La Maserati Ghibli Hybride est la première voiture ornée du célèbre trident à inviter la fée électricité dans son moteur. S’il ne fait plus aucun doute que l’avenir de l’automobile passe par l’hybridation, la vision de Maserati semble préserver ses gènes sportifs. BERNARD LOIRE, directeur commercial monde de la marque, nous expose en toute transparence la feuille de route du constructeur de Modène. L’occasion également d’essayer cette Ghibli qui déclenche déjà les foudres de certains. A juste titre ?

Maserati Ghibli Hybride

Une identité préservée

En équipant sa berline sportive Ghibli d’un moteur quatre cylindres essence, Maserati a pris le risque de perdre son image de ‘noble mécanique’. Avec l’adjonction d’un compresseur électrique (entraînant le turbo à bas régime), c’est la solution Mild-Hybrid (MHEV) qui a été adoptée. Certes, sur le papier la proposition peut effrayer, mais il ne faut pas tirer de conclusions hâtives. Les ingénieurs italiens ont eu à cœur de préserver l’ADN MASERATI, le plaisir de conduite. Les 330cv sont distillés suivant l’humeur du conducteur. A bas régime la voiture se fait douce, confortable, presque discrète. Les passages de rapports sont souples et on peut profiter tranquillement du bel environnement luxueux et technologique de l’intérieur. A l’inverse lorsque le mode sport est enclenché et que l’on emmène la belle italienne dans les tours, c’est une autre mélodie, la diva se réveille ! Toute la sportivité de cette Maserati se révèle pour le plus grand plaisir des occupants. Cette voiture a deux visages, elle sera douce ou diabolique, soyons rassurés, les gènes de la marque sont bien présents.

Bernard Loire

Les confidences de Bernard Loire

Depuis la création du groupe Stellantis, né de la fusion de PSA et FCA, l’avenir des marques de caractère comme Maserati est une question récurrente des amateurs. La première bonne nouvelle est sans doute la volonté de s’étendre sur des nouveaux secteurs. « Fin 2021 un nouveau SUV sera présenté, le GRECALE. Destiné à s’adresser à la plus grosse frange de la demande mondiale sur ce secteur, il sera situé en dessous du Levante ». Il aura la mission d’augmenter considérablement les volumes de vente. « Désormais à chaque nouveau modèle sera associée une version 100% électrique ».

Reste la question du choix du MHEV, alors que la plupart des constructeurs s’oriente vers le PHEV (hybride plug-in rechargeable) « C’est un choix volontaire pour retranscrire la performance Maserati. Les seuils de Co2 sont déjà en forte baisse sur la Ghibli et elle représente déjà 50% des ventes du modèle. De plus, Maserati ne peut pas déterminer ses choix par rapport à la fiscalité d’un pays mais par rapport à l’ADN de la marque. La technologie PHEV entrainant un surpoids qui changerait le comportement de la voiture ».
« Le marché du luxe est une niche très convoitée, désormais plus jeunes, les potentiels acquéreurs ont aussi une conscience écologique. Maserati doit concilier performance et design avec les motorisations qui seront soit électriques soit hybrides ».

Parmi les modèles à venir on notera l’arrivée du SUV Levante Hybride cet automne et on attend avec impatience les nouvelles Granturismo/Grancabrio 100% électriques annoncées pour début 2022. L’avenir du constructeur se dessine en 3 axes majeurs, tout d’abord l’offre étendue avec 8 nouveaux modèles d’ici 2024. Ensuite une volonté de capitalisation sur l’image sportive avec le retour de Maserati en compétition. Enfin deux axes de développement, avec les motorisations MHEV et Full électrique.
Bernard Loire l’affirme : « Restez connecté, les nouveautés vont pleuvoir dans les prochains mois et prochaines années. Je pense que Maserati va vous surprendre »

Maserati Ghibli Hybride

Maserati la locomotive sportive du groupe

Fin 2020, le lancement de la supercar MC20 avait presque surpris, avec son nouveau moteur V6 Nettuno purement thermique, elle semblait aller contre le sens de l’histoire. Mais en fait, ce nouveau fleuron annonçait, plutôt affirmait, le caractère bouillonnant du constructeur italien. Oui, Maserati reste et restera une marque d’automobiles sportives de luxe, et l’avenir le prouvera. Tout d’abord avec le GRECALE qui utilise (enfin !) la fantastique plateforme Giorgio développée par Alfa-Roméo puis avec les vingt déclinaisons prévues sur les huit nouveaux modèles. C’est bien un plan à long terme qui a été mis en place, et les nouveaux modèles devraient se révéler encore plus désirables. C’est bien là le but avoué, conquérir de nouveaux secteurs et sortir de cette image parfois un peu discrète. La plupart des constructeurs automobiles du secteur du luxe tirent leur épingle du jeu et affichent de très bons taux de rentabilité. Avec Maserati, Stellantis a investi fortement et mise sur une forte croissance des ventes de la marque. Passion et rentabilité vont donc devoir cohabiter sur la route du succès.

 

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