Le gouvernement français a annoncé l’interdiction des voyages aériens intérieurs sur de courtes distances, dans le but de réduire l’empreinte carbone du transport de passagers. Cette mesure doit encore être approuvée par le Parlement.

 

Cette mesure signifie que tous les vols vers des destinations accessibles en moins de deux heures et demie par le train disparaîtront, dans une décision qui représente une intervention majeure sur le marché des transports, mais qui, dans les pays disposant d’une infrastructure ferroviaire raisonnablement moderne, a tout son sens et toute sa logique, comme le marché des passagers lui-même le démontre depuis un certain temps.

Par exemple, en Espagne, au cours des dernières années, la grande majorité des villes reliées par des trains à grande vitesse avec des temps de trajet d’environ deux heures ont connu une énorme baisse des voyages aériens : les trains offrent des temps d’attente beaucoup plus courts pour les passagers, tandis que les gares ont tendance à être beaucoup plus proches du centre-ville – ou, dans certains cas, comme Madrid ou Barcelone, en plein centre-ville – et surtout, signifient des niveaux d’émission beaucoup plus faibles.

Les données de l’Agence européenne pour l’environnement montrent que les trains émettent 14 grammes de dioxyde de carbone par passager et par kilomètre, contre les 285 grammes nécessaires pour transporter le même passager en avion, et les 158 grammes que produirait un véhicule à moteur à combustion interne. Selon le trajet, les économies d’émissions peuvent atteindre 90%.

Le programme environnemental de la France vise à réduire les émissions de dioxyde de carbone du pays de 40% d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Alors que de nombreux détracteurs de la mesure soutiennent que le moment de prendre de telles décisions ne devrait pas se situer au lendemain d’une pandémie qui a conduit les compagnies aériennes à subir des pertes importantes, il convient de noter que Paris a également approuvé récemment une aide d’État de 4,5 milliards d’euros pour la compagnie nationale Air France ; il y a eu beaucoup de spéculations au cours de l’année dernière selon lesquelles cette aide serait conditionnée à l’acceptation d’un plan de réduction des vols intérieurs.

D’autres pays, comme la Norvège, ont des plans ambitieux pour réduire les émissions du transport aérien, visant dans leur cas à électrifier tous les vols intérieurs d’ici 2040, ce qui réduirait les émissions de 80% par rapport aux niveaux de 2020.

La réduction de la contribution des transports aux émissions de dioxyde de carbone est l’un des principaux défis que nous devons relever pour réduire le niveau global des émissions sur la planète. En fait, la mesure initiale du gouvernement français visait à supprimer les liaisons aériennes vers des destinations accessibles en train en moins de quatre heures, ce qui aurait entraîné une réduction bien plus importante de l’activité aérienne intérieure dans un pays de la taille de la France.

Nous pouvons probablement bientôt nous attendre à voir des mesures similaires dans d’autres pays.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Enrique Dans

 

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