Manque de mixité dans la voile professionnelle ? Les formations Leyton & The Magenta Project initiées par le skipper Sam Goodchild ont pour objectif de favoriser l’accès aux femmes à la course au large en multicoque. Rendez-vous pris à la Trinité-sur-Mer pour la première de leurs cessions.

 

A la Trinité-sur-Mer, sous une pluie battante qui ne gâche rien à l’effervescence qui règne à bord, trois jeunes femmes déjà aguerries à la voile de compétition se concentrent avec le reste de l’équipage sur les dernières préparations du multicoque Ocean Fifty Leyton avant la traversée qui durera 24 heures. A quelques minutes du départ, le skipper Sam Goodchild fait le point avec son équipe composée à part égale d’hommes et de femmes. Une mixité parfaite qui prend sa source dans le programme de l’association Magenta Project. « Ce projet est né avec Leyton* et Sam Goodchild qui ont fait appel à nous pour penser et organiser cette envie » explique l’une de ses représentantes, la navigatrice Elodie-Jane Mettraux, avant d’ajouter « Leyton apporte de la mixité sur le bateau pour être cohérent avec leur politique d’égalité au sein de l’entreprise car c’est leur écosystème. ». Au total, 34 femmes de 9 nationalités ont postulé pour participer à ce projet qui permet d’acquérir de l’expérience tant sur la logistique que sur le fonctionnement d’un multicoque : «  Nous n’avons pas assez d’opportunités sur ce type de bateau, cette expérience nous donne la possibilité d’enrichir notre CV, cela nous permet de nouer des contacts  et surtout d’être plus légitimes » réagit Cassandre Blandin, l’une des trois lauréates, une jeune navigatrice sablaise prometteuse issue de la voile olympique. Si la participation des femmes dans la voile olympique atteindra la parité aux JO de Tokyo, la voile professionnelle est encore dominée par les hommes. Manque de formations ? De réseaux ? « Il n’y a pas de femmes sur l’America’s Cup alors qu’il ne manque pas de talents féminins. Entre deux compétences on choisit toujours les hommes dont la force physique est un élément qui compte, alors qu’en réalité il n’y a des postes à bord, à la barre, à la tactique et à des postes de réglage qui exigent surtout de la rigueur dans ses observations et une envie d’aller vers la performance : et ça les femmes en sont autant capables que les hommes ! » rappelle Elodie-Jane Mettraux.

 

Deux autres formations sont programmées pour les mois de juillet et septembre, en Méditerranée et au Royaume-Uni, pays de naissance de Sam Goodchild qui souligne à quel point la mixité est génératrice de performance : « c’est important d’avoir des profils variés, pour que chacune et chacun apporte son expérience et qu’on puisse apprendre les uns et des autres. Chaque personne compose avec ses forces et ses faiblesses, c’est ce qui est passionnant. ». Des figures féminines qui réussissent, c’est également la possibilité d’offrir un modèle aux jeunes filles. Les formations Leyton et Magenta sont ouvertes à toutes les femmes qui souhaitent s’engager dans la course au large… et dont la motivation est chevillée au corps. « La motivation ne manque vraiment pas chez les navigatrices comme les navigateurs, mais il y a chez les femmes une forme de de persévérance dans la création des opportunités ; à ne pas se laisser décourager, ne pas lâcher. » rappelle Cassandre Blandin.

*Fondé en 1997, Leyton est un cabinet de conseil international dont les équipes à travers le monde sont spécialisées dans le développement économique, écologique et social des entreprises.

 

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