Les 1er et 2 octobre se tiendra la 20ème édition du Salon SME, ex salon des micro-entrepreneurs, sur la thématique du progrès. L’événement s’adresse aux dirigeants de TPE et PME, mais aussi aux personnes ayant l’envie d’entreprendre, aux indépendants et aux auto-entrepreneurs. Au programme, une journée des femmes entrepreneures, une journée des jeunes entrepreneurs, et des conférences sur « améliorer son pitch », « construire son storytelling » ou encore l’usage des réseaux sociaux. Alain Bosetti, fondateur et président du Salon SME analyse l’évolution de l’entrepreneuriat ces vingt dernières années. Pour lui, « nous sommes dans un cercle vertueux ».

 


Les 1er et 2 octobre se tiendra la 20ème édition du Salon SME, quelles sont les principales évolutions que vous avez pu noter dans l’écosystème entrepreneurial ces vingt dernières années ?

Alain Bosetti : L’entrepreneuriat a connu une évolution très nette ces vingt dernières années. Nous pouvons voir tout d’abord une dynamique quantitative : dans les années 1990, il y avait 200 000 nouveaux entrepreneurs par an, ils sont 600 000 aujourd’hui. Trois fois plus de Français se lancent ! Ensuite, la dynamique est sur le plan de la perception : c’était considéré comme inconscient de créer son entreprise il y a vingt ans. A la fin des années 1990, c’était la folie autour d’Internet, mais la bulle éclate en 2000 et met un frein à l’engouement. Aujourd’hui, le regard sur les risques, sur l’échec ont changé. Lancer son entreprise est aujourd’hui bien vu. Nous sommes dans un cerce vertueux.

Quels sont selon vous les moteurs de l’entrepreneuriat ?

A.B : Tout d’abord, la technologie. Elle permet de développer de nouveaux produits quasiment sans aucune restriction. Ensuite, le législateur a joué en faveur d’un plus simple accès à l’entrepreneuriat. La loi Dutreil (2003) simplifie les démarches administratives à la création d’entreprise et allège la fiscalité. De son côté, la loi Novelli (2008) sur le statut d’auto-entrepreneur a démocratisé l’entrepreneuriat. Ces deux lois participent à faire sauter les barrières à l’entrepreneuriat. Enfin, aujourd’hui, nous assistons à l’émergence d’un désir d’indépendance des jeunes.

Ces trois éléments, la technologie, la simplification et le désir d’indépendance sont selon moi les trois principaux moteurs de l’entrepreneuriat.

A l’inverse, quels sont les freins à l’accès à l’entrepreneuriat ?

A.B : Les freins… il y en a de moins en moins. L’accès au financement, peut-être. Mais un bon porteur de projet trouve toujours des financements. Il faut voir aujourd’hui que sur les 600 000 créateurs d’entreprises, la moitié sont des micro-entrepreneurs. Les gens créent leur entreprise avec très peu d’argent. De plus, les structures qui accompagnent les entrepreneurs sont nombreuses et créent un effet de levier auprès des banques. Enfin, l’alignement de la protection sociale des indépendants sur celle des salariés, notamment avec le congé maternité pour les indépendantes, est une nouvelle étape facilitatrice.

Comment voyez-vous l’avenir de l’entrepreneuriat dans les prochaines années ?

A.B : A l’avenir, les travailleurs vont faire de plus en plus d’allers-retours entre le salariat et l’indépendance ou l’entrepreneuriat.

Quand on regarde le premier moteur dont nous parlions tout à l’heure, le développement de la technologie, nous pouvons penser que se développement va s’accélérer  avec pour conséquence une baisse des prix. Les petites entreprises vont avoir accès à de nouvelles technologies jusqu’alors uniquement dans les mains des grands groupes. Selon moi, cela s’accompagnera (et c’est déjà le cas) d’une nécessité d’embaucher dans les entreprises des profils de philosophes par exemple. La technologie va conduire à un nouvel engouement pour les sciences humaines. Et il sera également indispensable de développer ses soft skills, ou capacités relationnelles.

L’autre grand changement est le fait que nous tendons vers la parité dans la création d’entreprise. Selon l’Insee, en 2017, la part de femmes créatrices d’entreprises est de 40%. Elle était de 29% en 1987.


Enfin, la possibilité de tester permet de multiplier les créations d’entreprises : les fondateurs se lancent souvent en parallèle d’un emploi ou en auto entrepreneur, c’est très positif !