Si début 2016 avait marqué un regain de pessimisme sur l’amélioration cyclique de l’économie américaine, 2017 démarre sur une note significativement plus optimiste. La probabilité de récession à 1 an aux Etats-Unis a désormais baissé sous sa moyenne historique suite à l’amélioration des indicateurs économiques de court et moyen terme.

À court terme, les anticipations d’accélération de l’activité et les indicateurs avancés sur l’activité économique se sont significativement améliorés, autant dans l’industrie que dans les services, tandis que la confiance des consommateurs mesurée par l’indice du Michigan a atteint un plus haut depuis 12 ans.


À moyen terme, les marges des entreprises non-financières se sont redressées, la croissance de l’immobilier est restée soutenue par le dynamisme des permis de construction, et le marché du travail s’est stabilisé à des niveaux proches du plein-emploi.

En ce début d’année, trois risques devraient cependant être discutés et nous amener à plus de prudence sur l’accélération de l’activité américaine.

Premièrement, les attentes d’accélération de l’activité demeurent fortes. L’assouplissement fiscal attendu, sur la base de réduction de la pression fiscale sur les entreprises et d’augmentation des dépenses publiques, pourrait accélérer la croissance de l’activité au-delà de la cible actuelle de 2.1% attendue par la banque centrale américaine (FED) pour 2017. Un report calendaire ou des difficultés dans le processus législatif pourraient freiner l’optimisme des entrepreneurs américains et favoriser un ralentissement conjoncturel en milieu d’année.

Secondement, une amélioration du marché du travail pourrait forcer la FED à augmenter son taux directeur plus rapidement. Un taux de chômage durablement sous son niveau de long terme de 4.8% et une plus forte accélération annuelle des salaires, actuellement à un plus haut depuis 2009 de 2.9%, accentueraient l’inflation salariale et mèneraient plus rapidement l’inflation sous-jacente à atteindre la cible des 2%. Or, une normalisation trop rapide des taux directeurs pourrait contraindre l’accélération de l’activité cette année.

Troisièmement, la mise en place d’une taxe d’ajustement frontalier favoriserait une dévaluation fiscale favorable à la compétitivité des exportateurs américains sur le commerce international. Néanmoins, ce bénéfice fiscal pourrait être compensé par une appréciation équivalente du dollar américain en conséquence d’une accélération des exportations. Or, un renchérissement du dollar américain porterait un risque sur les projections de la FED, comme mentionnée dans les dernières Minutes, et contribuerait à durcir les conditions financières.

Ces trois risques nuancent ainsi la probabilité de réalisation de trois hausses du taux directeur, comme attendues par le FED pour cette année. En décembre 2015, le comité anticipait quatre hausses des taux pour 2016 avant de progressivement réviser en baisse ses projections – notamment en raison de facteurs extérieurs à l’économie américaine. A cet effet, les nombreuses échéances politiques ne joueront pas en la faveur d’un relèvement graduel cette année. Aussi, deux hausses des taux semblent davantage atteignables.

Il conviendra alors de faire preuve de plus de prudence en distinguant l’optimisme des méthodes par sondage au pragmatisme des données réelles : la productivité restera le point faible de l’économie américaine.