La Bourse de Paris a débuté l’année comme elle avait terminé la précédente : sans élan ni prise de risques, comme en atteste une statistique sur l’emploi américain ce vendredi qui n’a même pas suscité le début d’un frémissement.

La trêve des confiseurs se prolonge à Paris. Pour cette première semaine de 2017, les investisseurs ont fait honneur à l’adage « prudence est mère de sûreté », réduisant les offensives à portion congrue. Ainsi, le CAC 40 a affiché un gain hebdomadaire de 0,97% à 4 909,7 points mais… avec deux séances consécutives (mercredi et jeudi) oscillant entre 0 et 0,03%. La séance de vendredi se dirigeait vers la même issue avant de se reprendre en fin de séance et grappillait 0,19%, en dépit d’une actualité macroéconomique qui offrait tout de même une statistique sur l’emploi américain. Cette dernière fait souvent office de véritable juge de paix pour les marchés a fortiori lorsqu’il s’agit de la dernière du genre avant l’accession de Donald Trump à la Maison Blanche.

Dans le détail, l’économie américaine a créé 156 000 emplois non-agricoles, le mois dernier, soit largement en deçà des estimations du consensus Reuters qui tablait sur 178 000. En revanche, le salaire horaire moyen a progressé en décembre de 10 cents, soit 0,4%, en raison notamment d’un effet calendaire favorable, après un recul de 0,1% en novembre.

Calme plat

La hausse sur un an est de 2,9%, soit le gain le plus fort depuis juin 2009, après 2,5% en novembre. En outre, sur l’ensemble de l’année 2016, 2,16 millions d’emplois ont été créés par la première économie mondiale. Donald Trump héritera donc d’une situation économique idoine à son arrivée dans le Bureau ovale, le 20 janvier prochain.

Comme évoqué en préambule, ces données n’ont pas ému outre mesure les opérateurs, ni suscité d’accélération dans les volumes d’échanges. Parmi les autres indicateurs du jour, de moindre importance, à signaler la bonne tenue de l’indice du climat des affaires en zone euro. Ce dernier s’est, en effet, élevé à à 107,8 après 106,6 (révisé) en novembre, dépassant au passage les prévisions du consensus Reuters qui tablait sur 106,8.

Accor en forme, Veolia boit la tasse

Sur le front des valeurs, la situation est peu ou prou similaire dans la mesure où aucune d’entre elles ne s’est spécialement distinguée pour cette première semaine de 2017.  Toutefois, dans cette morosité ambiante, le premier « lauréat » du palmarès hebdomadaire de cette nouvelle année se nomme AccorHotels avec un gain de 6,93% en cinq jours, en partie imputable à un relèvement de recommandation de HSBC. En effet, le broker a revu son jugement sur le titre de leader européen de l’hôtellerie, passant de conserver à acheter avec un objectif de cours porté à 41 euros, contre 38 précédemment.

 A l’inverse, Veolia (-3,34%) fait office de « bonnet d’âne » de la semaine. Mauvaise nouvelle supplémentaire : Bryan Garnier a dégradé, ce vendredi, sa recommandation sur la valeur – d’achat à neutre – arguant que le groupe devrait pâtir d’une indexation tarifaire négative de 0,5% sur ses activités eaux.  En outre, le broker enjoint les investisseurs à préférer son concurrent Suez, mieux armé, selon le bureau d’études, pour relever ces défis grâce à la bonne santé de sa croissance à l’international.