Le Défenseur des Droits présente une campagne contre le harcèlement sexuel au travail. Avec un chiffre clé : une femme sur cinq. Un chiffre tiré d’une étude Ifop selon laquelle une femme sur cinq a déjà été victime de harcèlement sexuel au travail. Cette opération diffusée sur les réseaux sociaux s’appuie sur des témoignages pour permettre aux femmes d’identifier les cas de harcèlement sexuel. La campagne a également pour objectif de donner aux femmes toutes les informations nécessaires sur leurs droits et les moyens mis à leur disposition pour se défendre.

Prévenir, alerter, réagir. Trois piliers de la campagne de sensibilisation lancée par le Défenseur des droits mi-février : Une femme sur cinq. Sur son lieu de travail ou dans sa vie professionnelle, une femme sur cinq est victime de violences sexistes ou de harcèlement sexuel, selon une étude réalisée par l’Ifop. Une proportion insupportable qui pousse l’institution indépendante et son représentant Jacques Toubon à s’activer. Profitant des mouvements « Me Too » et « Balance ton porc » qui ont succédé l’affaire Weistein, le Défenseur des droits lance également son opération sur les réseaux sociaux. Une campagne largement équipée en témoignages pour permettre aux victimes de repérer les situations problématiques qu’elles subissent parfois sans réaliser qu’il s’agit de harcèlement sexuel ou de violence sexiste.

« Tous les vendredis il répétait : allez les filles, c’est le week-end, faites monter la température ! » Ceci est un cas de harcèlement sexuel au travail, indique l’affiche. Des exemples accompagnés d’informations sont disponibles sur les réseaux derrière le mot-dièse #UneFemmeSurCinq ou sur le mini site monté à cette occasion par le Défenseur des droits. L’institution commence par rappeler la loi, celle du 6 août 2012. « Dans la loi, il existe deux types de harcèlement sexuel : les propos ou comportements à connotation sexuelle non désirés et répétés et une pression grave dans le but, réel ou apparent, d’obtenir un acte de nature sexuelle. »

Trois ans de prison et 45 000 euros d’amende

Propos, gestes déplacés, messages… Tout est listé pour faire en sorte que les victimes – et leurs agresseurs ? – prennent conscience que ces faits sont punis par la loi de deux à trois ans d’emprisonnement et jusqu’à 45 000 euros d’amende si les faits sont commis par “une personne qui abuse de l’autorité que lui confère ses fonctions”

Problème, rares sont les victimes à porter plainte ou se faire aider et accompagner. Or, les personnes subissant des situations de harcèlement sexuel sont également celles qui subissent un rapport hiérarchique et se trouvent en situation précaire. Et pour cause, 40% des femmes qui s’expriment et dénoncent de tels comportement subissent des répressions professionnelles, voire la perte de leur emploi, a indiqué à L’Humanité une avocate.

Point par point, le Défenseur des droits indique aux victimes la marche à suivre : « rédiger un compte rendu chronologique des faits », « recueillir des éléments de preuve » tels que des messages ou des témoignages, « dénoncer les agissements » en alertant l’employeur, en saisissant le Défenseur des droits ou en portant plainte. Avant cela, plusieurs référents peuvent être à l’écoute et donc aider la personne harcelée : le médecin, le délégué syndical, l’inspection du travail, un avocat, une association.