Si le masque chirurgical à usage unique fabriqué à grande échelle répond à l’urgence sanitaire du coronavirus, sa fabrication polluante et non dégradable pose la question de l’écologie. Industriels, chercheurs et designers fourmillent d’idées pour imaginer le masque de protection de demain.

 


La pollution par les masques chirurgicaux, produits en milliards d’unités à travers le monde, commence à inquiéter. D’une part avec sa production, qui utilise le meltblown (un dérivé du plastique) pour filtrer les virus mais aussi par le manque de civisme d’utilisateurs qui jettent par terre leurs masques. Les éboueurs ont d’ailleurs exprimé leur exaspération par le biais de leur compte Twitter: « Aucun respect. Nous sommes éboueurs mais nous avons une famille. Ce n’est pas compliqué de jeter ça dans une corbeille de rue ?». Des déchets (masques, gants mais aussi parfois surblouses) laissés n’importe où et dont la souillure met en danger les agents d’entretien. Régis Vieceli, secrétaire général du syndicat CGT du nettoyage de la Ville de Paris  explique dans Le Figaro,  que « ce genre de matériel médical peut être souillé par le virus .». Un risque qui prend une tournure écologique quand leurs déchets finissent dans la mer : récemment sur l’île de Soko à Hong Kong, des militants écologistes ont récolté des centaines de masques venus s’échouer sur les plages, fragilisant l’écosystème présent.

 

Masque 100% biodégradable

En France, des start-up industrielles de développement durable ont déjà adapté leur production à cette nouvelle demande. La maison Géochanvre, qui produit sans déchet du textile à base de chanvre, lui-même récolté sans pesticide, a multiplié par trois sa production journalière de masques 100 % Made in France biocompostables. Certains designers planchent sur la réalisation d’un masque biodégradable, non polluant mais protecteur contre le virus. Des Américains du Sum Studio ont ainsi créé une protection faciale en cellulose. Cette matière contenue dans la membrane des cellules végétales n’est pas nouvelle dans la fabrication de papier et de textile, notamment pour ses vertus d’absorption et de résistance. Si les performances de filtrage de ce « bio masque » sont, selon les concepteurs, supérieures aux masques FFP2, sa fabrication est encore complexe et longue. Sa production à grande échelle pour les besoins d’une pandémie mondiale n’est pas encore envisageable. Pas plus que la création d’une artiste finlandaise qui a imaginé un masque intégrant les lunettes de soleil. Des idées au design aérien presque futuriste qui donnent un avant-goût de notre quotidien dans les années à venir si nous sommes amenés à vivre longtemps avec le virus.

Masque High Tech

A l’étude en ce moment, un masque facial qui pourrait détecter si le porteur est infecté par un coronavirus. Des travaux menés depuis six ans contre les virus Zika et Ebola par des chercheurs de Harvard et du MIT incluent désormais le covid-19. Ce masque deviendrait fluorescent lorsque la salive entre en contact avec le tissu, que ce soit par la toux, les éternuements ou tout simplement en parlant si un coronavirus est présent. Jim Collins, qui fait partie de l’équipe des scientifiques, a confié à Business Insider US que “Lorsque nous rouvrirons nos voies de communication, ce masque pourrait être utile dans les aéroports, aux contrôles de sécurité et lorsque nous attendons de prendre l’avion“.