HSBC s’engage pour une finance plus inclusive. La banque est partenaire de l’événement F for Femme du 1er Octobre organisé par Station F, et consacré à l’entrepreneuriat féminin. La banque publie à cette occasion son étude « She’s the business », qui décrypte les particularités de l’entrepreneuriat féminin, qui ne reçoit que 3% des capitaux à l’échelle mondiale, et les difficultés que rencontrent ces femmes, comme les biais inconscients, le manque de rôles modèles ou les difficultés d’accès aux réseaux. Forbes a rencontré pour l’occasion Antonio Simoes, le patron de HSBC Private Banking. Interview exclusive.

 


Dans votre dernière étude, vous révélez que 35% des femmes entrepreneurs font l’expérience de préjugés sexistes lorsqu’elles cherchent à obtenir des capitaux. Les femmes entrepreneurs reçoivent 5% de financement en moins dans le monde par rapport aux hommes entrepreneurs. Chez HSBC, comment agissez-vous concrètement pour remédier à cela ?

Antonio Simoes : Notre étude montre clairement que la société dans son ensemble peut et doit faire davantage pour soutenir les femmes entrepreneures. Chez HSBC Private Banking, nous nous engageons à aider tous les entrepreneurs, y compris les femmes, à réussir.

Les entrepreneures à qui nous avons parlé dans le cadre de notre recherche ont témoigné d’un certain nombre d’améliorations, notamment un meilleur accès aux réseaux et aux mentors, une plus grande diversité dans les panels d’investisseurs et une plus grande clarté du processus d’investissement. C’est la raison pour laquelle nous nous sommes associés au club féminin AllBright pour soutenir leur série Pitch Day au Royaume-Uni, aux États-Unis et à Hong Kong. Nous encadrons les entreprises, fournissons une expertise et mobilisons notre réseau pour fournir un soutien supplémentaire aux femmes entrepreneurs.

Nous sommes également un partenaire fondateur du réseau WealthiHer. Ce réseau a été créé pour stimuler le patrimoine des femmes, avec pour objectif final de mieux répondre aux besoins des femmes investisseurs tout en obtenant plus d’impact.

Et en France, sommes partenaires de Station F, pour la première édition de la conférence ‘F for Femme’. Elle a lieu à Paris aujourd’hui même. L’événement rassemble quelques 400 femmes entrepreneures afin de promouvoir la diversité des genres et l’inclusion dans la tech, mais aussi de sensibiliser aux défis auxquels les femmes sont confrontées lors de la mobilisation de capitaux.

Bien que l’action individuelle soit importante, nous aurons besoin du soutien de l’ensemble de l’écosystème entrepreneurial si nous souhaitons provoquer un véritable changement.

Au sein même de votre banque, quelle place est faite aux femmes ?

Antonio Simoes : Chez HSBC, nous voulons créer un environnement inclusif où chacun est valorisé, respecté et soutenu afin que chacun puisse réaliser son potentiel. La pluralité des idées est un catalyseur essentiel de la stratégie commerciale, dont bénéficient nos clients, notre entreprise et nos collaborateurs. Mais plus important encore, la diversité est la bonne chose à faire et cela me tient vraiment à cœur.

Depuis que j’ai été nommé Directeur Général de la Banque privée, au début de l’année, l’une de mes priorités a été de créer une banque plus diversifiée à laquelle les collaborateurs sont fiers d’appartenir. Cela comprend l’amélioration de l’égalité homme/femme grâce à des pratiques saines en matière de recrutement, de promotion, de flexibilité du travail et de leadership inclusif. Par exemple, nous avons lancé un programme de parrainage des talents féminins et de développement pour les femmes, et déployé un dispositif de soutien pour aider nos collaborateurs dans leur transition parentale. L’équilibre hommes/femmes s’est amélioré, avec environ un tiers des postes de direction de la banque privée occupés par des femmes, en partie aussi parce que nous avons recruté plus de talents féminins.

Ces progrès sont encourageants mais nous avons encore du travail à accomplir. Nous devons donner à tous les mêmes chances de réaliser leur potentiel et leurs aspirations. De fait, il ne s’agit pas uniquement de la parité. Nous devons également inclure davantage de personnes LGBTQ +, en situation de handicap, d’autres nationalités, ethnies, ou religions et tout autre groupe minoritaire. Plus notre communauté est diverse, et mieux nous nous portons. Cette véritable diversité est atteinte lorsque tous les collègues, quelle que soit leur histoire, peuvent faire entendre leur voix. Cela va au-delà de la diversité dans l’entreprise.

Les banques privées sont dans une phase de transformation et de digitalisation. Où en êtes-vous ?

Antonio Simoes : Au cours des dernières années, nous avons posé les bases nécessaires à notre croissance et à notre développement. Aujourd’hui, nous avons la stratégie et l’organisation adéquates pour assurer une croissance durable de nos activités. Nous avons une exposition stratégique au Moyen-Orient et également aux marchés asiatiques qui connaissent l’expansion la plus rapide, et dans lesquels le taux de croissance des richesses est estimé à deux chiffres pour chaque année. Nous bénéficions également d’une implantation forte en Europe, où se trouvent près de la moitié des actifs de nos clients. En parallèle, nous nous sommes davantage concentrés sur les clients à valeur nette élevée, un segment qui connaîtra une croissance plus rapide que celle de la gestion de patrimoine en général.

Nous avons optimisé notre manière de travailler avec les autres métiers du Groupe afin d’exploiter pleinement notre potentiel en tant que banque universelle, et en générant de la croissance. Et nous avons recruté des collaborateurs de talent. L’année dernière, nous avons recruté plus de 100 collaborateurs dans le monde, dont en France, et nous continuons d’avoir des plans de recrutement ambitieux en Asie.

En termes de technologie, nous avons mis en place une nouvelle plate-forme bancaire centrale, lancé une nouvelle offre de conseil qui s’appuie sur la plate-forme « Aladdin Wealth » de BlackRock et nous travaillons sur une nouvelle offre numérique pour nos clients. Cette année, nous avons investi 150 millions de dollars dans la technologie et l’innovation, qui resteront des domaines prioritaires.

Grâce à ces investissements et à notre positionnement stratégique, nous avons assuré la croissance de notre profit ajusté avant impôt chaque année depuis 3 ans. Au premier semestre de cette année, nous avions 14 milliards de dollars nets de flux entrants, soit le résultat semestriel le plus élevé depuis 2008, et ce malgré un environnement de marchés difficile. Et nous espérons faire encore mieux. La Banque privée est en bonne posture pour générer une croissance à deux chiffres des actifs clients et de son chiffre d’affaires dans les années à venir. 

HSBC

Qui est aujourd’hui le client type de HSBC Private Banking ?

Antonio Simoes : Nos clients présentent des profils et des activités variés et il n’y a pas de solution unique pour répondre à leurs besoins. Nos services sont adaptés à leurs besoins individuels en matière de gestion de patrimoine.

Ce que nos clients ont en commun, c’est d’être des particuliers, des familles et des entreprises qui sont ouverts aux opportunités et acceptent de relever des défis. Leur ambition, et les décisions qu’ils prennent aujourd’hui, sont de nature à changer le monde demain.

Nos clients sont des individus et des familles du monde entier, qui évoluent à des niveaux de fortune très importants. Près de 95% des actifs que nous gérons appartiennent à des clients dont le patrimoine dépasse les 5 millions de dollars et près des trois quarts sont gérés pour des clients qui détiennent plus de 30 millions de dollars. 

Beaucoup de nos clients possèdent des entreprises ou sont entrepreneurs. Afin de soutenir la prochaine génération d’entrepreneurs, nous avons des équipes en France, au Royaume-Uni, à Hong Kong et ailleurs pour permettre aux entrepreneurs en croissance rapide d’avoir accès à des experts de la banque privée, ainsi qu’à des produits et des services bancaires des autres métiers, leur permettant de se structurer et de se développer.

Bien que de nombreux clients soient des hommes, nous sommes également engagés à proposer nos services aux femmes, dont la contribution à la création de richesse a considérablement augmenté. Nous sommes très favorables à la diversité et à l’inclusion et nous venons de publier une nouvelle étude qui explore les défis auxquels sont confrontées les femmes entrepreneures, ainsi que les moyens de les surmonter.

Vous êtes l’une des rares banques à disposer d’un réseau international. Qu’est-ce que cela apporte aux clients ?

Antonio Simoes : En tant que groupe bancaire implanté dans 66 marchés, nous sommes véritablement une entreprise globale. Nous sommes là où nos clients ont besoin de nous. Par exemple, nous pouvons faire le lien entre des clients d’Europe, où HSBC est la banque la plus importante, et des opportunités en Asie ou au Moyen-Orient, où nous sommes responsables de grandes opérations et avons une présence de longue date. Nous proposons des services sur toutes les classes d’actifs, des actions aux investissements alternatifs.

Mais nous ne sommes pas seulement une banque internationale, nous sommes aussi une banque universelle. Un grand nombre de nos clients souhaitent accéder à notre banque commerciale, d’investissement ou de détail, ce que nous encourageons et facilitons. Et cela fonctionne dans les deux sens: l’an dernier, un nouveau client sur trois nous a été recommandé par notre banque d’entreprise, ce qui montre que de nombreux clients souhaitent concentrer tous les services au sein d’un même établissement. À la différence des autres banques, HSBC peut offrir cette possibilité. En France, nous sommes la plus grande banque internationale couvrant à la fois les activités de détail, d’entreprise, de financement, d’investissement et de banque privée.                                                              

Sur un marché de la banque privée très encombré, comment faites-vous la différence ? Avec plus de 3 000 collaborateurs et 341 milliards de dollars d’actifs clients, nous sommes l’un des principaux acteurs mondiaux de la banque privée.

En tant que l’une des plus grandes organisations de services financiers et avec un bilan de 2,8 milliards de dollars, nous pouvons également offrir un niveau de stabilité financière que peu de banques privées peuvent assurer.

En ce qui concerne notre offre, nous avons l’une des activités de planification de succession et de gestion de patrimoine les plus grandes pour les clients privés, qui répond à leurs besoins en matière de gouvernance familiale depuis plus de 70 ans.

Nous proposons également des investissements alternatifs depuis plus de 30 ans, en partenariat avec HSBC Global Asset Management, offrant aux clients un accès aux hedge funds, aux marchés privés et aux opportunités immobilières à travers le monde.

Nous avons également la capacité d’offrir une gamme complète de solutions de prêt sur mesure, notamment des actions individuelles, des prêts sous forme de capital-investissement ainsi que des financements d’investissements-trophées tels que des œuvres d’art, des jets privés et des yachts. Nous améliorons également notre proposition Ultra High Net Worth afin de fournir à ces clients sophistiqués des solutions encore plus personnalisées en termes d’investissement, de financement et de couverture.

Craignez-vous la concurrence des fintechs qui viennent chasser sur tous les segments de vos marchés ?

Antonio Simoes : Non, je considère les fintechs comme une opportunité et non comme une menace. Notre approche consiste à établir des partenariats avec des Fintech chaque fois que c’est possible afin d’améliorer notre offre. Ce sont des partenariats win-win – nous avons les clients et l’envergure, et les Fintechs disposent de plus de souplesse et des technologies les plus en pointe.

Pour les clients fortunés que nous couvrons, il y aura toujours besoin d’intervention humaine, d’une longue expérience de la banque privée et d’empathie. Cela est le cas par exemple pour les familles qui souhaitent mettre en place des plans de succession sur plusieurs générations et à travers plusieurs juridictions.

Plutôt que de craindre la technologie, nous cherchons à avoir des responsables de relations empathiques et qui s’appuient sur une technologie de pointe. C’est pourquoi nous continuons de faire des investissements considérables dans la technologie.

 

Etes-vous intéressé, éventuellement, par le rachat de l’une d’elles ?

Antonio Simoes : HSBC a été un partenaire privilégié des Fintechs et consortiums, afin d’aider le secteur à évoluer et améliorer l’expérience client. Il y a cinq ans, HSBC a créé une équipe d’investissement stratégique dédiée à la recherche de nouveaux partenariats technologiques qui peuvent apporter de la valeur ajoutée à notre entreprise et pour nos clients. Un exemple récent est le partenariat entre HSBC et la Fintech Bud, dont la plateforme d’openbanking aide les clients de détail à analyser leurs dépenses pour l’ensemble de leurs comptes.

Le travail de HSBC aux côtés des Fintechs peut prendre différentes formes, allant de partenariats et de consortiums (par exemple sur la Blockchain) à des investissements dans celles-ci, comme l’entreprise Kyriba, pour ne citer qu’elle. Notre stratégie n’est pas d’acquérir ces entreprises, mais de coopérer avec elles pour que chacun apporte à l’autre.

Quels processus d’innovation avez-vous mis en place ?

Antonio Simoes : L’innovation est un sujet important pour nous. Alors que les baby-boomers transmettent leur patrimoine à la génération suivante, les gestionnaires de patrimoine doivent se réinventer. Dans un secteur en mutation permanente tel que le secteur bancaire, les entreprises doivent continuellement s’améliorer si elles veulent rester pertinentes pour les clients.

Chez HSBC Private Banking, nous avons récemment nommé une responsable de l’innovation possédant une vaste expérience dans les partenariats Fintech, la mise en commun des connaissances et les technologies émergentes. Son équipe va créer un cycle d’innovation, introduire des Fintechs dans notre écosystème et proposer des offres basées sur les nouvelles technologies.

Commencer à utiliser la plateforme « Aladdin Wealth » de BlackRock cette année a également été un grand pas en matière d’innovation. Nous sommes la première banque à proposer les fonctions de cet outil aux clients individuels fortunés du monde entier. Cela améliorera nos capacités d’analyse financière, de composition de portefeuille et de gestion des risques, au profit de nos clients.