La croissance du marché hexagonal du capital-investissement a atteint un plus haut de vingt ans au cours de l’année 2016, s’envolant de plus de 50%.

En dépit d’un environnement et d’une croissance économique décevants, les levées de capitaux par les fonds ont, en revanche, nettement progressé au cours de l’année 2016, au point d’atteindre un rythme jamais égalé depuis une vingtaine d’années. Ainsi, selon une étude publiée par l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic), ces dernières ont décollé de 51% à 14,7 milliards d’euros. Parmi les principaux enseignements de cette étude, le fait que la France reste particulièrement attractive aux yeux des investisseurs étrangers. « 45% de cette somme est issue de l’épargne internationale. Cela illustre une confiance dans une partie de l’économie française », a déclaré Olivier Millet, le président de l’Afic, lors d’une conférence de presse. Et de poursuivre pour expliquer cet « engouement » : « il y a beaucoup d’entreprises qui ouvrent leur capital. La France du non coté est un terreau intéressant ».


Parmi les principaux « foyers » de progression, en effet, est à signaler une hausse notable dans les investissements dans le non coté des mutuelles et des compagnies d’assurance, ainsi que des banques. En outre, toujours selon les données de l’Afic, 1 900 start-up, ETI et PME ont ouvert leur capital et reçu près de 12,5 milliards d’euros en 2016. Soit une progression de 15% sur la période. Dans le détail, 71% de cette manne a été investie dans des entreprises françaises.  « Terrain de jeu » préféré des investisseurs : l’industrie et la chimie (3,45 milliards), biens et services de consommation (3,38 milliards) ou encore le numérique et l’informatique (1,87 milliard d’euros).

Brexit, du « pain béni » pour le capital-investissement ?

Parmi les événements géopolitiques majeurs survenus au cours de l’année 2016, quel a été véritablement l’impact de la sortie du Royaume-Uni sur le marché du capital-investissement hexagonal ? Si, selon les dires du président de l’Afic interrogé à ce sujet en conférence de presse, « l’effet Brexit » n’a pas vraiment bénéficié au non coté au cours de l’année écoulée, celui-ci devrait davantage en profiter en 2017, année marquant officiellement le début des négociations de sortie du Royaume-Uni du giron européen. Toutefois, au regard des éléments évoqués en préambule, l’année 2016 peut tout de même être aisément qualifiée de « grand cru » sur le front du private equity.  

En revanche, le contexte spécifique de l’année en cours en France – élection présidentielle oblige – serait de nature à freiner les investisseurs. En effet, un ralentissement de l’activité au sein du marché du capital-investissement pourrait potentiellement être constaté en cette première moitié de l’année 2017, les investisseurs étant davantage enclins à attendre l’issue du scrutin avant de lancer diverses opérations. Or, le risque d’une victoire de Marine Le Pen, le 7 mai prochain, notamment au regard de la « démonétisation » de la candidature Fillon reste une hypothèse considérée avec la plus grande attention par les investisseurs.