Le Burning Man, événement de plus en plus populaire, semble se banaliser. Immersion dans un lieu qui reste hors du commun.

Il y a quelques années, l’événement artistique et culturel annuel qui se tient dans le désert du Nevada à la fin du mois d’août semblait susciter de vives réactions, en grande partie parce que certaines des personnalités connues de la Silicon Valley, comme Elon Musk, participaient régulièrement au Burning Man.


Mais, cette année, Burning Man a semblé susciter à la fois moins de fascination mais également moins de colère, l’événement débute sans grandes réactions, qu’elles soient intensément positives ou négatives.

L’absence de réaction dans la presse a semblé refléter le fait que l’événement s’essouffle. Il fut un temps, même dans la région relativement hippie du nord de la Californie, où il était tabou de dire aux gens qu’on allait au Burning Man, étant donné que l’événement était plutôt réputé dans la presse populaire pour sa nudité et sa consommation de drogue que pour son but plus central de musique, de discussions et de projets artistiques locaux interactifs.

Mais, cette année, les réactions semblent être moins nombreuses. La population ne juge plus les personnes allant au Burning Man, l’évènement semble parfois normal aujourd’hui et plus personne n’y prête une réelle importance, en somme la population accepte cet événement comme un autre.

En effet, les grandes institutions américaines en sont venues à accepter Burning Man à bras ouverts. Le Smithsonian Museum a organisé une exposition présentant l’histoire de l’évènement et ses projets artistiques.

Il y a même des entreprises qui sont nées de cette culture du Burning Man, y compris une tente pop-up, ShiftPod, qui a été conçue pour garder les festivaliers à l’abris et protégés, mais qui a depuis été utilisée pour accueillir des réfugiés en Europe.

La politique publique a également commencé à intégrer des éléments qui étaient autrefois tabous à l’extérieur des cercles du Burning Man et de la Californie du Nord. Bloomberg a mené un reportage cette année sur un petit rassemblement de partisans de la recherche médicale psychédélique. Burning Man est peut-être mieux connu pour sa consommation de drogues à des fins récréatives, mais d’après certaines personnes, de nombreux participants utilisent des drogues psychédéliques non seulement pour regarder l’art ou danser toute la nuit, mais pour faire un travail introspectif et thérapeutique profond.

Selon Bloomberg, le rassemblement en faveur de l’Association multidisciplinaire pour les études psychédéliques (MAPS) comprend des gens plus riches qui croient que les gens devraient avoir accès à des psychédéliques pour traiter la dépression et d’autres problèmes de santé mentale (parfois inspirés par leurs propres expériences à l’événement). Ce mouvement s’est rendu au Congrès américain cette année, où une proposition visant à autoriser le financement fédéral pour l’utilisation médicale des drogues psychédéliques a presque été adoptée par la Chambre des représentants.

Bien que les billets se vendent à guichets fermés dès leur mise en vente au printemps, il y a maintenant une industrie artisanale en plein essor qui suit l’exemple de Burning Man, comme le festival d’été de Californie, Lightning in a Bottle. Pour ceux qui ne peuvent pas prendre une semaine en août, il y a maintenant beaucoup d’opportunités de découvrir la culture Burning Man à travers le monde.

Cela ne veut pas dire que Burning Man n’a pas ses controverses. Les choses qui se passent à l’événement et tout au long de l’année lors de petits rassemblements ne sont pas acceptées partout. Mais, comme d’autres organisations frontalières ou controversées en Amérique, elle n’est plus un outsider, Burning Man fait maintenant partie des nombreux évènements de plus en plus acceptés de toutes parts.