L’heure est au bilan pour le « saint des saints » de la bourse de Paris à mi-parcours. Et comme l’an passé, le luxe a brillé de mille feux sur la première moitié de l’année 2018.

Marchant sur une ligne de crête durant les six premiers mois de l’année, oscillant entre le bon et le « très moyen », le CAC 40 a terminé, au bout du suspens, le semestre dans le vert, à la faveur de l’accord trouvé par l’Union européenne sur la question migratoire ce vendredi. Une contingence géopolitique qui a permis à l’indice de terminer la séance de vendredi en nette hausse (+0,91% à 5 323,53 points), et de facto sauver le CAC 40 des limbes…avec une progression finale de 0,21% depuis le 1er janvier.  Si la semaine s’achève sur un décrochage assez sévère de 1,12% (dont -0,97% sur la seule séance de jeudi), cette ultime séance permet néanmoins au CAC 40 de sauver la face et de clôturer cette première session sur une note positive. Par rapport à l’an passé à la même époque, si l’actualité politique domestique – Présidentielle et législatives ayant alors largement occupé le devant de la scène –  fut moindre, la crise politique en Italie et les atermoiements de l’administration Trump multipliant les mesures protectionnistes se sont chargés de dynamiser les marchés actions du Vieux-Continent.

Diverses « secousses » qui n’ont pourtant pas empêché le CAC 40 de finir en (faible) hausse sur cette première moitié d’année, galvanisé notamment par un mois d’avril de haute voltige (+6,8%) là où le premier trimestre s’est avéré catastrophique – doux euphémisme- avec une perte de 2,73%, soit la pire performance sur 3 mois depuis mai 2016, laissant alors craindre le pire pour le reste du semestre. Fort heureusement, revenu du « diable vauvert », le CAC 40 s’est offert un peu de répit. L’accord sur la question migratoire semble avoir repoussé sous le tapis le conflit commercial aux Etats-Unis qui a longuement accaparé les opérateurs ces derniers mois. « Depuis un mois et demi, c’est un pas en avant, un pas en arrière, avec beaucoup de déclarations de Donald Trump et son administration et peu de concrétisations, car ils ont finalement surtout à coeur de protéger les performances du pays et de ses places boursières », a expliqué Mikaël Jacoby, responsable du courtage Europe continentale de Oddo BHF Securities, cité par l’AFP.  

Le luxe au pinacle

Sur le front des valeurs en revanche, la dynamique du luxe ne s’enraye absolument pas et les observateurs guettent le moindre signe d’essoufflement… sans résultats pour le moment. Ainsi, comme sur l’ensemble du « millésime » 2017, Kering est sacré roi du CAC 40 à mi-parcours (+32,5% depuis le 1er janvier) porté aux nues par une premier trimestre particulièrement impressionnant et galvanisé par les performances stratosphériques de son fleuron Gucci. Dans le détail, l’ex-PPR  a vu ses ventes grimper de 36,5% à taux de changes constants à 3,10 milliards d’euros. Une progression très largement supérieure aux estimations des analystes qui tablaient sur « seulement » 24% de croissance sur la période.  Une performance impressionnante à plus d’un titre qui est surtout à mettre à l’actif de Gucci (qui pèse pour 60% des ventes) qui a, une fois de plus, signé un premier trimestre de toute beauté. En effet, la griffe italienne, en dépit d’une base de comparaison particulièrement exigeante – la croissance organique avait atteint 48% l’an passé à pareille époque -, a vu ses ventes s’envoler de… 49% à changes constants. Loin des 32% attendus par le marché… mais également des 45% enregistrés sur l’ensemble de l’exercice 2017.

Les feux sont également au vert pour LVMH qui, avec une progression certes moitié moindre que celle de son grand rival (+15,51% sur ses six premiers mois de l’année) consolide néanmoins sa position de première capitalisation boursière du CAC 40 avec plus de 143,4 millions de valorisation. Colossal. Là-aussi, le début d’année du groupe de l’avenue Montaigne est frappé du sceau de la réussite. Ainsi, avec un chiffre d’affaires de 10,85 milliards d’euros sur les trois premiers mois de l’année, LVMH a également dépassé les attentes du marché et du consensus Inquiry Financial qui se situait peu ou prou aux alentours de 10,64 milliards d’euros. Dans le détail, les ventes ont enregistré une progression significative de 13% en croissance organique (9% attendu par les analystes), après 12% au quatrième trimestre 2017, signe que LVMH continue sur sa belle lancée du « millésime » 2017. Une fois n’est pas coutume, le « cœur du réacteur » Louis Vuitton, plus important foyer de profits du groupe, a été fortement mis à contribution pour obtenir une telle performance tandis que l’ensemble des divisions du groupe au 70 marques ont également brillé de mille feux.

Hermès réussit son entame

Nouveau venu au sein de l’indice, Hermès peut également de se targuer d’une progression de son titre de plus de 16%, ce qui place le sellier dirigé par Axel Dumas dans le wagon de tête des plus importantes hausses du CAC 40 (+16,26%). Enfin, dernier représentant du secteur du luxe au sein du CAC 40, L’Oréal tire également son épingle du jeu. Si son titre ne s’apprécie « que » de 13%, et donc de facto en deça de la concurrence susmentionnée, le numéro 1 mondial des cosmétiques fait partie des quinze valeurs de l’indice ayant un bilan positif sur ces six premiers mois du cru 2018. Plus impressionnant encore, ces quatre entités (Kering, LVMH, Hermès et l’Oréal) figurent dans le « Top 9 » de l’indice. Le luxe est donc la grande star de ce premier trimestre. Et plus que jamais un « marqueur d’excellence » à la française.