Gemalto, Ingenico et Worldline ont défrayé la chronique ces derniers temps mais pour des raisons et avec des impacts bien différents.

Gemalto, tout d’abord : l’annonce d’un profit warning a douché le marché la semaine dernière. Un profit warning consiste à prévenir le marché que, pour une raison ou une autre, les résultats devraient être inférieurs aux attentes. Le problème dans le cas de Gemalto est double : tout d’abord le timing de l’annonce a été très mauvais. Ce « profit warning » a été annoncé moins de 20 jours après une communication de l’entreprise sur ses résultats et ses perspectives. Les investisseurs ont donc été extrêmement surpris. Il est probable que le jugement des investisseurs vis-à-vis de la direction de Gemalto soit désormais fortement, et durablement, altéré.

Le deuxième problème réside dans l’origine de la baisse d’activité : les Etats-Unis. Là aussi les investisseurs ont été très surpris. Le communiqué de Gemalto indique qu’il manquera plus de 100M€ à cause des Etats-Unis. Ainsi les résultats de 2017 seront à peine supérieurs à ceux de 2016. La sanction du marché a été très forte : le titre a reculé de plus de 20% en quelques heures. Gemalto a annoncé revoir ses activités pour ajuster ses prévisions d’ici fin avril. Selon nous, prendre des positions sur le titre d’ici là, dans un sens ou dans l’autre, consiste à prendre des positions spéculatives. Cela ne peut pas être conseil de notre part. Il faudra donc attendre quelques semaines, analyser le plan que proposera la Direction de Gemalto avant, éventuellement de reprendre des positions.

Ingenico a connu une période très contrastée : le titre a d’abord fortement monté dans le sillage de la publication d’un article de presse indiquant que Worldline (groupe Atos) préparait une offre sur Ingenico. L’idée était de créer un leader européen du secteur. Le projet « fait du sens » comme disent les investisseurs : en effet, une directive européenne va entrer en vigueur concernant les services de paiement. Ce texte pourrait inciter les banques à externaliser davantage leurs activités de traitement des paiements. Un accroissement d’activité est donc envisageable et explique probablement pourquoi l’article a eu un tel retentissement.


Par contre au moment de l’affaire « Gemalto », par effet de contagion, Ingenico a reflué. Les investisseurs ont en effet redouté qu’Ingenico vienne également à souffrir de son activité américaine et ce, d’autant plus que la fusion évoquée entre Worldline et Ingenico a été démentie.

Nous considérons que l’activité d’Ingenico et de Worldline travaillant sur le secteur des moyens de paiement est attractive à moyen-terme et mérite de prendre des positions. Le secteur est par ailleurs très éclaté et il est probable que des opérations de regroupement aient lieu dans un horizon relativement court, d’ailleurs les grands acteurs tels Worldpay ou Wirecard par exemple annoncent régulièrement des opérations de croissance externe…

Il est certain que l’épisode Gemalto a douché les investisseurs mais les perspectives d’activité et la possibilité d’opérations financières rendent globalement le secteur intéressant sur le plan boursier. Il faudra s’armer d’un peu de patience en attendant que la situation s’éclaircisse autour de Gemalto et son business aux Etats-Unis. Ingenico, après sa baisse récente, nous paraît plus attractive, même si, comme toujours, il faut envisager tout investissement dans une optique long-terme.