les deux. Pourtant, le bonheur au travail via l’expérimentation de nouvelles organisations est non seulement une urgence pour les entreprises mais surtout une manne financière non négligeable.

La « tyrannie du bonheur » en entreprise a même fait l’objet d’un livre très sérieux « La Comédie (in)humaine » de l’économiste Nicolas Bouzou et de la philosophe Julia de Funes.


Pourtant, le bonheur au travail via l’expérimentation de nouvelles organisations est non seulement une urgence pour les entreprises mais surtout une manne financière non négligeable comme le montre Bloom at Work, à l’origine d’une solution pour booster l’épanouissement des collaborateurs et Fabernovel, spécialiste de la transformation digitale, dans un livre blanc sur le bien-être au travail.

Cette analyse approfondie met l’accent sur les véritables enjeux (stratégique, financier, sociétal) qui se jouent derrière cette question devenue en quelques décennies centrale.

“Aujourd’hui ce débat est stérile, tristement réduit à une lutte entre “croyants” et “non-croyants”. Le bien-être au travail n’est pourtant pas une idéologie mais un levier de performance, et fait l’objet de nombreux travaux économiques et scientifiques depuis des décennies. Les gens heureux travaillent mieux, c’est tout », explique Cyril Vart, Executive Vice-Président, Fabernovel.

Et de citer quelques chiffres éloquents à l’appui. Les salariés heureux au travail ont ainsi une productivité supérieure de 43 % aux autres.
Dans un contexte de guerre des talents, c’est pour les DRH un critère clé d’attraction et de fidélisation des équipes. Pour les salariés français, le bien-être au travail apparaît même comme l’enjeu prioritaire dans le monde du travail.
Pour les directeurs des opérations ensuite, les initiatives de bien-être au travail sont indissociables des efforts de transformation numérique. Il est par exemple inimaginable d’adopter des méthodes agiles avec succès sans qu’une solide culture du feedback ait été établie. Enfin, il s’agit aussi d’une importante source d’économies pour les directeurs financiers, car le mal-être au travail, silencieusement, coûte déjà très cher – 12 600 € par salarié et par an en France du fait des absences et des rotations d’effectifs.
Dans une entreprise de 100 salariés réalisant 20 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec une marge brute de 50 %, il suffirait que 20 % des collaborateurs voient leur niveau d’épanouissement au travail augmenter, pour générer 1,1 million de marge supplémentaire.

Comment faire concrètement ?

Les auteurs de l’étude identifient 5 leviers concrets pour lancer la dynamique du bien-être au travail.
Identifier les « quick wins » : pour lancer la dynamique, faire appel à l’intelligence collective de ses équipes et débuter par les idées économes en ressources mais avec un impact significatif.
Commencer par une preuve de concept délimitée, au sein d’une équipe enthousiaste qui saura tester les initiatives puis se faire l’ambassadrice des bonnes pratiques dégagées.

Mesurer régulièrement les résultats pour mieux itérer, par exemple via des sondages en ligne, simples et rapides.
Privilégier les initiatives à iso-budget : les idées impactantes ne nécessitant aucun budget ne manquent pas, par exemple l’absence de réunions un jour de la semaine pour laisser à chacun le temps de se concentrer.

Déléguer au terrain pour propager le mouvement : à terme, donner à chacun les moyens d’agir à son niveau, par exemple en subventionnant des cours en ligne ou des activités sportives choisies librement.