La blockchain, cette technologie dont tout le monde commence de plus en plus à parler, mais qu’honnêtement (très) peu appréhendent avec justesse. Les projets se développent et le marché élimine les excès et les projets bancals financés via les fameuses ICO. Une nouvelle dimension vient sans doute d’être donnée à cet écosystème suite aux propos particulièrement positifs du Président chinois Xi Jinping. Au-delà de la partie purement technologique, c’est bien un match géopolitique auquel nous assistons. Le Congrès américain conspue la Libra en n’évoquant que de façon strictement minimale la technologie ? La Chine lui ouvre les bras. Round 1.

Chine 1 – Etats-Unis 0

Ces derniers mois, il n’a pas été évident pour les novices de se faire une opinion objective sur la blockchain et ses « ramifications ».

En effet, on reste entre un porte-étendard (le Bitcoin) qui défraie la chronique en étant mal perçu/compris (à dessein ?), le bannissement des crypto-actifs des plus grands pays (Inde, Chine) et Facebook, dont l’image est largement écornée par le « scandale » Cambridge Analytica, qui souhaite jouer les gros bras en réalisant un by-pass auprès de la FED (si je vulgarise très grossièrement : création d’une nouvelle unité « monétaire » non contrôlée par les institutions américaines)…

Ce n’est plus un débat technologique, mais plutôt un épisode de Dallas ! Ce résumé des 4 dernières années doit interpeller le noob, mais il s’agissait bien du cul-de-sac dans lequel était cet écosystème… et soudainement, le Président chinois,  Xi Jinping, est sorti du bois! Lui qui a toujours apposé un sens interdit à toute initiative « Blockchain » a donc indiqué très clairement que la Chine avait le souhait de devenir le numéro 1. Boom. Les Etats-Unis sont dans les cordes.

Des effets immédiats ?

L’intérêt de la structuration d’une nation comme la Chine est la suivante : lorsqu’une annonce est réalisée, les effets ne se font pas attendre. Les voici :

  • L’une des plus importantes poussées du Bitcoin depuis sa création (+40% : mais attention le marketcap est encore ridicule, à savoir 250 milliards de dollars)
  • Pic de 1200% des recherches liées à la Blockchain sur WeChat (le réseau social numéro 1 qui sert à tout faire en Chine)
  • Explosion des cours relatifs aux projets Blockchain chinois (NEO, ONT, pour ne citer qu’eux)
  • Lancement de cours et de formations 100% blockchain
  • Bannissement de tous les articles émettant l’idée que la blockchain serait une arnaque
  • Boost des actions relatives aux entités « classiques » ayant investi dans la blockchain (Xunlei par exemple)
  • Appel massif aux projets à travers tout le pays

Un retournement de veste, ou un timing d’horloger ? Quid de… l’Europe?

Il faut bien souligner que les autorités de l’Empire du milieu, bien que publiquement très « contre » les crypto-actifs, travaillent d’arrache-pied depuis plusieurs trimestres, et ce, depuis peut-être début 2014.

Le but final est évidemment de créer une crypto-monnaie étatique digne de ce nom (et donc émise par les autorités financières compétentes) afin de faire tanguer (je reste poli) le sacro-saint US Dollar. En somme, le monde serait (encore plus) à l’heure chinoise sous peu.

Alors que les grands Etats tardent à trouver leur tempo en multipliant les commissions, les colloques, les réunions et autres expertises en tous genres, le monde oriental a choisi d’agir. Massivement.

Pourquoi, chère Europa, repousser, une fois de plus, l’inéluctable ? Le train a déjà quitté le quai…