A l’heure des grands bouleversements planétaires, la Maison Goralska, portée par la femme d’affaires et philanthrope Corinne Evens, se distingue par son authenticité, son engagement citoyen et un style audacieux.

 

Corinne Evens fondatrice de la Maison joaillerie Goralska
Corinne Evens fondatrice de la Maison joaillerie Goralska

Au numéro 12 de la rue de la Paix, la nouvelle boutique d’une Maison de joaillerie attire l’attention : bienvenue chez Goralska – « Goral » en sémitique « Destin » et « ska » du slave « féminité ». Dans ses vitrines, les diamants aux formes sinueuses, organiques, atypiques séduisent une clientèle en quête de modernité et d’ouverture sur le monde. Des créations, somptueuses et très originales, comme la bague « Pensée » qui laisse virevolter une perle de Tahiti dans un cercle d’or. Elles sont le reflet d’émotions puissantes, à l’image du cœur de la femme. Bien plus que des simples bijoux, la minéralité brute et sublimée de chaque création revisite les figures imposées de la joaillerie traditionnelle. Bercée par la poésie structurelle des pierres, Corinne Evens, issue d’une grande famille de diamantaires et fondatrice de la Maison Goralska, souhaite réinventer la façon de consommer les diamants : « Je vois dans ces bijoux non pas le luxe de l’objet, mais la force de la matière » explique cette amoureuse des grands espaces, en particulier de l’Afrique subsaharienne. Une joaillerie « nomade » qui mêle des matières comme l’onyx mat, la chalcopyrite ou le quartz, comme une invitation à voyager, mais qui vise également à « faire prendre conscience aux femmes de leur rôle de citoyennes du monde ». Pour cela, elle veille scrupuleusement à ce que les diamants ne proviennent pas de zones de conflit avec un sourcing éco-responsable des matières premières.

En créant la Fondation Evens, mes parents voulaient redonner quelque chose à la société, mais aussi éviter que l’histoire ne se répète.

Mais pas seulement… la Maison vient de créer le « Prix de la créatrice Goralska » pour aider les jeunes étudiant(e)s – issu(e)s du continent africain – à lancer leur collection. Une récompense qui s’ajoute au « Prix de la femme Goralska » qui encourage depuis cinq ans « les actes, les convictions et le travail qui participe à l’amélioration de sa communauté et donc au bien-être de l’humanité ». Des valeurs de justice sociale, et d’espérance pour un monde que Corinne Evens souhaite résolument meilleur. « Certaines pièces racontent une histoire forte et douloureuse » explique-t-elle en revenant sur les chemins tortueux qui l’ont amenée à créer son « labyrinthe de l’âme », dont le graphisme grillagé fait allusion aux camps de concentration. « Les bijoux rappellent le chemin que l’on parcourt parfois pour se retrouver, découvrir qui nous sommes » ajoute celle dont les parents d’origine juive de Varsovie ont dû fuir -à vélo- l’envahisseur nazi en se réfugiant à Anvers en 1939. L’engagement et l’audace pour construire le monde de demain : ainsi pourrait-on résumer la Maison joaillière qui conformément à ses engagements, reverse une partie de ses bénéfices à des organisations humanitaires et à sa fondation destinée à soutenir les projets qui encouragent les peuples et les nations à vivre ensemble avec des programmes culturels, des réflexions sur des sujets contemporains comme la citoyenneté ou l’importance d’un journalisme libre. « En créant la Fondation Evens, mes parents voulaient redonner quelque chose à la société, mais aussi éviter que l’histoire ne se répète », explique Corinne Evens. Porter un bijou Goralska, c’est comme conserver un talisman… ou un totem bienfaisant.

 

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