On sait tous que les nouveaux médicaments sont testés sur les hommes seulement. Ce que l’on sait moins c’est que les villes, leurs lieux publics et les transports en commun sont le plus souvent calibrés sur le Modulor. Un personnage de 1,83 mètre crée par l’architecte Le Corbusier.

Mais qu’est-ce que le Modulor


C’est une notion architecturale inventée en 1945. Une silhouette humaine de 1,83 mètre standardisée servant à concevoir l’aménagement et la taille des habitations et de leurs environnements urbains. Cette silhouette standardisée devait permettre, selon l’architecte, un confort maximal adapté à la morphologie humaine. Un standard loin de la taille moyenne des femmes en France qui est de 1,65 mètre.

Les investissements sont-ils orientés vers le confort urbain des femmes ?

C’est assez rare, car trop souvent lorsqu’il y a un budget celui-ci est alloué à un terrain de  basket ou un skatepark, des loisirs essentiellement masculins. Des projets loin des femmes qui en ville et dans les transports en commun doivent souvent se faire discrètes pour ne pas dire invisibles. D’après une étude Ined 25% des femmes âgées de 20 à 69 ans se disent avoir été victimes d’une agression sexuelle au cours des douze derniers mois. Il serait donc temps de demander aux femmes quels sont les investissements qui leur rendraient la vie plus insouciante dans la ville et dans les transports en commun.

Des transports en commun pensés par et pour les hommes

Si la poignée ou barre de plafond à laquelle vous vous accrochez dans les transports en commun a été pensé pour un homme de 1,83 mètre, et, si vous mesurez 1,65 mètre, c’est évident qu’il vaut mieux éviter de porter une jupe. Et si vous êtes accompagnée d’une poussette, de vos enfants ou d’une personne âgée, alors là c’est souvent contorsions et mission impossible. Enfin sur certaines lignes modernes avec des accélérations et décélérations brutales, se maintenir debout avec des talons devient aussi mission impossible.

Aujourd’hui les villes ne sont pas apaisantes pour les femmes

Bien évidemment pour une femme le parcours en ville n’est pas un long fleuve tranquille.  Elle va devoir s’habiller en fonction de l’heure de sa sortie ou de son retour chez elle.  Elle va aussi devoir éviter de prendre telle ligne de métro ou telle rue trop calme, ou trop agitée, et cela en fonction de l’heure ou du jour. Rue ou ligne de métro pouvant être sécurisante en journée ou en semaine, mais pas le soir ou le dimanche. Il sera aussi difficile pour une femme de faire une pause dans un parc pour profiter du soleil, ceux-ci étant assez souvent squattés par des garçons. Des lieux de détente qui peuvent être assez souvent anxiogènes, avec quelquefois des recoins empestant l’urine, ou alors livrés aux trafics.

Quelles solutions

Tout d’abord installer dans les rues sombres ou étroites des lampadaires intelligents avec intensité adaptée aux mouvements. Ensuite, faire un classement des lignes de métro et des rues en fonction de la dangerosités pour les femmes. Cela inciterait les habitants et commerçants des rues mal classées à reprendre en main leur voisinage. Et repenser un mobilier urbain qui ne puisse être détourné de ses objectifs et qui ne gêne pas le passage des poussettes, des handicapés et de tous ceux qui ne sont pas au standard du Modulor. Enfin pour paraphraser si vous voulez qu’une chose soit dite demander le à un homme, mais si vous voulez qu’une chose soit faite, demander le à une femme, les femmes doivent être plus impliquées dans l’aménagement urbain dont les transports en commun, car c’est essentiellement elles qui souffrent d’une intranquillité qui les font souvent planifier leurs sorties et trajets avec inquiétude.

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