Survoler les châteaux de la Loire ou vous offrir un aller-retour à Deauville le temps d’un week-end à moindre coût ? C’est le créneau de Wingly. Première plateforme numérique de coavionnage, elle met en relation des pilotes privés d’un côté et des passagers passionnés et des curieux de l’autre. Un peu comme un Blablacar de l’avion, mais en plus ludique. Et l’idée séduit, avec 1 million d’euros d’heures de vol dépassés cet été, depuis la création de la start-up en 2015. 

Le succès des plateformes collaboratives n’a fait que croître ces dernières années et dans son fonctionnement, Wingly est un peu comme le célèbre Blablacar : un véhicule, une place, un trajet à moindre coût. La différence est qu’on ne s’offre plus un voyage en voiture… mais en avion. Bienvenue dans le monde du coavionnage. 

Le concept est né d’un double constat dans l’esprit des fondateurs : chaque année, des millions de sièges libres passent au-dessus de nos têtes en Europe, et voler coûte cher. Mettez en relation des passagers comme vous et moi, des curieux et des passionnés avec des pilotes qui désirent voler davantage et vous obtenez Wingly. 

 

Démocratiser l’aviation légère 

L’aviation privée est dans l’imaginaire collectif réservée à une élite. Wingly souhaite casser ce cliché. Un vol, même privé, peut être accessible, pour toutes les bourses. Et les chiffres ne mentent pas, avec des prix démarrant aux alentours de 30 euros. 

Et cela ne concerne pas que l’Île-de-France. L’entreprise basée à Paris est présente partout dans l’Hexagone (40%) et dépasse également les frontières avec une activité croissante des opérations en Allemagne (40%), en Angleterre (15%) et dans le reste de l’Europe (5% divisé entre l’Autriche, la Suisse et la Belgique). 

L’objectif premier de Wingly est ainsi de démocratiser l’aviation légère en créant la plus grande communauté digitale de pilotes, de passionnés d’aviation et de curieux, tout en partageant les frais de déplacement. 

13 000 pilotes (dont 4000 en France) et plus de 190 000 passagers se sont déjà laissés convaincre. Des familles, des couples, des parents et leurs enfants, des retraités… Il n’existe pas de profil type. Tous se laissent séduire par une expérience ludique, et la plupart des utilisateurs de Wingly envisagent le coavionnage comme un beau cadeau à offrir – la start-up propose d’ailleurs des cartes cadeaux, idéales pour la période des Fêtes qui arrive à grands pas. 

En outre, pour les pilotes, il s’agit également d’un moyen formidable de partager leur passion (et de ne pas être de simples chauffeurs) avec d’autres personnes, en plus d’un certain confort financier, et de dynamiser l’activité de leurs aérodromes. A noter toutefois qu’ils ne réalisent aucun bénéfice sur ces vols, mais qu’ils rentabilisent bel et bien les coûts en raison du partage de frais réalisé avec leurs « invités ». 

 

 

Une longue bataille juridique 

Pour s’imposer en France, le combat a été long. Cadre juridique flou, réglementation bancale… La DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile) a entravé le développement de la start-up pendant plusieurs mois, en imposant des règles très strictes. Ce n’est qu’à l’été 2017, après deux ans de bataille juridique, qu’une décision du conseil d’Etat s’alignant sur les directives européennes a permis à Wingly de s’épanouir sur le marché français. 

Une fois le cadre réglementaire éclairci, un partenariat a été signé avec la FFA (la Fédération française de l’aviation, qui représente 3000 avions). Cela a notamment permis de renforcer la sécurité des vols, en « validant » des pilotes expérimentés. Avant ce partenariat, 50 réservations étaient enregistrées par mois en France, aujourd’hui, la start-up est passée à environ 600 réservations par mois. Une croissance impressionnante en seulement quelques mois. Mais ce n’est que le tout début pour Wingly qui souhaite rassembler davantage d’aéroclubs partenaires : 70 sur 600 leur ont déjà fait confiance, ce qui ouvre la voie a des perspectives de croissance plus fortes encore. 

 

De nombreuses perspectives d’avenir 

Wingly a passé cet été la barre des 1 million d’euros d’heures de vol réalisés depuis sa création en 2015, et la start-up ne compte pas s’arrêter là. A court terme, l’objectif est de passer du concept à la rentabilité, de 13 000 passagers en vol à 150 000 d’ici 2020. 

Et sur le long terme, le projet de Wingly est de ne plus s’orienter seulement vers le loisir-tourisme mais véritablement sur le transport et la mobilité. Avant même la naissance de la start-up, « combler les diagonales du vide » était l’un des objectifs des fondateurs. En effet en France, tout passe par Paris, ou presque. Qu’il s’agisse des trains ou des avions, la mobilité des personnes reste assez centralisée. Et pourtant selon les statistiques, où que vous soyez en France, vous vous trouver à une quarantaine de kilomètres d’un petit aérodrome. La France possède en effet à elle seule un réseau de plus de 450 aérodromes dont seulement 10% sont utilisés régulièrement par des compagnies aériennes. Cela représente donc un potentiel formidable afin de résoudre les problèmes de mobilité au sein du territoire. Et cela ne concerne pas la France mais aussi l’Allemagne, l’Angleterre… 

En outre, la start-up a une vision très internationale et ne compte pas s’arrêter à l’Europe. Elle s’intéresse notamment au marché américain – deux fois plus grand que le marché européen dans le domaine de l’aviation -, mais pour l’heure, le coavionnage est interdit et bloqué par les lobbies outre- Atlantique. 

Des perspectives énormes de croissance, de réseau, et de marché laissent deviner que pilotes comme passagers n’ont pas fini de toucher du bout des doigts le plus vieux rêve de l’Homme avec Wingly : celui de voler. 

 

Wingly en quelques chiffres clés :