Nos moyens de paiement connaissent une évolution rapide, accélérée par l’épidémie de la Covid-19. Ces derniers mois, les cryptomonnaies ne cessent d’être au-devant des projecteurs.  L’introduction en bourse américaine de la plateforme d’échange de bitcoins, Coinbase, ce mercredi 14 avril 2021, marque une nouvelle étape vers la dématérialisation de la monnaie.

 

Présentation des faits :

Fondée en 2012 à San Francisco par Brian Armstrong, l’entreprise Coinbase constitue une plateforme de vente et d’achat de cryptomonnaies, dont le bitcoin et l’éther. L’année 2021 marque un tournant dans la valorisation du bitcoin, qui devient le centre des convoitises des grandes entreprises, des investisseurs institutionnels, des banques et même des particuliers. A titre d’exemple, Elon Musk, PDG de Tesla et Space X, ne cache pas sa sympathie pour cette cryptomonnaie. En janvier dernier, il permettait, entre autres, à ces clients d’acquérir des voitures électriques par le biais de ce moyen de paiement. Il y a quelques jours encore, il tweetait « going to moon very soon… » en référence à l’envol de cette monnaie virtuelle. Dans le même ordre d’idée, le service de paiement PayPal a, récemment, décidé d’accepter que les transactions réalisées via cette application puisse se faire en cryptomonnaies.
Cette valorisation des cryptomonnaies a, tout naturellement, un impact sur le marché, entrainant une forte spéculation. C’est, dans ce contexte de flambée du bitcoin, que la société Coinbase a réussi une entrée en bourse particulièrement retentissante. En effet, avec un prix de référence fixé à 250 dollars, le titre a réalisé un gain de plus de 70% en atteignant les 429 dollars lors de son démarrage, ce qui conduit à une de 111 Milliards de dollars. Lors de la clôture de la séance du mercredi 14 avril, l’action valait encore 328 dollars, soit plus 31%. Par ces chiffres, Coinbase a engendré une valorisation de 86 milliards de dollars, un record dépassant celui détenu en 2012 par l’entreprise Facebook.

 

Les interrogations suscitées par la société Coinbase :

Si Brian Armstrong assure que Coinbase s’est fixé pour mission « d’accroitre la liberté économique dans le monde », cette plateforme suscite la méfiance et ce à plusieurs égards.
Comme le décrit très bien l’économiste Natacha Valla, les cryptomonnaies échappent aux banques centrales entrainant, ainsi, une perte de neutralité attendue des monnaies traditionnelles. Cela se traduit, notamment, par la disparition de fonds de certains utilisateurs, des accès verrouillés et des services clients inexistants. Par voie de conséquence, l’économiste s’interroge sur l’opportunité de se passer d’un émetteur souverain régulateur. En effet, le pouvoir de battre la monnaie est souvent présenté comme la fonction régalienne par excellence. Or, l’apparition des cryptomonnaies et leur valorisation prive les Etats de cette fonction. Ce qui n’est pas sans conséquence puisque la politique monétaire représente un véritable outil mis entre les mains des gouvernements et permettant d’atteindre certains objectifs macro-économiques.
A l’autre extrémité, M. Armstrong s’inquiète d’une régulation excessive qui viendrait mettre en péril l’activité des cryptomonnaie monnaie. Lors d’une interview donnée à la chaîne CNBC, il indiquait que : « Nous sommes ravis de respecter les règles. Tout ce qu’on demande, c’est d’être traités au moins de la même façon que les services financiers traditionnels et de ne pas être punis parce qu’on appartient à l’espace des cryptomonnaies ».

 

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