Parfumeuse chez Robertet depuis quinze ans, Sidonie Lancesseur est à l’origine de nombreux parfums « à succès » comme This is her de Zadig & Voltaire, ou encore Incense Oud et Cruel Intentions des parfums By Kilian. La jeune femme, qui ne cache pas son penchant pour les fragrances boisées et épicées, renouvelle sa collaboration avec Bon Parfumeur avec 303. Rencontre nez à nez.

Sidonie Lancesseur est entrée dès le début de sa carrière chez Robertet où sa rencontre avec Michel Almairac a transformé son goût pour les formules courtes. Elle prône l’élégance et l’authenticité naturelle dans ses créations. Pour elle, chaque matière première doit trouver sa place et les parfums sont utilisés pour matérialiser les émotions et les souvenirs. Pour sa dernière création, 303 de Bon Parfumeur, elle nous entraîne jusqu’aux confins de l’orient avec un bel ambré dont les notes de résine et de vétiver apportent dans son sillage un côté « fumé, voire minéral ».


Comment choisissez-vous vos clients ?

Je travaille chez Robertet à qui s’adressent des clients – comme ici Bon Parfumeur – qui souhaitent fabriquer un parfum. IL ne s’agit pas tant de choisir mais de savoir collaborer. Dans ce cas précis, la maison Bon Parfumeur donne libre cours à mes envies, sans brief et sans formatage. C’est très agréable.

Un brief, cela peut être par exemple un « féminin sucré » sur lequel on vous demande de plancher ?

Oui mais je ne classe pas les parfums selon un genre. J’ai déjà eu des surprises et c’est pour cela que je ne veux pas les présenter comme un féminin ou un masculin. Par exemple, je connais plein de femmes qui mettent Terre d’Hermès  comme je connais aussi des hommes qui portent des parfums à la rose. Si je peux éviter de genrer.

Comment sait-on que le parfum est terminé ?

C’est un travail avec le client. Mais c’est pour moi assez dur : en fait je pourrais le travailler indéfiniment. Je peux me dire qu’il est fini et le laisser un peu de côté pour travailler d’autres briefs pour d’autres commandes, et puis on le reprend pour s’apercevoir qu’entre-temps avec le recul on a de nouvelles idées !

Comment travaillez-vous votre inspiration ?

En ce qui me concerne, par association. J’ai des images, des couleurs dans ma tête que je transpose ou associe à des senteurs. Pour mon dernier parfum 303 de Bon Parfumeur, j’ai vu un ambre que j’ai eu envie d’associer avec du rouge. Et cela démarre ainsi.

Avez-vous des marottes dans vos créations ?

Je suis attirée par les ambres. C’est une évidence. Avec le goût pour les parfums chauds et épicés qui cultivent une certaine idée de la sensualité.

parfum BON PARFUMEUR 303