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Audi S4 TDI : Le Plus Sportif Des Diesels ?

AUDI S4 TDI

Ils l’ont fait ! Voilà la première pensée qui m’est venue quand Audi m’a proposé d’essayer la nouvelle S4 en TDI. Les sorciers d’Ingolstadt ont implantés un moteur diesel dans celle qui incarne pour beaucoup l’essence de la sportivité allemande. Choix délirant à l’heure de l’hybridation générale des sportives ? Il semblerait qu’Audi ait plutôt opté pour une solution pragmatique…

Retrouvez l’essai en vidéo ici :

Plus de 40 ans d’histoire en quelques lignes de carrosserie

Rappelons-nous le passé glorieux d’Audi, les fameuses Quattro et leur design qui a marqué l’inconscient collectif. Elles avaient les ailes larges, le regard méchant, à la base du capot une ouïe refroidissait le bouillant moteur. Pour marquer les esprits avec le face-lift de la version actuelle, les designers ont fait appel à la mémoire collective.

Voilà ce qui saute aux yeux sur la S4 : les allusions faites à sa glorieuse ancêtre, en effet les ailes ne sont pas élargies, mais des nervures apparaissent, ce qui en donne l’illusion. La lumière reflétée ainsi modifie l’aspect de l’auto. Au niveau du regard de la voiture, on perçoit plus facilement le changement, la face avant reçoit les plus grosses évolutions. Elargissement de la calandre agrémentée de motifs ‘nids d’abeilles’, nouveaux boucliers.

La signature lumineuse évolue aussi, cela donne des airs de faux-cils, et cela permet surtout de la reconnaître au premier coup d’œil. L’arrière est également redessiné, avec une ligne chromée entre les feux et un bouclier intégrant un extracteur. Esthétiquement cette nouvelle S4 reçoit plus qu’un simple lifting, aucun panneau de carrosserie n’est similaire avec la précédente version, c’est le changement vue par Audi, tout change mais on ne le remarque pas tout de suite.

Pas de révolution intérieure

L’espace intérieur est quasiment identique, peu de changements au niveau du mobilier. Les finitions restent parfaites, c’est bien fait mais ça reste pour moi encore trop austère. L’écran multimédia devient entièrement tactile, avec une bonne précision et une bonne réactivité. Les rangements sont nombreux et bien pensés, notamment l’espace de rechargement du téléphone par induction (en option).

Les équipements sont nombreux et de toutes dernières technologies. Autant l’aspect extérieur nous rappelle le passé de la marque, autant à l’intérieur c’est l’avenir qui s’installe, entre l’écran tactile et le e-cockpit , l’œil est constamment sollicité par la machine. Alertes de franchissement de ligne, freinage prédictif, maintien dans la voie, régulateur adaptatif… A un moment on se demande qui conduit ? J’ai eu souvent le sentiment de ne pas être seul dans la voiture, le problème c’est que je n’étais pas forcément en bonne compagnie, imaginez-vous voyager avec votre moniteur d’auto-école qui vous fait des remarques incessantes, agaçant…mais en parti déconnectable.

Sous le capot, tout est nouveau

En étant rationnel il faut bien admettre que la S4 TDI mérite vraiment son titre de sportive… Sous le capot, on trouve un V6 TDI de 347cv (puissance identique à la version essence). Équipé d’un mono-turbo, il est assisté d’un système inédit de compresseur électrique. Grâce à une batterie supplémentaire de 48V, la suralimentation est assurée dès les plus bas régimes, le turbo sera actionné soit par le compresseur soit par les gaz d’échappement. Au final pas d’effet ‘coup de pied aux fesses’ mais des accélérations instantanées et une efficacité surprenante malgré le régime faible du moteur, c’est vraiment la seule différence ressentie au volant. Côté bruit moteur là encore les ingénieurs se sont cassé la tête pour restituer des sons dignes de la version essence. Des systèmes d’annulation de vibrations et d’émissions de basses fréquences ont étés développés juste pour le plaisir des oreilles.

Côté chiffres: la puissance est la même que la version essence (347cv), le couple est par contre supérieur de 200nm avec 700nm. Le 0 à 100 s’abat en 4,9 sec contre 4,8 sec. Grâce aux émissions de Co2 inférieures elle est aussi plus intéressante fiscalement. Alors force est de constater que pour apprécier cette S4 TDI, les derniers points de blocages sont purement psychologiques, il faut admettre la supériorité du mazout face à l’essence, oui je sais ça peut dérouter.
Désormais chez Audi on se concentre sur … le diesel ! Et cela peut se comprendre quand on regarde les données objectives.

Certes l’hybridation constitue peut-être l’avenir automobile mais les motorisations au mazout représentent encore près de 80% des ventes pour l’A4. Si on regarde les chiffres sans céder au ‘diesel bashing’, on remarque que les rejets de C02 sont moindres et que les filtres à particules de dernières générations permettent d’avoir des véhicules plus ‘verts’. Fiscalement, surtout pour les entreprises, c’est toujours la meilleure option, les taxes et autres malus en tous genres restent plus avantageux.

Concernant l’agrément de ses moteurs, Audi a acquis une longue expérience et une maîtrise technologique incomparable, et la marque peut encore capitaliser sur le diesel. Alors à moins d’une révolution fiscale, il reste encore quelques belles années avant le grand remplacement.

L’Audi S4 TDI en quelques chiffres :
• Moteur 6 cylindres en V Turbo Diesel 347cv
• Boite automatique à 8 rapports TipTronic
• Longueur 4,76 M Largeur 1,84 M
• Conso mixte constatée 8,9L
• Tarif : à partir de 74 500 Euros

Catégories : Luxe
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