Etablir une cartographie des usages en matière de vie connectée est un préalable indispensable pour valoriser la filière durablement. Internet des choses, Internet des objets, Internet de tout… les appellations varient pour décrire cet univers, mais le fait est qu’il est plus que jamais en prise directe avec le monde physique.

Comment se structure le marché ? Et quels sont les usages les plus en développement ?

Il est important de bien comprendre ces données pour permettre d’éclairer de grands groupes dans leurs choix d’investissements, mais aussi pour aider des start-up cherchant à défendre leur business plan. En un mot, il s’agit de permettre à cette filière d’excellence de continuer à émerger.

Ce sont ces défis que nous avons essayé de relever avec l’ACSEL (qui vient de fusionner avec le Carrefour de l’Internet des Objets). En tant qu’association professionnelle leader sur l’IoT, nous avons souhaité dresser ce que nous avons appelé un « observatoire de la vie connectée ».

Comment le marché se décompose-t-il ? De quelle façon est-il structuré ? A quelle vitesse et comment les usages évoluent-ils d’un secteur à l’autre ?

Autant de questions que nous avons abordées avec modestie – elle est de rigueur dans une première édition – mais sans perdre notre ambition bien réelle de vouloir éclairer le marché.

En effet, l’internet des objets tisse sa toile bien au-delà des seuls écrans pour organiser l’échange d’informations et de données avec l’ensemble des objets qui nous entourent. Ces connexions nouvelles entre les réseaux et les objets ouvrent un large champ d’innovations qui permettent d’optimiser des usages existants (e-santé, e-sécurité, télémaintenance…), de stimuler de nouveaux besoins (domotique, quantified self, sécurité…) et d’inventer de nouvelle relations (pilotage par la voix…).

Tous ces échanges sont pour partie responsable de l’accroissement exponentiel du volume de données échangées en même temps qu’ils supposent une réflexion permanente sur la valeur d’usage créée et sur les moyens de l’améliorer. Ils orientent ainsi le « big data » vers une approche résolument servicielle. Pour ne pas l’avoir suffisamment intégré, certains objets connectés de la première génération se sont vus renvoyés au cimetière des gadgets oubliés.

Fédérer les acteurs pour faire émerger une filière d’excellence de l’IoT

D’un point de vue commercial, les projections de marchés convergent largement vers des chiffres de potentiel gigantesque. Certains prospectivistes considèrent même l’Internet des objets comme la troisième évolution de l’Internet ! Cependant, comme tout marché hétérogène et en construction, il convient d’être prudent. Retard technologique, difficulté d’interconnexion, normes peu stabilisées, courbe d’adoption trop lente… autant de facteurs peu prévisibles par essence qui fragilisent les estimations les plus sérieuses.

A mes yeux, l’un des bénéfices majeurs de cet ouvrage collaboratif qui donne la parole à des experts du sujet est de faire ressortir, au-delà des « macro-données », la vitalité de la filière IOT. Si la France veut faire valoir ses atouts nombreux dans le domaine, elle devra rapidement se doter les moyens d’en fédérer les acteurs, quels que soit leur taille et leur rôle dans cet écosystème en construction. Près d’une vingtaine de secteurs (santé, sport, agriculture, urbanisme, retail, domotique, automobile etc.) sont analysés de manière qualitative, quantitative et prospective.

Cette édition, sous-titrée “l’ère de la robotique”, souligne notamment l’importance de l’assistance des machines. “Le digital, c’est avant tout un état d’esprit. Nous ne croyons pas à la robotique qui pourra remplacer l’homme” précisent Benoit Régent et Valérie Négrier, DG et DGA du département Change Prospective de Dentsu Consulting et co-auteurs de l’ouvrage.

Cette première édition de l’observatoire met notamment en lumière la tendance de la voix comme nouvelle interface homme/machine. Chaque année, une nouvelle édition soulignera les dernières tendances et donnera une tribune aux entreprises qui investissent dans le numérique. Il s’agit de permettre à des dirigeants d’y trouver des retours d’expérience à la fois opérationnels et inspirants.