D’après un récent rapport du parlement européen* sur l’impact de la crise de la COVID-19 sur les salariés et le télétravail, il est apparu que près d’un tiers des sondés (29%) déclaraient avoir du mal à se déconnecter après leur journée de travail. Un enjeu qui devient sanitaire quand le télétravail pèse sur la santé mentale des actifs.

Le télétravail ou le droit à la déconnexion

Il est 18 heures,  « le boulot est terminé » pour un grand nombre des Français qui ne font plus la navette – parfois interminable – entre le bureau et chez eux, car ils télétravaillent. Pourtant pour un tiers d’entre eux, il est plus difficile d’éteindre l’ordinateur ou encore de ne plus regarder les mails professionnels quand le bureau est chez soi. Selon un rapport du Parlement européen (présenté mercredi 20 janvier 2021), 27% des Européens qui déclarent « avoir travaillé durant leur temps libre afin de satisfaire les exigences de travail » ne maîtrisent plus la frontière entre la vie privée et professionnelle. Face à ces chiffres alarmants, les eurodéputés ont proposé d’encadrer juridiquement la « déconnexion » au travail comme un droit qu’ils jugent « fondamental » pour protéger la santé des travailleurs. Mais la déconnexion comme « instrument majeur de politique sociale » devra au préalable être définie dans le cadre européen car les situations diffèrent fortement d’un pays à l’autre de l’Union européenne.

Le télétravail, le lien social en moins

Si la crise du Covid-19 a assoupli le télétravail, elle montre en effet ses limites dans un climat particulièrement anxiogène, avec un nouveau mode de travail qui prive les actifs de lien social. De nombreuses études pointent le risque qu’engendre sur la santé mentale des salariés le travail à distance, comme le baromètre Empreinte Humaine Opinionway  qui estime que 58% des salariés en télétravail à temps complet sont en détresse psychologique. Une autre étude d’ Opinionway pour Microsoft France révèle que 40% des actifs français considèrent le lien social comme source de bonheur au travail. De quoi inquiéter les autorités, en particulier la ministre du Travail Élizabeth Borne qui a souhaité début janvier assouplir les règles du télétravail : les salariés en télétravail à 100% peuvent désormais revenir sur site un jour par semaine, sur la base du volontariat et avec l’accord de l’employeur.  Une « journée de soupape » comme l’a qualifiée la ministre qui semble également appréciée par les entreprises, premières concernées. Dans un article pour Le Monde, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux saluait l’initiative comme une « bonne nouvelle ».

Un assouplissement néanmoins critiqué par de nombreux scientifiques qui craignent une menace supplémentaire de contamination, comme pour l’épidémiologiste Dominique Costagliola, qui évoquait la “nécessité de maintenir” le télétravail à 100 % sur Europe 1. Outre le climat anxiogène de la pandémie qui pèsent sur le moral des Français, l’importance du lien social que revêt le travail n’a jamais été aussi crucial… un nouvel enjeu sanitaire à arbitrer pour le gouvernement.

*rapport du parlement européen du 21 janvier 2021

** baromètre réalisé par Opinionway

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