Le titre Renault n’avait que faiblement profité de la reprise haussière des valeurs industrielles depuis le début de l’année 2019. Pourtant le secteur automobile européen s’était bien repris et avait une bonne place au sein des secteurs d’activité cyclique, mais Renault a souffert de l’affaire Carlos Ghosn, de la dégradation de la relation avec son partenaire Nissan qui au passage dévoile désormais des états financiers en baisse.

La tendance baissière de la valeur a démarré avant le choc baissier des actifs risqués au dernier trimestre 2018. Dès le printemps 2018, avec le ralentissement économique avéré en Chine et dans de nombreux pays émergents et les nouvelles réglementations industrielles, le secteur automobile est entré dans une phase de sous-performance en bourse. Vis-à-vis des équipementiers et d’autres constructeurs, l’action Renault était elle-même en queue de peloton et faisait encore très récemment de nouveaux plus bas pluriannuels.

L’offre de fusions entre égaux de Fiat/Chrysler (FCA) rebat à présent les cartes. Le management de Renault se donne une semaine pour apporter une réponse bien construite à FCA. D’ici là, ce projet de fusions représente une opportunité de revenir à l’achat sur la valeur et ce, à bien des égards.

 

4 FACTEURS POSITIFS D’UNE FUSION RENAULT/FCA :

 

  • Cette fusion permettrait aux deux groupes d’atteindre une taille critique ; la taille critique nécessaire pour faire face aux investissements technologiques colossaux, ainsi qu’à la mise en place d’éventuels tarifs douaniers.
  • Renault aurait enfin une porte d’entrée sur le marché automobile des Etats-Unis, via l’offre SUV & Pick Up de Chrysler. Dans le cadre d’une fusion entre égaux (50/50), chaque partenaire s’ouvre ses marchés respectifs.
  • La relation avec Nissan pourrait s’améliorer considérablement, donnant à nouveau du poids au mangement de Renault, en souffrance depuis l’affaire Ghosn. Nissan pourrait aussi revoir son opinion sur une fusion éventuelle avec le constructeur français.
  • Si cette fusion se fait, elle pourrait donner le point de départ à un cycle de consolidation du secteur automobile en Europe. Le constructeur PSA reste aussi une cible potentielle dans ce cadre.

 

Pour conclure, notons que l’analyse technique du titre Renault met en évidence une divergence haussière prix/momentum qui laisse envisage un rebond de l’action vers la résistance à 65 euros à très court terme.

 

Cours de l’action Renault : graphique réalisé avec la plateforme TradingView et qui expose les bougies japonaises en données hebdomadaires