Le groupe de luxe Kering et son plus beau joyau Gucci, ont, encore une fois, accéléré la cadence et surpassé allègrement toutes les attentes et autres prévisions des analystes. Au point de voir le titre de l’ex PPR atteindre un plus haut historique en bourse ce matin. 

Jusqu’où ira Kering ? Le groupe de luxe de François Pinault, encore une fois au pinacle grâce à Gucci, a fait état d’un premier trimestre 2018 particulièrement flamboyant après une année 2017 de haute voltige. Ainsi, dans le détail, le grand rival de LVMH – qui a également fait état il y a deux semaines de résultats impressionnants – a encore appuyé sur l’accélérateur pour tenir la dragée haute à son « meilleur ennemi ». Dans le détail, sur les trois premiers mois de l’année, l’ex PPR a vu ses ventes grimper de 36,5% à taux de changes constants à 3,10 milliards d’euros. Une progression très largement supérieure aux estimations des analystes qui tablaient sur « seulement » 24% de croissance sur la période.  Une performance impressionnante à plus d’un titre qui est surtout à mettre à l’actif de Gucci (qui pèse pour 60% des ventes) qui a, une fois de plus, signé un premier trimestre de toute beauté. En effet, la griffe italienne, en dépit d’une base de comparaison particulièrement exigeante – la croissance organique avait atteint 48% l’an passé à pareille époque -, a vu ses ventes s’envoler de… 49% à changes constants. Loin des 32% attendus par le marché… mais également des 45% enregistrés sur l’ensemble de l’exercice 2017.

L’une des clés de la réussite de la « seconde vie » de la marque (après de grosses difficultés en 2015) tient en (presque) un seul nom : Alessandro Michele. Le designer italien a en effet réussi à remettre Gucci sur le devant de la scène grâce à son style flamboyant et baroque qui a rencontré un nouveau public sans pour autant se détacher des « aficionados » de la première heure. Preuve en est de la réussite de cette « stratégie de conquête »,  les Millennials, cible ô combien courtisée par les marques, pèsent désormais pour plus de la moitié de son chiffre d’affaires et ses ventes en ligne ont décollé de plus de 100% au premier trimestre. La griffe florentine a aussi étoffé son offre avec succès, proposant aux jeunes clients des produits plus accessibles, étendant aussi ses lignes pour hommes et ses accessoires.  Tous les feux sont donc au vert pour Gucci qui, petite satisfaction personnelle de son état-major on l’imagine, fait beaucoup mieux que ses rivaux du secteur, Louis Vuitton, porte-étendard de LVMH n’ayant, par exemple, enregistré une croissance “que” de 16% sur la période.

Loin devant Louis Vuitton

En plongeant le nez dans les comptes, on constate que l’un des principaux moteurs de croissance de la marque vedette de Kering (qui abrite néanmoins en son sein d’autres prestigieuses entités comme Saint-Laurent ou encore Bottega Vanetta) n’est autre que la Chine – à l’instar de ses concurrents – mais également à signaler une spectaculaire progression de ses ventes (+60%) aux Etats-Unis.  « Gucci continue d’investir dans la communication et dans son appareil de production et bâtit ainsi les conditions d’une croissance durable », a déclaré son directeur financier Jean-Marc Duplaix.  En 2018, la rentabilité opérationnelle de Gucci devrait être supérieure au consensus de 35,4%, a-t-il par ailleurs indiqué aux analystes. La marge avait atteint 34,2% en 2017. Le spectre de la lassitude des consommateurs, l’évolution de sa ligne créatrice et la fidélisation de ses nouveaux clients demeurent des objectifs et autant de challenges à relever pour la marque. Pour le reste, Saint Laurent, qui a engrangé une croissance organique de plus de 20% pendant sept ans d’affilée, a légèrement décéléré (+19,6%) tandis que Bottega Veneta, en plein repositionnement, a limité sa hausse à 0,7%.

Mais pas de quoi entraver l’enthousiasme des investisseurs qui ont porté le titre aux nues dès les premiers échanges, permettant à l’action Kering d’atteindre un plus haut historique à 470,80 euros en début de séance, et de maintenir sa progression aux alentours de 6,10% depuis, surperformant allègrement un CAC 40 en repli de 0,60%. Fort de la performance XXL de Gucci, de nombreux analystes se sont empressés de « réajuster leur mire » sur Kering. Ainsi, Barclays a relevé de 7% à 8% ses prévisions de bénéfice par action pour les trois prochaines années et porté son objectif de cours à 480 euros. Bryan Garnier, de son côté, a relevé ses prévisions de 9% entre 2018 et 2020 et augmenté son objectif à 495 euros .Tandis que pour Raymond James, la hausse des prévisions a été de 4% en moyenne, pour un objectif de 500 euros, contre 474 euros auparavant. De quoi envisager l’avenir avec sérénité.