En matière de transition énergétique, la France montre-t-elle l’exemple ? La question va intéresser les 350 000 personnes qui se sont rassemblées pour une « marche pour le climat » dans 220 villes de France dans l’objectif de dénoncer « l’inaction du gouvernement français face à la crise climatique et son cynisme vis-à-vis de la crise sociale ».

Et la réponse va surprendre. Elle ne provient pas du Ministère de l’environnement mais du très sérieux Word Economic Forum, le think tank qui organise, entre autres, le forum de Davos. Il publie chaque année un Indice de transition énergétique.

Dans cette 5ème édition, la France se classe au 8e rang mondial sur l’indice de transition énergétique, avec une 4e place mondiale au niveau de la « performance du système ».

Une très belle place qu’elle doit à son système énergétique bien équilibré. La France se situe bien au-dessus de la moyenne des économies avancées pour ce qui est de la dimension « durabilité environnementale ». Grâce à son parc de centrales nucléaires, notre pays a émis moins d’émissions de CO2 par habitant que la plupart des pays avancés. Nous utilisons une très faible part de charbon dans l’approvisionnement en électricité et produisons une part importante de l’électricité à partir de sources renouvelables. En outre, la France a des prix compétitifs pour l’électricité industrielle. « L’Hexagone fait preuve d’un engagement politique fort en faveur de la transition énergétique et dispose d’un cadre réglementaire et institutionnel solide pour soutenir cette transition » argumentent les auteurs de l’étude.

Sur le podium de ce rapport qui classe 115 économies selon leur capacité à équilibrer sécurité et accès à l’énergie avec la durabilité environnementale et l’abordabilité en examinant à la fois l’état actuel du système énergétique du pays et sa capacité structurelle à s’adapter aux besoins énergétiques futurs, on trouve la Suède, la Suisse et la Norvège. Suivis de la Finlande, du Danemark, de l’Autriche et de l’Angleterre.

Problème de poids, les 10 pays qui obtiennent les meilleurs résultats ne représentent que 2,6 % des émissions annuelles mondiales.

Et le rapport de pointer l’absence totale d’efforts des plus grands émetteurs mondiaux comme les États-Unis, la Chine, l’Inde et la Russie. Rejoints récemment par l’Australie qui a décidé de sortir de l’accord de Paris.

Selon le Word Economic Forum, la transition énergétique a stagné à l’échelle mondiale. Peu ou pas de progrès ont été réalisés au cours des cinq dernières années. Globalement, le système énergétique est devenu moins abordable et moins durable sur le plan environnemental.

L’accès à l’énergie s’est amélioré, moins d’un milliard de personnes n’ont pas encore accès à l’électricité. Cependant, le manque de rapidité de la transition énergétique est particulièrement alarmant, trois ans après l’accord historique de Paris sur le climat et après que le GIEC a démontré l’an dernier le peu de temps dont on dispose pour éviter de graves dommages environnementaux.