En matière de placements et d’investissements, quels sont les produits stars des familles fortunées ? Pour le savoir, il faut lever le voile sur des structures aussi secrètes qu’efficaces, les « family offices ».

Les « family offices » sont des structures très agiles qui s’occupent, en toute discrétion, des familles fortunées. Elles donnent accès à des placements sur-mesure et haut de gamme en matière de patrimoine. Mais pas seulement. Fiscalité, épargne, placement, gouvernance, éducation, philanthropie… Le rôle d’un family office est multiple.


Car à la différence de la gestion privée ou des conseillers en gestion de patrimoine, le family office ne se limite pas à la gestion financière et patrimoniale mais aborde toutes les thématiques spécifiques en fonction des besoins de ses clients, une, ou le plus souvent, plusieurs familles.

C’est d’ailleurs un de ses atouts. L’intérêt pour une famille de faire appel aux services de cette structure est de bénéficier d’un pilotage global de ses actifs et patrimoine. Le family office est une sorte de « chef d’orchestre » dans un monde fiscal et économique complexe. Les services mis en œuvre vont donc de l’ingénierie patrimoniale à la gestion de portefeuille en passant par du reporting consolidé, de la transmission, de la fiscalité ou encore de la gestion des risques, des services de trustees, etc.

Indépendance, réseau et capacités à l’international

Les family offices sont des structures souples qui se rémunèrent par des salaires, des honoraires ou des commissions, mais toujours en totale transparence vis-à-vis du client. Car le premier critère de choix est la confiance. Selon le baromètre Opinion Way pour l’AFFO (Association française du family office), les familles déterminent leur family office avant tout en fonction de l’équipe qui le compose, de leur relation personnelle avec le dirigeant et du mode de rémunération. Mais elles prêtent également une attention particulière à l’indépendance de cette organisation et mettent en avant l’importance de son réseau de partenaires et sa capacité d’accompagnement à l’international.

Le même baromètre annuel de l’AFFO nous éclaire sur les choix d’investissements des family offices. Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le profil est plutôt celui d’un « bon père de famille ». Les responsables estiment que les familles qui ont recours à leurs services présentent le plus souvent un profil d’investisseur équilibré cherchant à allier performance et risque modéré. Les familles au profil d’investisseur offensif représentent une très faible minorité.

Le private equity dopé par la loi Pacte

C’est, sans nul doute, le placement star de 2020. Grâce à la loi Pacte, les fonds de private equity (capital-investissement) peuvent désormais représenter jusqu’à 50 % du total de l’encours d’un contrat d’assurance-vie.

Leur performance à long terme surclasse celle de toutes les autres classes d’actifs.

C’était une des promesses de la loi Pacte, concrétisée par un décret publié le 15 novembre 2019. Les épargnants peuvent désormais loger dans leur contrat d’assurance vie en unités de compte, des fonds d’investissement alternatifs (FIA) dans lesquels on retrouve les fonds professionnels de capital-investissement (FPCI), qui doivent être constitués d’au moins 50 % de titres non cotés, contre 10 % auparavant.

Mais pour prétendre au plafond de 50 %, il faut pouvoir mobiliser 100 000 euros au minimum dans un contrat. Ces produits s’adressent donc plutôt aux ménages aisés. L’objectif de la loi était d’orienter l’épargne vers l’« économie réelle » et les petites entreprises. Et donc vers le capital investissement qui permet en effet d’investir dans des entreprises non cotées à la recherche de financement pour se développer.

Une classe d’actifs plutôt performante

Dans leur étude annuelle sur la performance nette des acteurs français du capital-investissement, France Invest et EY relèvent un rendement net de 11,2 % sur quinze ans et un niveau de performance stable autour de 10 % depuis 2014. « Année après année, le capital-investissement français se place au premier rang en termes de performance devant toutes les autres classes d’actifs de long terme », a commenté Dominique Gaillard, président de France Invest, lors de la sortie de l’étude.

Contrainte de taille : une durée de huit à dix ans est nécessaire pour le débouclage des opérations. Mais dans le cadre des contrats d’assurance-vie, c’est l’assureur qui garantit la liquidité du fonds de private equity et, en cas de décès de l’assuré, les héritiers peuvent choisir de percevoir des titres.

Les frais de sortie ne s’appliquent pas aux capitaux versés aux bénéficiaires désignés.

Les clubs deals

Tous les avantages de la copropriété sans les inconvénients. En co-investissant avec d’autres personnes, il devient possible d’acheter un immeuble entier, un hôtel de luxe ou un camping valant plusieurs millions d’euros. C’est le principe du club deal. Ce sont généralement les family offices ou les banquiers privés qui proposent ce genre de montage, réservé aux « happy few », et qui rassemble de 5 à 50 investisseurs fortunés. Le club deal peut être associé à un actif identifié à l’avance ou un portefeuille d’actifs composé de quelques biens. Généralement, le principe consiste à acheter un bien pour le louer pendant quelques années et le revendre. Pour un retour sur investissements compris entre 6 et 8 % par an, sans aucune assurance au départ sur la performance. La mise de fonds exigée dans un club deal se situe souvent entre 500 000 et 700 000 euros, parfois davantage.

Une règle à retenir : tous les associés rentrent et sortent en même temps. Donc la liquidité est faible. À noter : certains clubs deals sont éligibles au plan d’épargne en actions (PEA). L’achat d’un actif immobilier avec un volet commercial comme l’hôtellerie, par exemple, constitue une piste intéressante pour un chef d’entreprise ayant cédé sa société et cherchant à réinvestir les produits de cession afin de profiter de la fiscalité attachée à la clause de remploi.