Qu’il y ait de plus en plus de personnes qui voyagent à travers le monde pour explorer les trésors que notre planète a à offrir est une bonne nouvelle. Mais cet intérêt croissant a malheureusement un revers : le surtourisme !

Beaucoup de destinations touristiques ne peuvent pas gérer un tel afflux de visiteurs et les gouvernements locaux ainsi que les offices du tourisme commencent à agir pour protéger ces lieux des ravages de la surpopulation touristique.


 

Qu’est-ce que le surtourisme ?

Le « surtourisme » est constaté quand un trop grand nombre de visiteurs se rend dans un lieu et transforme une expérience positive en cauchemar où le tourisme n’est plus supportable.

Le World Travel & Tourism Council a réalisé une étude en partenariat avec McKinsey et Company pour observer les effets du surtourisme. Les résultats identifient 5 problèmes causés par le surtourisme :

  • Aliénation des habitants locaux ;
  • Dégradation de l’expérience touristique ;
  • Surcharge des infrastructures ;
  • Impact négatif sur l’environnement ;
  • Menace sur la culture et le patrimoine.

Chacun a son importance : ils doivent être pris en compte lors de l’établissement de règles visant à limiter les dégâts du surtourisme.

Quelles actions sont mises en place pour limiter ses effets ?

La population mondiale ne fait qu’augmenter et de plus en plus de personnes voyagent à l’étranger pour la première fois. L’organisation mondiale du tourisme prévoit que le tourisme international concernera 1,4 milliard de personnes d’ici à 2020. Face à une telle demande, il est nécessaire de faire plus attention à nos choix de destinations et à notre façon de voyager, pour éviter que des règles plus strictes soient mises en place par les principales destinations impactées par le surtourisme.

Les gouvernements locaux ont commencé à restreindre le nombre de touristes et à établir des règles afin de protéger les travailleurs, la faune et les paysages populaires.

Avec autant d’acteurs impliqués, tout changement proposé rencontre une opposition de la part d’une ou plusieurs parties. Pour chaque problème, les concernés sont :

  • Les gouvernements locaux et nationaux, qui perçoivent des taxes ;
  • les offices du tourisme et des congrès, qui font la promotion de la destination ;
  • les entreprises qui bénéficient du tourisme, qu’il soit local ou à l’étranger ;
  • les personnes employées dans le secteur du tourisme ou dans des domaines liés ;
  • les résidents locaux sur qui le surtourisme a un impact ;
  • les touristes qui dépensent et veulent une bonne expérience en retour.

 

Les destinations touristiques agissent contre le surtourisme

Des destinations du monde entier agissent pour limiter l’impact du surtourisme. Voici quelques exemple de l’empreinte que nous pouvons avoir sur l’environnement local, les habitants, la faune et les monuments historiques :

 

Santorin (Grèce)

Crédit : Pixabay / Santorin, Grèce

Santorin offre un paysage époustouflant de bâtiments d’un blanc éclatant surmontés de toits bleus au dessus de la mer. Ce que les photos ne montrent pas, ce sont les ânes qui parcourent les 600 marches de l’escalier Karavolades, un chemin pavé sinueux dans la ville de Fira. Selon Newsweek, ces animaux sont désormais protégés contre les journées de travail de 12h sous le soleil de plomb de la Méditerranée. La municipalité s’est engagée à améliorer les conditions de travail des ânes et une association a même été créée pour les protéger.

Santorin a également commencé en 2016 à limiter le nombre de visiteurs par bateau de croisière et par jour. Le nombre moyen de touristes est de 4000 par jour, soit la moitié du quota. Mais en haute saison, de mai à septembre, l’île reçoit parfois plus de 10 000 visiteurs par jour, ce qui pèse énormément sur les ressources locales.

 

Cinque Terre (Italie)

Crédit : Pixabay / Cinque Terre, Italie

Sur la côte ouest italienne se trouvent cinq villages pittoresques appelés les Cinque Terre. Une vente de tickets sera bientôt mise en place en ligne, et une application mobile est en cours de développement pour renseigner les touristes sur le nombre de visiteurs dans chaque village.

Le gouvernement italien a annoncé que le nombre de touristes serait bientôt limité à 1,5 million par an et que des appareils seront installés pour restreindre le nombre de visiteurs une fois la limite quotidienne atteinte. En 2015, ces petits villages côtiers ont connu un véritable raz-de-marée, avec plus de 2,5 millions de touristes.

 

Machu Picchu (Pérou)

Crédit : Pixabay / Machu Picchu, Pérou

Le gouvernement a commencé à limiter le nombre de personnes pouvant accéder à ce site historique montagneux. Désormais, les touristes ne peuvent visiter qu’en groupes de 16 et pour une durée limitée. Le gouvernement a aussi mis en place des règles afin de s’assurer que les visiteurs restent toujours sur un des trois chemins.

 

Venise (Italie)

Crédit : Pixabay / Venise, Italie

Venise est célèbre pour ses canaux et les chansons de ses gondoliers mais le surtourisme est en train de faire couler la ville. Les grands bateaux de croisière ne sont plus autorisés à amarrer dans la ville, car les habitants s’inquiètent de l’impact qu’ils peuvent avoir sur les fondations centenaires des bâtiments vénitiens.

 

Barcelone (Espagne)

Crédit : Pixabay / Barcelone, Espagne

Grâce aux offres promotionnelles que proposent les compagnies aériennes, les touristes se précipitent à Barcelone : en 2016, plus de 34 millions de personnes s’y sont rendues. Un tel afflux pèse sur les infrastructures et certains propriétaires ont été jusqu’à expulser leurs locataires pour pouvoir louer à la place aux touristes. Les habitants en colère ont fait savoir leur mécontentement via des graffiti et des manifestations anti-touristes.

 

Mont Everest (Népal)

Crédit : Pixabay / Mont Everest, Népal

Grâce aux avancées effectuées dans les domaines de la science, de la nutrition et de l’équipement, escalader l’Everest n’a jamais été aussi facile. La montée reste bien sûr incroyablement difficile mais de plus en plus de gens tentent d’atteindre le sommet. Les alpinistes sont censés redescendre avec tout ce qu’ils ont emporté mais les sherpas continuent de collecter des centaines de kilos de déchets chaque année.

Avec l’augmentation du nombre d’alpinistes, des questions de sécurité ont forcé le gouvernement à bannir les grimpeurs solo et à obliger les visiteurs étrangers à voyager avec un guide.

 

Escaliers de la Place d’Espagne (Rome)

Crédit : Pixabay / Place D’Espagne, Rome, Italie

En Octobre 2015, le monumental escalier de la place d’Espagne de Rome a dû être fermé pendant deux mois pour nettoyage et réparations. La somme nécessaire, qui était de 1,7 million d’euros, a été financée par le joaillier romain Bulgari. La dernière restauration datait d’il y a seulement 20 ans.

 

Sites listés Patrimoine Mondial par l’UNESCO

Il y a plus de 1000 sites listés au Patrimoine Mondial par l’UNESCO dans le monde, parmi lesquels ceux cités précédemment. Cependant, bien que la mission de l’UNESCO soit de protéger ces lieux et monuments historiques, le simple fait d’être sur cette liste attire l’attention des voyageurs.

 

Que faire pour réduire l’impact du surtourisme ?

Chacun peut réaliser des changements très simples pour limiter l’impact de ses voyages sur les habitants et le lieu de vacances, afin que les générations futures puissent aussi en profiter.

 

Être un voyageur respectueux

Toujours se montrer respectueux envers l’endroit que l’on visite.

Ne jetez pas vos déchets par terre et dès que vous le pouvez, ramassez ceux que vous croisez en chemin.

Renseignez-vous sur les coutumes locales et essayez de les respecter au mieux.

Apprenez quelques mots et phrases utiles dans la langue locale.

Respectez les distances imposées pour ne pas abîmer les sites historiques.

 

Visiter pendant la basse saison

Une suggestion assez évidente est de ne pas aller sur ces sites mais elle n’est pas forcément facile à suivre car beaucoup de ces destinations offrent des expériences totalement uniques en leur genre.

Un compromis plus réaliste permettant de préserver les lieux est de s’y rendre pendant la basse saison, quand la demande est moindre. Non seulement votre expérience n’en sera que meilleure car l’endroit sera moins fréquenté mais vous en tirerez d’autres avantages : voyager en basse saison vous permettra d’économiser sur les transports, les hôtels et les formules touristiques.

De plus, si vous prenez l’avion en utilisant des miles, vous trouverez plus facilement un vol compatible. Maintenant que les hôtels utilisent des tarifs variables, vous pourrez aussi faire des économies.

 

Le surtourisme a donc un impact négatif sur la plupart des destinations populaires dans le monde c’est pourquoi beaucoup d’endroits commencent à imposer des règles visant à limiter le nombre de visiteurs. N’attendons pas car nous pouvons agir nous-même pour diminuer notre empreinte, en voyageant pendant la basse saison et en nous montrant plus responsables en respectant les lieux visités comme leurs habitants.