Le réseau d’incubateurs Les Pionnières change de nom et devient Les Premières à partir du mardi 25 avril. Sous ce changement d’identité, une ambition d’aller plus loin, avec plus de moyens.

Après 12 ans d’existence, le réseau Les Pionnières devient Les Premières pour assumer un changement d’envergure : « On a démarré sur un modèle de niche, raconte Frédérique Clavel, la fondatrice des Pionnières, qui ne travaille plus sur le projet depuis. Le réseau compte aujourd’hui une quinzaine d’incubateurs. Il peut devenir un outil national pour la promotion de l’entrepreneuriat féminin », confie-t-elle aux Echos. « Nous étions à l’époque les premières à explorer le thème de la mixité dans l’entrepreneuriat. Il est temps pour nous de faire grandir le modèle », explique Claire Saddy, présidente des Pionnières. Le réseau, qui comptabilise 800 projets depuis sa création, revendique un taux de pérennité de 85 %, trois ans après la création de l’entreprise. Leur point fort ? L’accompagnement individuel. « Les mentors suivent les projets de A à Z, pendant toute la création d’entreprise. Et nous privilégions l’humain à l’idée, que l’on peut toujours faire évoluer », révèle la présidente. 


Nouvelle ambition, nouveaux moyens

Dès son arrivée il y a deux mois, Claire Saddy a mis en place une école un peu particulière sur l’ensemble du réseau. « C’est une formation pour apprendre aux femmes à se vendre, explique-t-elle. Les entrepreneures ont tendance à se dévaluer. On répond à ce problème ». Une école digitale est également au programme, pour digitaliser les business modèles et attirer les talents féminins dans le milieu de la tech, « tout simplement parce que c’est accessible ». Les Premières veulent s’attaquer aussi aux entrepreneures des zones rurales avec Bridge for Billions, un outil d’accompagnement digital pour lequel elles doivent encore trouver quelques sponsors. « Certes, il y a une concentration d’entrepreneures dans les grandes métropoles, explique Claire Saddy. Mais, c’est le moment d’aller toucher des femmes beaucoup plus isolées. » Fort de 15 structures, en France métropolitaine mais aussi au Maroc, en Guyane, à Bruxelles et au Luxembourg, le réseau compte ouvrir de nouvelles antennes à Nice, Grenoble et Dijon avant la fin de l’année.

Paris Pionnières

La séparation d’avec Paris Pionnières est actée : « Nous avons grandi à des rythmes différents, justifie Marie Georges, la nouvelle présidente de l’incubateur parisien. Paris est un écosystème plus mature que le reste de la France, très poussé vers l’innovation. Notre stratégie s’est donc éloignée de celle de la Fédération.» Pour l’instant, il est prévu que Les Premières continuent d’accueillir des entrepreneures au sein de leur siège parisien, dans le 13ème arrondissement, avant d’ouvrir leur propre structure avant la fin de l’année à Paris également.