En cette période morose, voici enfin une bonne nouvelle. Malgré un bilan sanitaire et économique dramatique, l’impact du confinement sur l’environnement est, pour l’instant, très positif en Île-de-France. 

À peine 24h après le début du confinement, le 18 mars dernier, les émissions de dioxyde d’azote ont chuté de plus de 60%, selon les données d’Airparif. Un chiffre lié à la forte réduction du trafic routier et aérien. Et ce malgré l’augmentation du chauffage résidentiel et le maintien des activités agricoles. Le long des axes routiers, cet impact peut être encore plus important. Le CO2 a quant à lui connu une chute de 30%. « Dans l’agglomération parisienne, on a également pu constater une amélioration de la qualité de l’air de l’ordre de 20% à 30% », affirme Karine Leger, directrice générale d’Airparif. 


 

©Airparif

 

Du 16 au 20 mars, soit la première semaine de confinement, la qualité de l’air était qualifiée de « moyenne ». Dès la 2e semaine, elle est devenue « bonne ». En revanche, l’impact est peu visible sur les particules (PM10 et PM2,5). La météo printanière des dernières semaines, accompagnée du maintien des activités agricoles et de l’augmentation du chauffage résidentiel des 12 millions de personnes confinées, a été favorable à la formation de ces particules. « Sans confinement, nous aurions assisté à un épisode de pollution », confie Karine Leger.  

 

Emissions d’oxydes d’azote et particules du 16/03 au 20/03. ©Airparif

 

« Aucune croissance de la baisse de dioxyde d’azote n’est attendue dans les prochaines semaines puisque le trafic routier et aérien devrait rester stable », prévoit Karine Leger. En revanche, les  changements météorologiques des prochaines semaines devraient entraîner une baisse significative des particules et donc une nette amélioration de la qualité de l’air, car l’ensoleillement, la hausse des températures et l’absence de vent étaient jusqu’à présent propices à leur formation. 

La situation environnementale est actuellement spectaculaire. « On n’avait pas vu ça depuis 40 ans », soutient Karine Leger. « La qualité de l’air sur les Champs-Élysées est actuellement comparable à celle que l’on retrouve dans les parcs et autres endroits verts », ajoute-t-elle. Il en est de même pour d’autres axes principaux, comme le Boulevard Haussmann, comme le montre le graphique ci-dessous. 

 

 

Moyenne journalière de dioxyde d’azote, relevée sur le site trafic Boulevard Haussmann. ©Airparif

 

Bien que le bilan environnemental du confinement soit déjà positif, il pourrait encore s’améliorer dans les semaines à venir. Jeudi soir, Edouard Philippe a déclaré que la fin du confinement ne serait pas pour « demain matin ». Elle est officiellement fixée au 15 avril, mais les mesures seront probablement prolongées, si les recommandations sanitaires l’exigent. Nous en saurons plus aux alentours de cette date. 

 

<<< À lire également : Réduire L&#8217;impact Environnemental Grâce À La Technologie ? >>>