Aujourd’hui encore, ce sont majoritairement les hommes qui disposent des leviers du changement. De façon inconsciente, ou volontaire, suivant des traditions culturelles innées et des pressions sociales, les femmes ne sont pas assez présentes là où elles peuvent être moteur et avoir un impact. Un phénomène omniprésent dans le secteur de la tech, qui fait l’objet de nombreuses initiatives en faveur de la mixité.

Dans les années 50, les femmes représentaient 30 à 50% des effectifs dans le secteur de l’informatique. Leur rôle a d’ailleurs été prépondérant dans le développement des logiciels, de la programmation et du wifi. On l’oublie trop souvent mais le premier programme a été créé par une femme, Ada Lovelace, en 1843. S’est ensuivie une exclusion des femmes du secteur de la tech est toujours bien présent aujourd’hui. Pour se projeter dans les métiers de la tech, les jeunes filles ont besoin de voir réussir des femmes qui leur ressemblent. La mixité dans la tech n’est pas seulement l’affaire des femmes. C’est une question de société qui impacte notre quotidien. Un monde technologique exclusivement masculin ne pourra pas répondre aux besoins et exigences de notre présent et de notre futur.

L’empowerment des femmes, nécessaire pour transcender la tech

Pour le Women’s Forum for the Economy & Society, dont le thème fédérateur cette année était « Taking the lead for inclusion », le G7 a été l’opportunité de mettre en lumière le rôle que les femmes peuvent et doivent jouer pour créer un monde plus juste et plus inclusif. Il y a urgence pour que les femmes, qui ne contribuent qu’à 34% de la création de richesse mondiale, puissent accéder aux métiers du futur, qui en réalité sont déjà les métiers d’aujourd’hui. Les STEM (Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques) et pas seulement le numérique, sont au cœur de cette transformation. Il s’agit d’une question de justice, d’équité, mais aussi de performance économique : 240 millions d’emplois peuvent être créés d’ici 2025 et 28 trilliards de dollars ajoutés au PIB mondial si les femmes et les hommes sont représentés à part égale. Plus de leadership féminin dans la filière tech est synonyme de croissance, d’innovation, de créativité, de richesse, d’attractivité et de compétitivité.

Les disciplines STEM (Sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) sont au cœur des métiers du futur car elles prospèrent et apportent une réelle plus-value et des solutions innovantes aux problèmes d’aujourd’hui et de demain. Créé il y a 15 ans, le Women’s Forum est une plateforme d’influence globale qui a pour ambition de porter la voix, la vision, et la valeur ajoutée des femmes dans le monde entier. La féminisation des filières technologiques est une priorité pour le Women’s Forum et ses partenaires dans toutes les réflexions et au sein des Daring Circles, conçus pour mener des actions concrètes en faveur de l’empowerment des femmes dans différents domaines. Aujourd’hui, la faible représentation des femmes dans les professions STEM est un gigantesque manque à gagner en matière de croissance économique, d’innovation, de diversité de contenu et de créativité. L’égalité entre les femmes et les hommes à tous les niveaux est d’ailleurs une pierre angulaire de l’Agenda 2030 des Nations Unies adopté en 2015.

La France est souvent exemplaire dans la promotion de l’égalité femmes-hommes, notamment championne du monde en nombre de femmes dans les conseils d’administration. Elle se doit d’être pionnière au regard du nombre de femmes dans la tech, afin d’être ainsi à la pointe de l’innovation et faire face aux défis du futur. Si la mixité doit s’appliquer à toutes les échelles, elle commence par l’entreprise et l’adoption de stratégies d’inclusion adaptées au secteur si particulier de la tech.

 

Booking.com, le bon élève de la mixité

Si les femmes trouvent l’univers de la tech attractif et qu’elles ont une vision positive de son potentiel, les obstacles restent présents, à l’image des préjugés au cours du processus de recrutement, la composition actuelle des membres de l’industrie ou encore le manque de modèles féminins visibles et de femmes aux postes à responsabilité. « Les femmes restent largement sous-représentées dans le secteur des technologies », explique Gillian Tans, CEO de Booking.com. « L’optimisme et l’ambition que montrent les femmes dans le monde entier pour réussir dans le domaine de l’information et des technologies est une véritable source d’inspiration, surtout lorsqu’elle provient des plus jeunes générations qui considèrent qu’une carrière dans la tech peut répondre à leurs aspirations, qui sont particulièrement élevées ». Pour Gillian Tans, les changements sociaux et économiques sont induits par la technologie, et si les femmes continuent d’être sous-représentées dans les rôles techniques, une grande fracture sociale pourrait s’approfondir et appuyer les stéréotypes sexistes présents dans le monde de la tech.

 

Gillian Tans, Présidente de Booking.com (Getty)

 

« C’est une problématique bien réelle et nous devrions tous nous inquiéter de l’avenir. C’est la raison pour laquelle Booking.com en a fait une de ses priorités. Nous avons 20 % de femmes dans des postes techniques, nombre bien plus élevé que dans la plupart des entreprises. Un nombre que nous arrivons à augmenter chaque année, au gré de grands efforts ». C’est sous la direction de Gillian Tans que Booking.com est passé d’une petite start-up néerlandaise à un leader mondial du voyage et du tourisme, faisant progresser ses activités dans plus de 224 pays et territoires. Si l’ascension des femmes à des postes de direction et à des postes techniques peut être attribuée au changement de génération, le parcours de Gillian Tans montre que la culture d’entreprise peut également être la clé de l’évolution d’une carrière.

 

<<< À lire également : La tech et les femmes, une alliance efficace selon Sophie Viger >>>