En ce début d’année,  les marchés se placent sous des auspices favorables. Le Dow Jones a franchi le cap des 25 000 points. A travers le monde, les indices actions ont battu des records. La bonne tenue de l’économie mondiale semble se confirmer de mois en mois. En parallèle, plusieurs risques se manifestent. 

Des risques bien identifiés

Les indicateurs de mesure vont tous dans la même direction : les services, l’industrie et la consommation restent bien orientés. Les risques sont identifiés : la dette, surtout la dette publique, continue de croître, le pétrole a subi une hausse de 60% en 6 mois et et la croissance chinoise pourrait désormais faiblir. Sur les marchés, un risque bien identifié est « valorisé » par les investisseurs.  Il ne représente pas réellement un problème. 

Les différentes analyses des sentiments du marché concluent toutes à une absence de stress de la part des intervenants sur les marchés financiers. 2018 se situe dans l’exact lignée de 2017. La volatilité des marchés est très basse. Les écarts quotidien de performance sont très limités et ce, quel que soit les classes d’actifs ou les supports. Dans les périodes de doutes ou de tensions sur les marchés, il n’est pas rare de constater des baisses de trois à quatre pour cent sur des titres ou des indices sur certaines journées.

Baromètre de la peur

Pour mesurer cette volatilité, un baromètre a été mis en place. Il s’agit de l’indice VIX, aussi appelé « baromètre de la peur ». Lorsqu’il est  élevé, il traduit le doute des investisseurs qui n’hésitent pas à sortir massivement d’un support. Depuis début 2018, l’indice VIX, après une année 2017 déjà orientée à la baisse, a encore accru son mouvement baissier : il est au plus bas depuis sa création en 1990 ! Cela traduit de la part des investisseurs une absence quasiment totale de perception de risque.

Autant les risques « économiques » semblent connus et donc maîtrisés … autant les risques politiques semblent s’amonceler un peu partout dans le monde. Vu le niveau du VIX, les intervenants ne semblent pas avoir pris en compte ne serait-ce que partiellement une incertitude quelle qu’elle soit. En Europe, l’Allemagne n’a pas de gouvernement depuis plusieurs semaines, des élections législatives déterminantes en mars se dérouleront en Italie, le Brexit va entrer dans une période de négociations difficile. 

Ajoutons à cela la situation en Corée du Nord, et ses nombreux soubresauts ces derniers mois. Au niveau international, la situation au Moyen-Orient reste tendue, les relations entre Xi Jinping et Donald Trump se corsent de plus en plus, l’Amérique Latine va aussi connaître plusieurs élections présidentielles en 2018.

Risque politique et tendance du marché

Le risque politique est, par nature, difficile à estimer. L’une des craintes possibles face aux risques listés plus haut  serait qu’il commence à se matérialiser et vienne à générer une incertitude sur l’économie d’un pays ou d’une zone importante. Dans ce cas, il est probable que les investisseurs entrent alors dans un cycle de recherche de protection. Ce mouvement serait d’autant plus sensible que les marchés évoluent en ce moment sur des niveaux records. Il n’est donc pas impossible courant 2018 que les marchés traversent une période de stress… même si a priori aucun risque politique actuel n’est « systémique » et ne devrait donc pas inverser la tendance de croissance économique que nous connaissons en ce moment.

En termes d’allocations d’actifs, nous recommandons par conséquent de garder un poids action dans les portefeuilles pour profiter de la dynamique de croissance, de limiter le poids en obligation qui ne rapportent pas beaucoup et de conserver un montant de cash significatif pour faire des achats ciblés lorsque la période de stress apparaîtra avec les opportunités que le moment apporte. Le marché ne pourra pas progresser de 1% par jour pendant toute l’année 2018 !