Harcèlement de rue : Une étude de l’Ined, menée auprès de plus de 27 000 personnes en 2015, est publiée ce jeudi 7 décembre. Elle révèle que les violences ressenties sont omniprésentes. Et les jeunes femmes sont les premières victimes de comportements inacceptables dans l’espace public.

C’est presque sans un haussement de sourcil que l’on recevrait l’étude réalisée par l’Institut national des études démographiques (Ined). Sans surprise, les jeunes femmes, dans les grandes villes, sont les premières victimes de comportements violents ou inacceptables subis dans l’espace public. Ce que l’on appelle désormais le harcèlement de rue. Rien d’étonnant, malheureusement, car comme le rappelle Libération, il y a deux ans, le Haut Conseil à l’Egalité révélait que 100% des femmes avaient été victime de harcèlement sexuel au moins une fois dans leur vie dans les transports en commun.


Qu’en est-il cette année ? Publiée ce jeudi 7 décembre, l’enquête Virage de l’Ined, a été menée auprès de 27 268 personnes, 15 556 femmes et 11 712 hommes de 20 à 69 ans. Des résultats à mi-parcours, les résultats définitifs seront dévoilés en novembre 2018, montrent déjà une tendance : la violence ressentie est partout, mais « les femmes et les hommes ne sont pas égaux et ne subissent pas le même fait », indique l’Ined.

Un quart des femmes victimes de violence sexuelle

Les participants ont été exposés à la même question : Avez-vous subi des violences verbales, physiques ou sexuelles ? Réponse, au cours de l’année écoulée, un quart des femmes déclarent avoir subi, au moins une fois, des sifflements (20%), des insultes (8%), ont été suivies (3%), ont subi un pelotage ou un baiser forcé (2%), des propositions sexuelles insistantes (1%) ou de l’exhibitionnisme (1%). De leur côté, les hommes subissent moins fréquemment des violences sexuelles (6%) et physiques (4%). Ente 20 et 69 ans, le viol et les tentatives de viol concernent 0,9% des femmes et 0,3% des hommes.

Disparités entre les femmes et les hommes, mais aussi en fonction de l’âge et de la situation géographique. Ainsi, les jeunes femmes de 20 à 24 ans, vivant dans des grandes villes sont particulièrement visées. 40% d’entre elles déclarent avoir subi une « drague importune », et 14% du harcèlement, voire des atteintes sexuelles. En Île-de-France, ces pourcentages explosent à 68 et 34%, contre 17 et 9% en zone rurale.

Si les faits sont là, la gravité qui leur est accordée varie entre les femmes et les hommes. Selon l’Ined, un tiers des hommes ayant déclaré une situation de harcèlement la jugera grave, contre 70% chez les femmes (45%), relaye La Coix.

Rappelons que cette étude a été réalisée en 2015, avant l’affaire Weinstein. Hier, le magazine américain Time a décerné le titre de « personnalité de l’année » à celles qui ont « brisé le silence » et contribué à lancer un mouvement.