L’industrie aérienne américaine s’est retrouvée au milieu de toutes les crises du 21e siècle. L’attaque terroriste du 11 septembre, la crise du pétrole, la récession, et chacune d’entre elles a eu un impact différent sur l’industrie. Mais le Coronavirus est le plus dévastateur.

Bien sûr, l’industrie aérienne s’en remettra, car contrairement à l’industrie du journal papier, elle est irremplaçable. Les outils de visioconférences comme Zoom sont pratiques, mais ils ne remplacent pas une vraie réunion du personnel. Toutefois, les compagnies aériennes subissent d’importants dommages alors que la crise entre dans son quatrième mois. Voici le top six des changements opérés sur l’industrie aérienne par la crise du coronavirus.


Le nombre de passagers a baissé drastiquement

Commençons par le plus évident, le nombre total de personnes qui ont été contrôlées par la sécurité chaque jour dans les aéroports américains, il est posté chaque matin par l’administration de la sécurité des transports. Les membres de l’équipage et employés de bord sont également comptés. Ce dimanche, le total était de 253 807 personnes, le chiffre le plus élevé depuis le 24 mars. Mais il ne représente que 9,7 % du chiffre enregistré il y a un an. Pourtant, la tendance générale est à la hausse, par rapport au nombre le plus bas enregistré le 14 avril, 87 534. Cela représentait moins de 4 % du total à la même date un an plus tôt. Ce chiffre donne une indication claire de l’écart qui s’est creusé entre une situation normale et la situation d’urgence due au coronavirus.

Les compagnies aériennes réduiront fortement le nombre d’employés

Dans une lettre adressée aux employés le 14 mai, Delta annonçait le retrait de sa flotte de Boeing 777, le PDG, Ed Bastian, a écrit : « Notre principal objectif financier pour 2020 est de réduire à zéro notre consommation d’ici la fin de l’année. Cela signifie que pour les deux ou trois prochaines années, notre réseau, nos flottes et nos exploitations seront réduits en accord avec la demande des clients. » La loi CARES prévoyait 25 milliards de dollars (22 milliards d’euros) de subventions aux compagnies aériennes pour payer leurs employés jusqu’au 30 septembre. Mais il y a de grandes chances que dès le 1er octobre, des dizaines de milliers d’employés de compagnies aériennes se retrouvent sans emploi.

Les nouvelles réglementations aériennes peu claires

Des sièges vides au milieu ? Le port du masque obligatoire ? Prendre la température des passagers ? Les questions sur les nouvelles mesures de sécurité à adopter n’ont pas trouvé de réponse. Les analystes du marché détermineront si les sièges du milieu resteront vides. La TSA a déclaré qu’elle ne voulait pas prendre la température des passagers. Quant aux masques, à partir d’aujourd’hui, tous les passagers, visiteurs et travailleurs de l’aéroport international de Pittsburgh sont tenus de les porter. Ceci dit, les quatre principales compagnies aériennes exigent toutes que les passagers portent un masque facial pour l’embarquement, mais pas nécessairement pendant tout le vol. Dans un mémo aux pilotes la semaine dernière, American Airlines a déclaré : « Une fois à bord et en dehors de la porte d’embarquement, l’obligation du port du masque sera plus souple. Le rôle de l’hôtesse de l’air est d’informer, et non de faire respecter la procédure. »

Les agents de bord devraient plutôt chercher « à désamorcer la situation », a déclaré la compagnie aérienne. Les syndicats de pilotes et d’agents de bord ont demandé à la Federal Aviation Administration (FAA), au Congrès ou au Centre de contrôle et de prévention des maladies de mettre en place une marche à suivre cohérente en matière de masques pour les passagers, mais jusqu’à présent, ils ne sont pas prononcés.

Le fret aérien est devenu plus important pour les compagnies 

Chaque jour les compagnies aériennes augmentent leur capacité de fret aérien et leurs échanges de marchandises. Par exemple, le 12 mai, American Airlines a déclaré que son programme de fret prévoyait 140 vols hebdomadaires vers 15 villes d’Asie, d’Europe et des Caraïbes, contre 80 vols la semaine précédente.

Avant, le fret représentait moins de 2 % des revenus du premier trimestre chez American Airlines, Delta et United Airlines. Le PDG a répondu à une question sur l’appel de fonds de Delta au premier trimestre, en disant : « À court terme, cela représente plus de 2 % des revenus actuels », Delta effectue « beaucoup de missions de transport de fret, ainsi que de fournitures médicales en dehors de la Chine », a déclaré M. Bastian. 

Boeing et Airbus sont moins puissants 

L’influence considérable que Boeing et Airbus exerçaient sur l’industrie aérienne, a été réduite considérablement. Il est raisonnable de penser que le coût des avions diminuera dans l’industrie aérienne post-pandémique. L’évolution de Boeing dans l’industrie est extraordinaire et se reflète dans la baisse du cours de l’action, qui est passé d’environ 441 dollars (401 euros) en mars 2019 à environ 128 dollars (117 euros) aujourd’hui. Pendant ce temps, le PDG d’Airbus, Guillaume Faury, a déclaré à plusieurs reprises que la survie de l’entreprise était en jeu :  Airbus « perd beaucoup d’argent », a-t-il déclaré.

Dans le Leeham News and Analysis, le rédacteur en chef, Scott Hamilton, a écrit : « Il n’y a aucune possibilité que les gouvernements laissent Airbus faire faillite. Mais cela ne veut pas dire que les années qui suivent ne s’annoncent pas particulièrement compliquées pour la compagnie.»

Quant à Boeing, Hamilton a écrit : « Bizarrement, on peut affirmer que Boeing est en meilleure position qu’Airbus. Pourquoi ? Boeing a de fortes recettes provenant de la défense. Le budget consacré à la défense d’Airbus est beaucoup plus petit. Airbus est plus dépendant des revenus commerciaux que Boeing. »

Les vols longs-courriers ont été retirés 

Moins de trafic permettra de supporter moins de vols directs, en particulier certains vols long-courriers ajoutés l’année dernière. En novembre dernier, Qantas a effectué un vol de recherche expérimentale entre Londres et Sydney, parcourant 17 800 km en 19 heures et 19 minutes. Qantas a déclaré qu’ils envisageaient également un vol Sydney-New York. Le PDG de Qantas, Alan Joyce, a décrit ces efforts comme un défi pour « la dernière frontière » de l’aviation commerciale. Le 5 mai, lors d’un appel aux journalistes, Alan Joyce a annoncé : « Il y a un potentiel énorme », a-t-il déclaré. « Mais le temps n’est pas encore venu. » 

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Ted Reed

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