Les hôtes de la COP26 ont publié lundi le premier projet de décision concernant les engagements pris par les pays pour lutter contre le changement climatique à l’issue du sommet sur le climat qui s’est tenu à Glasgow, en Écosse. Le rapport exhorte les nations à faire davantage pour aligner leurs actions sur des objectifs climatiques ambitieux et prépare le terrain pour d’âpres négociations alors que la conférence touche à sa fin.

 

Faits marquants

  • Le projet appelle les pays à « réexaminer et renforcer » les objectifs climatiques afin de limiter le réchauffement de la planète à 1,5C par rapport aux niveaux préindustriels, l’objectif inférieur et plus ambitieux défini dans l’accord de Paris.
  • La proposition exhorte les nations à soumettre des engagements actualisés d’ici à la fin de 2022, en insistant sur une action significative pour réduire les émissions au cours de « cette décennie critique » afin de combler l’écart entre les réductions d’émissions promises et ce que les scientifiques estiment nécessaire pour éviter le réchauffement. 
  • Afin de limiter le réchauffement à 1,5 °C, l’accord prévoit des « réductions rapides, intenses et durables des émissions mondiales de gaz à effet de serre », notamment une réduction de 45 % des émissions de dioxyde de carbone d’ici à 2030 et l’atteinte d’un niveau net nul d’ici à 2050.
  • Le projet d’accord demande aux pays riches de « doubler au moins » le soutien financier destiné à aider les nations les plus pauvres à atteindre les objectifs et d’accélérer la suppression progressive des subventions aux combustibles fossiles, en particulier le charbon.

 

À surveiller

Le projet d’accord constituera la base des négociations pour le reste de la conférence. Les débats risquent d’être tendus et il existe des différences importantes entre les pays sur les détails de la gestion de la crise climatique. La plupart des pays sont d’accord et se sont engagés à atteindre les objectifs ambitieux de l’accord de Paris en 2015, mais il existe un fossé entre les pays riches et les pays pauvres. Alors que de nombreux pays pauvres estiment que c’est aux États riches et plus développés qu’il incombe de procéder à des réductions plus importantes et de faire de plus grands sacrifices en raison de leurs émissions historiques de carbone, les pays riches accusent les pays pauvres – dont beaucoup font désormais partie des plus grands émetteurs au monde, en chiffres absolus et non par rapport à la population – de fuir leurs responsabilités.

 

Ce que nous ignorons

Bien que l’accord mentionne le financement, il n’engage pas spécifiquement les pays à de nouveaux financements au-delà de 2025. 

 

Contexte clé

Le sommet de Glasgow succède à l’accord de Paris de 2015 et s’inspire largement des récentes conclusions du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), principale autorité des Nations unies en matière de science du climat, qui a conclu en août que le réchauffement de la planète est sans ambiguïté dû à l’activité humaine. Selon le GIEC, un réchauffement de 1,1 °C s’est déjà produit en raison des gaz à effet de serre émis depuis la seconde moitié du XIXe siècle. Afin d’éviter les pires conséquences du changement climatique, les experts s’accordent à dire que le réchauffement doit être limité à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, ce qui constitue l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris. Les efforts visant à réduire les émissions ne sont pas suffisants pour atteindre cet objectif, selon le Climate Action Tracker, qui a déclaré lors de la COP26 que le monde est actuellement sur la voie d’un réchauffement de 2,4°C. Avant la conférence, un rapport des Nations unies indiquait que le monde était en passe de se réchauffer de 2,7 °C. Malgré le caractère crucial des discussions, les dirigeants de certains des plus gros pollueurs de la planète ne sont pas présents à la COP26, notamment Xi Jinping (Chine) et Vladimir Poutine (Russie).

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Robert Hart

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