Le pays transalpin est le sixième producteur mondial, mais premier devant la Chine en termes de chiffre d’affaires à l’exportation, avec 84% de la production vendue à l’étranger.

L’industrie céramique fait partie d’un des secteurs d’excellence du pays. Une tradition qui est présente un peu partout sur le territoire, mais qui réside principalement dans les régions de l’Emilie-Romagne, la Vénétie, le Latium et la Campanie. C’est bien dans ces trois régions qu’on retrouve les différents districts industriels qui occupent les premières places du marché mondial de la céramique : Sassuolo et Scandiano, Imola et Faenza, Impruneta, Novi et Bassano del Grappa, Civita Castellana, Vietri sul mare.

Le développement de l’art de la céramique a eu lieu précisément dans ces lieux en raison de la grande tradition de ces villes dans l’utilisation de l’argile, matière première nécessaire à la production de la céramique, qui était traditionnellement utilisée pour la création de vaisselle et de produits pour murs et revêtements de sol.

Historiquement, le boom du secteur de la céramique en Italie s’est produit dans les années 1950, lorsque de nombreux pays européens ont été contraints de réparer les dommages subis pendant la Seconde Guerre mondiale. La reconstruction d’après-guerre et la naissance de nombreuses banlieues italiennes liées au développement du secteur de l’ingénierie (pour citer un exemple, la Fiat à Turin) ont été la plus grande incitation à la croissance du secteur de la céramique.

Internationalisation d’une partie de la production

La demande croissante a poussé les industriels du secteur à internationaliser aussi une partie de la production. Il existe 16 entreprises de droit étranger, contrôlées par 9 groupes de céramique italiens, qui employaient en 2019 3133 employés dans des usines étrangères produisant 82 millions de mètres carrés de carreaux. Les ventes totales ont généré un chiffre d’affaires de 843 millions d’euros dont 464,7 millions d’euros des ventes en Europe et pour le reste, 378,4 millions d’euros, des ventes dans le Nord Amérique. 80% du chiffre d’affaires total provient des ventes sur le même marché que l’usine.

L’Italie, premier pays au monde par chiffre d’affaires à l’exportation

L’industrie de la céramique est constituée par 279 industries qui emploient 27 500 personnes. En 2019 le secteur a facturé 6,5 milliards d’euros dont 84% – soit 4,5 milliards d’euros – d’exportations. 

Parmi les principaux pays producteurs, on retrouve la Chine qui en 2019 a produit – selon les données estimées – environ 5,2 milliards de mètres carrés de céramique, suivie de l’Inde qui en a produit 1,3 milliard et du Brésil, un peu moins d’un milliard. Sur les 5,2 milliards produits par la Chine, 4,4 milliards sont destinés au marché intérieur. L’Inde consomme 0,8 milliard, tout comme le Brésil. Ces pays sont les principaux exportateurs, flanqués de l’Espagne, mais aussi de l’Italie. Si l’on compare les volumes, l’Italie est le 6ème producteur mondial de carreaux, avec 401 millions de m2, dont 323 millions sont destinées à l’étranger.

Si on regarde les exportations, l’Italie est première au monde avec 4,5 milliards d’euros, soit 16% de plus que la Chine. Cela est possible grâce au prix moyen de carreaux qui est beaucoup plus élevé que celui de nos concurrents mondiaux : les carreaux italiens coûtent environ 14 € le mètre carré, soit le double par rapport à l’Espagne (7 € le mètre carré).

Ce prix est le reflet d’un style et d’une qualité unique et apprécié dans le monde entier : preuve en est le fait que 40% des acheteurs internationaux possèdent de la céramique italienne.

Dans un marché mondial qui dépasse les 12 milliards de mètres carrés de production, la céramique italienne reste un leader du marché dans le secteur haut de gamme et représente une exception heureuse dans le secteur de la construction pris au sens large, qui sur le marché intérieur a encore du mal à se remettre de la crise de 2008. Les raisons de ce succès sont liées à la capacité des entreprises du secteur à offrir leurs produits à forte valeur ajoutée à un marché qui ne se limite pas aux clients italiens mais qui est aujourd’hui – comme on l’a déjà souligné – de plus en plus mondial.

 

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