La Réserve fédérale des États-Unis a annoncé ce mardi qu’elle allait diminuer ses taux d’intérêt de 50 points de base afin d’atténuer les dommages économiques provoqués par l’épidémie de Covid-19.

Le Conseil des gouverneurs a déclaré : « Les bases de l’économie américaine restent solides. Cependant, le coronavirus présente des risques croissants pour l’activité économique ». Le niveau cible pour les taux d’intérêt est désormais situé entre 1 % et 1,25 %, alors que les prévisions précédentes avaient été établies entre 1,5 % et 1,75 %.

Sur le marché, un taux d’intérêt de référence plus bas se traduit par des emprunts moins chers entre les banques, ce qui, en théorie, permet aux consommateurs d’avoir accès à des prêts moins chers et donc à investir davantage.

Les actions ont connu une courte hausse après l’annonce de la Réserve fédérale, mais sont rapidement tombées dans le rouge par la suite : à 10 h 18 (heure de l’Est) mardi dernier, le S&P 500 était en baisse de 0,5 %, le Dow Jones avait chuté de 0,6 % et le Nasdaq Composite avait perdu 0,1 %. 

Le G7 a également publié mardi matin une déclaration indiquant son engagement à « utiliser tous les outils politiques appropriés pour parvenir à une croissance forte et durable et se prémunir contre les risques de baisse », la déclaration ne proposant toutefois aucune action politique spécifique.

Atsi Sheth, directeur général de Moody’s Corporation, a annoncé dans une déclaration : « Nous attendons des efforts similaires de la part des autorités monétaires du monde entier, et il est probable que de nombreux gouvernements interviennent dans la relance budgétaire ».

Lundi, les marchés ont pu récupérer une grande partie de leurs pertes après avoir connu leur pire semaine depuis la crise financière de 2008 : le Dow Jones a gagné près de 1 300 points en augmentant de 5,1 %, soit sa plus forte hausse jamais enregistrée. Pour sa part, le S&P 500 a augmenté de 4,6 % et le Nasdaq Composite de 4,5 %. Pourtant, malgré ces gains, l’impact économique à long terme du virus est difficile à prédire. L’OCDE a souligné que si l’épidémie continuait à s’aggraver, elle pourrait réduire de moitié la croissance économique mondiale. Par ailleurs, une épidémie plus grave pourrait plonger le Japon, la zone euro et d’autres grandes économies dans une récession. Pour rappel, dans le monde entier, plus de 90 000 personnes ont été contaminées et plus de 3 000 patients sont morts des suites de la maladie.

Lors d’une conférence de presse suivant la déclaration mardi dernier, Jerome Powell, Président de la Réserve fédérale des États-Unis, a déclaré : « Nous savons qu’une réduction des taux ne fera pas baisser le taux de contamination et ne réparera pas la chaîne d’approvisionnement brisée ». Le Président a affirmé que cette réduction n’était qu’un élément de réponse à la crise multifacette qui devrait aussi impliquer les autorités sanitaires, fiscales, locales et nationales, ainsi que des changements de la politique monétaire. Jerome Powell a également déclaré que la Réserve fédérale n’avait pas discuté de mesures alternatives qui permettraient d’atténuer les effets de la crise, comme un assouplissement quantitatif, un ajustement des réserves obligatoires ou d’autres modifications de la réglementation bancaire.

Donald Trump, adversaire de longue date de la Réserve fédérale, a réagi sur Twitter à l’annonce de la baisse des taux, appelant à d’autres réductions et à un assouplissement supplémentaire de la politique monétaire afin de conserver la position dominante des États-Unis. Il a déclaré : « La Réserve fédérale procède à des réductions, mais elle doit encore assouplir sa politique et surtout, s’aligner sur les autres pays et concurrents. Nous ne sommes pas sur un pied d’égalité. Ce n’est pas juste pour les États-Unis. Il est enfin temps pour la Réserve fédérale de jouer le rôle de leader. Plus d’assouplissement et de réduction ! »

 

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