Y’a-t-il une neuvième planète ? Même si c’était le cas, elle serait trop loin pour que l’on puisse l’observer à l’oeil nu, ou même avec un gros télescope. Cependant, les fans d’astronomie auront une chance rare cette semaine, celle d’essayer de voir toutes les planètes du système solaire en une seule nuit. Elles bénéficieront non seulement d’une visibilité correcte, mais l’observation sera également aidée par une Lune gibbeuse descendante, rendant le ciel nocturne peu lumineux pendant la semaine et offrant des conditions parfaites.

Si l’on jette un coup d’œil sur The Sky Live, on s’aperçoit assez rapidement de quelque chose d’étrange : la plupart des planètes sont regroupées dans la même moitié du système solaire. La seule exception est Mercure, la planète la plus proche du Soleil, qui demande un peu plus d’effort pour la repérer car elle n’est visible que juste avant l’aube. Cependant, les sept autres sont faciles à voir (la Terre étant, évidemment, la plus visible), et vous pourrez même les observer par ordre de proximité au soleil.

Voici donc votre emploi du temps d’observation planétaire. N’oubliez pas de regarder les horaires exacts de lever et de coucher du soleil là où vous vous trouvez !

 

Quand regarder Mercure ?

Vous pourrez voir Mercure environ 45 minutes avant le lever du soleil jusqu’au dimanche 9 septembre. Elle a atteint son point le plus haut dans le ciel le 26 août, mais il est toujours possible de la voir si l’on regarde le ciel en direction est/nord-est, environ 7 degrés au-dessus de l’horizon. Ce n’est qu’une petite lumière jaune-orange qui se fond progressivement dans l’éclat solaire et sera invisible dès le 9 septembre. Lorsqu’elle réapparaîtra à l’ouest juste après le coucher du soleil le 6 novembre, Jupiter et Vénus ne seront plus visibles. Attention à ne pas la confondre avec Procyon et Sirius, deux étoiles très lumineuses se levant au sud-est : Mercure se trouvera plus à gauche, et plus près de l’horizon.

Après le coucher du soleil, Vénus, Jupiter, Saturne et Mars seront toutes visibles ensemble pendant quelques heures. Encore mieux, elles sont toutes parfaitement situées pour que vous puissiez commencer votre observation dès la tombée de la nuit.

 

Quand regarder Vénus ?

Cette semaine, juste après le coucher du soleil, une planète très, très lumineuse sera visible à l’ouest/sud-ouest (environ 10 degrés au dessus de l’horizon). C’est Vénus, qui, comme Mercure, l’autre planète inférieure, ne peut être observée dans le ciel que juste avant l’aube ou après le crépuscule. Bien que son observation à l’oeil nu soit un régal, son apparence au télescope (un croissant dans sa phase descendante) est plutôt décevante. La plus grande élongation ouest de Vénus sera le 6 janvier 2019, lorsqu’elle se trouvera très haut au-dessus de l’horizon est avant le lever du soleil.

 

Quand regarder Mars ?

Après avoir observé Vénus, ignorez Jupiter qui se trouve à proximité et regarder rapidement autour de vous. Hop, vous pouvez aussi rayer la troisième planète en partant du soleil (la Terre) de la liste. Maintenant tournez-vous vers le sud-est et vous pourrez voir la quatrième, Mars, environ 15 degrés au-dessus de l’horizon. Elle a atteint sa plus forte luminosité en 15 ans il y a quelques semaines, mais il lui en reste encore 93 %, ce qui la rend encore très vive.

 

Quand regarder Jupiter ?

Observons maintenant le système solaire externe et Jupiter, la cinquième planète, qui se trouve dans le ciel sud-est environ 20 degrés au-dessus de l’horizon, juste après le coucher du soleil. De toutes, Jupiter est peut-être la plus intéressante à observer à travers des jumelles ou un petit télescope. Avec des jumelles, vous devriez pouvoir observer ses quatre plus grandes lunes : Europe, Callisto, Ganymède, et Io. Si vous utilisez un petit télescope, vous devriez apercevoir les zones et les bandes de son atmosphère.

 

Quand regarder Saturne ?

Saturne, la sixième planète, est celle qui coupe le souffle : voir ses anneaux dans un télescope est souvent le déclic qui pousse les observateurs du ciel à s’en acheter un. On peut la trouver à l’oeil nu environ 25 degrés au-dessus de l’horizon sud, dans le constellation du Sagittaire, au milieu de la Voie Lactée.

 

Quand regarder Uranus et Neptune ?

Si vous voulez observer les septième et huitième planètes, revenez à minuit avec un télescope de bonne taille. Neptune, la planète la plus éloignée, sera à son point culminant vendredi, et atteindra aussi sa luminosité maximale puisqu’elle sera à son plus près de la Terre. N’espérez cependant pas voir plus qu’un point bleu pour elle et turquoise pour Uranus.

 

Et Pluton alors ?

Pluton n’est pas une planète mais une planète naine. Bon, il se peut qu’elle retrouve son ancien statut un jour, mais il y a deux raisons pour lesquelles il vaut mieux ne pas l’ajouter à votre liste. Premièrement, si vous voulez prendre en compte les planètes naines, vous devrez aussi ajouter les quatre autres présentes dans le système solaire, soit Éris, Hauméa, Makémaké et Cérès. Deuxièmement, Pluton et ses comparses sont trop petites pour être observées avec la plupart des télescopes, et, si vous y parveniez, vous ne verriez qu’un petit point. Cependant, il faut quand même mentionner que Pluton est aussi présente dans le ciel avec le reste des « vraies » planètes. Elle bouge très, très lentement (il lui faut 248 ans pour effectuer une révolution autour du Soleil) à travers la constellation du Sagittaire, et se trouve donc entre Mars et Saturne.