Avec l’Impôt Sur la Fortune (ISF), les foyers les plus aisés étaient particulièrement généreux à l’égard des organisations caritatives. Les dons effectués étant en effet déductible. En 2017, les contribuables soumis à l’ISF ont donné 2 535 euros en moyenne. Cette année, le passage de l’ISF à l’IFI fait craindre aux associations une baisse significative des dons. Une crainte confirmée par le baromètre 2018 du don « de l’ISF à l’IFI, quel avenir pour le don ? », réalisé par Ipsos pour Les Apprentis d’Auteuil. Et si l’avenir du don était en ligne ? 

2017, année de la générosité. Les foyers les plus aisés assujettis à l’Impôt Sur La Fortune (ISF) ont été 82% à effectuer un don à une organisation caritative et parmi eux, 83% à plusieurs organismes, selon le baromètre 2018 réalisé par Ipsos pour Les Apprentis d’Auteuil*. Autant que l’année précédente, mais le montant des dons a augmenté passant de 2 180 en 2016 à 2 535 euros en 2017, soit une hausse de 355 euros en moyenne.


Mais avec la suppression de l’ISF, le nombre de foyers concernés par les avantages fiscaux liés aux dons passe de 350 000 à 150 000 au titre de l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI), selon Bercy. Seul le patrimoine immobilier est désormais taxé. Si la déclaration doit s’effectuer entre avril et juin, en même temps que la déclaration sur le revenu, l’impôt se concentre sur le patrimoine immobilier supérieur à 1,3 millions d’euros, là où l’ISF prenait également en considération les placements financiers, les valeurs mobilières et l’épargne.

Des économies d’impôts qui ne se transforment pas en don

S’ils ne sont plus assujettis à cet impôt sur la fortune, faire un don déductible se vide de son sens, s’inquiètent les associations. A raison visiblement puisque les personnes qui payaient l’ISF, mais ne seront pas soumis à l’IFI ne prévoient pas de transformer leurs économies en don. 41% des personnes interrogées prévoient au contraire de consommer plus, et 39% d’épargner plus et 30% d’investir dans des entreprises. Et seulement 21% consacreront ces économies d’impôts aux dons.

Pour plus d’une personne sur deux, le passage de l’ISF à l’IFI est une menace pour les organisations caritatives, note le baromètre. La principale cause de cette menace est la méconnaissance du nouveau dispositif fiscal. Seulement 49% des contribuables  concernés par l’IFI savent qu’il leur sera encore possible de déduire  leur impôt par les dons. Un mécanisme que la loi de finance a reporté sur l’IFI.

Pour les ménages, la différence entre l’IFI et l’ISF va représenter une économie de 4 milliards d’euros.

L’avenir du don serait-il en ligne ?

Plusieurs associations tentent d’anticiper cette potentielle chute des dons. En décembre dernier le site de mécénat participatif Commeon avait regroupé sur une même plate-forme une trentaine d’association, d’Handicap International à Reporter Sans Frontières. Sous la bannière #solidaritedigitale, l’idée était d’attirer et de fidéliser les donateurs. « 41% des collectes sont réalisées durant le dernier trimestre de l’année », au moment des défiscalisations, nous indiquait alors Thérèse Lemarchand, fondatrice de la start-up.

Si pour l’instant le don en ligne ne représente que 8% des dons, selon une étude Kantar, ce type d’initiative permettant de répartir un montant sur plusieurs associations pourrait séduire les plus jeunes, et pourquoi pas les personnes assujettis à l’IFI.

De son côté, HelloAsso qui a permis de collecter 29,3 millions d’euros en 2017 auprès d’un million de contributeurs considère que « la prise en main des outils du numérique est devenue un enjeu pour les associations ». Elle accompagne ainsi les associations dans leur transition numérique et leur propose différentes modalités de collecte en ligne, du don à la billetterie numérique.