Depuis quelques trimestres, le terme « révolution » est en permanence relié à la technologie Blockchain. Bien que cette avancée majeure dispose de nombreux avantages (rapidité, sécurité), il faut dissocier les projets pertinents et ceux plus fantaisistes (ceux n’ayant aucune raison d’avoir une application Blockchain par exemple).

Concernant l’immobilier, les signaux « positifs » sont au vert, mais la route est encore longue pour conquérir l’un des secteurs les plus « protégés » par l’ancien monde.

A l’attaque d’un mammouth économique qui sait (finalement) s’adapter

En France, l’immobilier est un secteur extrêmement rentable (10% du PIB hexagonal – Plus de 800 000 opérations par an) et régulé (normes, sécurité, garanties, etc…), s’attaquer à un tel « morceau » pourrait paraître osé.

Pourtant, les dernières décennies ont apporté leur lot d’innovation : arrivée d’internet (AirBnB, transaction de particulier à particulier), contrats 100% digitaux, les visites virtuelles ou encore, plus étonnant, l’émergence des serrures connectées (à découvrir ici).

Blockchain et immobilier : les raisons d’un possible mariage heureux

Bien entendu, la Blockchain va beaucoup plus loin que les services cités plus haut. En effet, cette technologie permet de réaliser une transaction, et ce, indépendamment du processus habituel (passage par la case « notaire » notamment).

Le marché immobilier est en quête d’une transparence que seule la Blockchain peut apporter. Entre l’instantanéité des transactions, des vérifications d’usage et la mise à disposition publique des données liées (historique de chaque propriété), cet écosystème est en plus très sécurisé par nature (chaque donnée déposée sur la Blockchain ne peut pas être modifiée).

In extenso, la Blockchain permet de réduire tous les risques liés aux diverses fraudes dont ce secteur souffre (paiement, travaux de vérification, expertise,…). Encore une fois, le fait que chaque transaction soit publique rend chaque opération plus « nette ».

Il est important de souligner qu’une récente étude menée (aux Etats-Unis) par Goldman Sachs met en exergue le fait que les coûts de registre pourrait être diminués de 2 à 4 milliards de dollars par an, sans oublier l’augmentation de la fiabilité versus les transactions papier (30% d’erreur en moyenne…). In fine, cela représenterait près de 0,5% du prix final du bien immobilier…

Egalement, la Blockchain offre une rapidité sans équivalent. Via un Smart Contract, tout est codé et automatisé, et ce, de l’accord au paiement en passant par l’attestation de vente.

Le Smart Contract réalise une action définie au préalable sans nécessiter l’intervention des tiers habituels (notaire, agent, avocat). D’ailleurs, la première transaction européenne a eu lieu récemment en Espagne (à Séville), et elle a été réalisée par un investisseur hexagonal via Propy (dont le conseiller principal est le fondateur de TechCrunch). Tous les passionnés de technologies auront à coeur de visualiser ladite transaction 100% Blockchain!

Les gouvernements et les autorités s’y intéressent de près

Contrairement aux crypto-monnaies qui ont plutôt tendance à apeurer les Etats (à tort, mais c’est un autre débat…), plusieurs pays progressent sur le sujet (France, Royaume-Uni, Estonie, Suède, Etats-Unis, Ghana).

Certains Etats américains comme la Géorgie ont même franchi le Rubicond en optant pour un cadastre « Blockchain » (dont le service de notaire et la gestion du titre de propriété).

Des possibilités au-delà des « simples » transactions?

Se focaliser uniquement sur les transactions ne permettrait pas d’utiliser le plein potentiel de la Blockchain.

En effet, toutes les données liées à un bien immobilier peuvent être apposées sur la Blockchain : construction, entretien, litige, données météorologiques pour optimiser son « rendement » écologique ou encore tous les services pouvant être proposés grâce à ces éléments.

En somme, comme pour chaque avancée technologique majeure, une certaine période est nécessaire pour découvrir, appréhender, éduquer et cadrer les usages. Toutefois, ne perdons pas de vue que la Blockchain est une révolution technologique, et non d’un nouvel usage.