Avec un salaire qui diminue d’environ 5 % par enfant et dont la baisse persiste pendant au moins cinq ans après la naissance, les femmes sont plus affectées que les hommes par une naissance dans leur parcours professionnel. Les derniers chiffres de L’Insee Analyses n°48* détaillent cette inégalité aux conséquences inacceptables.

On sait que l’arrivée d’un enfant chamboule notre vie, mais les dernières données chiffrées de l’Insee tendent à prouver que cela affecte directement et durablement la « trajectoire professionnelle » des mères – plus que celle des pères – et ce, plus particulièrement chez les femmes qui ont les salaires les plus bas… car, «  si les ménages semblent s’ajuster aux incitations financières, les mères aux salaires les plus faibles sont les plus incitées à réduire leur activité ». Une double peine qui s’allonge avec le nombre croissant d’enfants.

Entre les cessations définitives, les interruptions temporaires et les réductions d’activité professionnelle – dont le fameux passage à temps partiel pour s’occuper des enfants – qui jalonnent la « trajectoire professionnelle » des femmes qui ont des enfants, on constate une baisse entre 5% et 25 % de leurs revenus salariaux au bout de 5 ans. Des chiffres qui atteignent 40 % chez les plus bas salaires. Ces baisses, qui épargnent les pères, sont également tributaires du nombre d’enfants. Avec, parmi les premiers constats que fait l’Insee, certaines aides financières qui pourraient encourager la réduction d’activité, en particulier chez les bas salaires comme «  la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE) » qui octroie « une aide financière de compensation ». Ainsi, pour aider à résorber l’effet négatif de la maternité sur la carrière des femmes, le rapport indique qu’un accroissement de l’offre de services liés à la petite enfance, avec des prestations familiales qui ciblent la baisse du coût de la garde, serait un des moyens les plus efficaces, plutôt que le maintien du niveau de vie en cas de réduction d’activité.

En Norvège, le rapport Andresen et Nix (2019) suggère à cet égard qu’étendre le congé paternité est moins efficace que de développer les services liés à la petite enfance.

*L’Insee Analyses n°48