Voici Evija, une voiture de sport entièrement électrique conçue par Lotus Cars. Présentée à Londres mardi soir, elle promet une performance d’hypercar avec une puissance de quelque 2 000 chevaux, pouvant atteindre les 100 km/h en trois secondes et une vitesse maximale de 321 km/h. La voiture de sport pèse moins de 1 680 kg, en partie grâce à sa structure monocoque légère en fibre de carbone, couplée à une impressionnante autonomie électrique de 402 kilomètres.

Évaluée à 1,7 millions de livres hors taxes (environ 1,9 millions d’euros), Evija surfe sur l’effet de halo de Lotus ; c’est la première hypercar de la marque, ainsi que son premier modèle tout électrique. De plus, Evija est la première voiture entièrement nouvelle à être développée sous le mandat du géant chinois de l’automobile et propriétaire de Volvo et Polestar, Geely.


 

Son nom signifie « la première de l’existence » – un clin d’œil à la réputation de la marque britannique de 71 ans pour avoir été une pionnière de la technologie avec ses voitures de route et de sport. L’objectif est d’accomplir quelque chose de similaire avec cette e-hypercar Evija. La conduite des véhicules Lotus est en général plutôt spectaculaire – ils offrent une expérience assez brute –, on anticipe alors une expérience de conduite exceptionnelle bien qu’électrique sur l’asphalte et sur les pistes.

De manière décisive, la voiture que nous avons là indique le commencement d’un nouveau thème visuel pour Lotus. Le design suit largement la performance – la philosophie de la marque est centrée sur l’élimination de la décoration superflue et sur la fonctionnalité de tous les éléments. C’est un thème que l’on retrouve avec Evija, quoique avec une dose supplémentaire de mise en scène. Par exemple, un tunnel Venturi perce chaque quartier arrière pour optimiser le flux d’air en le faisant passer à travers la coque, facilitant ainsi son acheminement vers l’arrière de la voiture, ce qui neutralise la dépression exercée derrière la voiture afin de réduire la résistance.

 

Par ailleurs, l’effet Venturi à l’intérieur des tunnels aspire l’air à travers les persiennes du passage de roue arrière, maintenant ainsi la qualité de l’air dans le diffuseur. À l’arrière, les tunnels sont encadrés par des LED afin de produire une traînée de lumière ressemblant aux dispositifs de postcombustion d’un avion de chasse lors de la conduite de nuit. Ensuite, une LED dissimulée dans chaque tunnel en illumine l’intérieur. L’effet graphique théâtral qui en résulte signe la performance électrique.

Le directeur de la conception, Russell Carr, explique le procédé créatif : « Nous avons étudié comment les voitures de course du Mans utilisent le flux d’air de façon créative pour le faire passer sur, sous et autour du véhicule, mais aussi à travers celui-ci. Ce concept de ‘‘porosité’’ est primordial dans le design d’Evija, et nous a permis de créer un design atemporel avec une capacité de déportance exceptionnelle. »

 

Une autre caractéristique intéressante est le séparateur avant biplan. Conçue en trois sections, la zone centrale plus large apporte de l’air pour rafraîchir la batterie, qui est montée en position centrale derrière les deux sièges, tandis que l’air canalisé à travers les deux plus petites sections extérieures refroidit l’essieu avant. Avec sa section centrale avant carrée et ses deux ailes latérales, elle fait également office de clin d’œil à la Type 72, la voiture de Formule 1 conçue dans les années 1970 par Colin Chapman et Maurice Philippe.

Evija est la première voiture routière de Lotus à inclure un châssis monocoque en un seul bloc fait de fibre de carbone, qui participe à l’objectif de faible poids. William Advanced Engineering, l’entreprise britannique connue pour ses œuvres en Formule 1 et Formule E, a aidé à développer le groupe motopropulseur électrique avancé du véhicule. Sur celui-ci, la batterie fournit de l’énergie directement à quatre puissants e-moteurs ; Lotus affirme d’ailleurs que ce système est le bloc d’alimentation électrique le plus léger et le plus dense en énergie jamais installé sur une voiture de série.

 

 « Chaque élément d’Evija a été méticuleusement analysé et validé, » rapporte Matt Windle, directeur exécutif de l’ingénierie automobile à Lotus. « L’ingénierie de précision n’est rien sans l’engagement humain, et c’est pourquoi la technologie dotée d’une âme est la marque de fabrique pour cette Lotus et pour toutes les autres. »

Evija intègre la gamme Lotus en tant que produit premium, gamme qui comprend déjà les voitures de sport Elise, Exige et Evora. La production sera limitée à 130 véhicules, afin de maintenir une dose d’exclusivité mais également pour honorer le nom de code du projet, Type 130. La production débutera l’année prochaine au siège de la société à Hethel, près de la ville historique de Norwich, au Royaume-Uni.

 

 « Evija permettra de rétablir notre marque dans le cœur et l’esprit des amateurs de voitures de sport et sur la scène automobile mondiale. Elle ouvrira aussi la voie aux modèles futurs, » avait déclaré le directeur général de Lotus, Phil Popham, lors de la présentation.

Il est persuadé que cette voiture représente un moment déterminant dans l’histoire de Lotus. « Evija est une véritable Lotus, sur tous les plans – elle a été développée avec une passion inébranlable pour repousser les limites, pour explorer de nouveaux modes de pensée, et pour mettre en œuvre des technologies révolutionnaires. »