Je vais tenter de répondre avec mes deux casquettes : d’abord en tant qu’ancien responsable du trading, ayant interviewé et embauché des traders pendant plus de deux décennies, et ensuite en tant que Directeur Exécutif du MSc Finance à HEC Paris, chargé (entre autres) d’aider mes étudiants à trouver un emploi dans le secteur bancaire, et plus particulièrement dans des postes de trading.

 


La préparation technique est évidemment primordiale, c’est pourquoi à HEC Paris nous insistons inconditionnellement pour maintenir un contenu académique riche et intense dans notre programme.

Ensuite, comme pour un athlète de haut niveau, la préparation physique et mentale compte aussi beaucoup !

Enfin, il est tout aussi essentiel de développer une culture financière et d’être au fait de l’actualité économique et financière.

 

Je conseille aux jeunes candidats de lire le Financial Times ou le Wall Street Journal tous les jours, et de suivre les marchés boursiers et les indicateurs économiques. Entre-temps, ils doivent rester humbles et accepter qu’ils ne puissent pas développer une culture financière à partir de zéro en quelques mois seulement.

Plutôt que d’essayer de garder chaque jour en mémoire des tableaux de données boursières, j’encourage mes étudiants à étudier en profondeur l’évolution d’un sous-jacent particulier. Maîtriser en profondeur les questions d’évaluation d’un actif spécifique, les fluctuations de son cours boursier, ainsi que sa cotation en termes d’options, apporteront une grande crédibilité à la candidature d’un jeune trader.

Ensuite, cette agilité mentale et cette capacité à absorber et à analyser de grandes quantités d’informations se développeront patiemment au fil des années d’expérience de trading.

 

Enfin, vous devez vous préparer à être mis sous pression avec des casse-têtes ! C’était devenu une légende dans la City de Londres que à l’époque où j’étais Managing Director chez Lehman Brothers, j’avais l’habitude de terroriser les jeunes traders potentiels avec mon Rubik’s cube. Cette légende va bien au-delà de la réalité : je n’ai jamais imposé la résolution de mon cube pour devenir trader, mais je reconnais cependant avoir vraiment utilisé ce Rubik’s Cube pour déstabiliser mes candidats et évaluer leur résistance au stress.

Anecdote amusante : j’ai arrêté de l’utiliser depuis qu’un candidat plus malin a relevé mon défi : il avait passé deux semaines entières à maîtriser les algorithmes de Fridrich, et résolut mon Rubik’s cube en moins de 40 secondes ! Par la suite, mon représentant Bloomberg m’avait offert une douzaine de cubes : ils sont restés pour moi des souvenirs de collectionneur, qui trônent encore sur mon bureau dix ans plus tard à HEC !

 

Pour en revenir aux entretiens d’embauche, il est vrai que les “puzzles” et les casse-têtes sont encore beaucoup utilisés lors des entretiens pour des postes à forte composante analytique. J’encourage donc aussi mes élèves à prendre l’habitude de dérouiller quotidiennement leurs neurones avec des “casse-têtes” de toutes sortes !