Dans son livre, « Une vie choisie », publié aux éditions Grasset, Marc Simoncini, le fondateur du site Ifrance et de Meetic raconte ses plus beaux échecs. Notamment la création d’une machine pour damer les pistes de ski « Made in France » qui lui a fait perdre 7 millions d’euros. « Il n’y a rien de plus formateur qu’un échec ! » s’exclame l’homme habitué à rebondir et à voir loin. Mais aujourd’hui, c’est un échec beaucoup plus cuisant qui l’attend.

 

Sa dernière création, Sensee traverserait une période difficile. L’entreprise d’optique sur internet serait contrainte de licencier plusieurs salariés au sein du siège social qui comptait une vingtaine de collaborateurs, dont la directrice générale Angélique Lenain. Cette dernière va être remplacée en mars prochain par Grégory Azoulay, actuellement directeur digital chez Gémo-groupe Eram.
Créée comme un pure player internet de vente de lunettes, Sensee s’est lancée dans le multicanal avec des ouvertures de magasins physiques et de corners. Une stratégie qui n’a pas porté ses fruits puisque Sensee a dû fermer ses corners installés dans les Fnac de Vélizy (78), Montparnasse à Paris (75), Bordeaux (33) et Lille (59).

Pourtant sur le papier le projet avait de l’allure. Fort d’un beau succès sur le marché des lentilles grâce à son site lentillesmoinscheres.com, devenu leader du renouvellement de lentilles sur Internet, Marc Simoncini lance Sensee pour disrupter le marché de l’optique. Avec un concept fort : proposer des lunettes « made in France » à prix cassés, à partir de 59 euros, grâce à des ventes en direct et avec des marges « transparentes » comme confiait au Point sa patronne Angélique Lénain, ex-avocate d’affaires. Sensee annonce la couleur, le coût de fabrication de ses montures est de 20 euros.

« Nous sommes une jeune marque de lunettes, dessinées et fabriquées en France, à Oyonnax, dans le Jura. Et comme elles ne sont vendues que dans nos boutiques et sur notre site web en direct, nous supprimons les intermédiaires » expliquait-elle.
Chaque option est facturée 30 euros (super-antireflet, solaires, protection écran, verres photochromiques qui foncent à la lumière…). Les verres progressifs sont proposés pour un surcoût de 60 euros. En prônant la fin des lunettes chères, la marque voulait donner un sacré coup de pied dans la fourmilière.
Las, la start-up n’a pas trouvé ses marques et doit aujourd’hui changer de stratégie.
Pas de quoi inquiéter Marc Simoncini qui en a vu d’autres.