Paris est le bon élève des professions intellectuelles. Selon une étude de Nima Sanandaji, président du think tank ECEPR (European Centre for Entrepreneurship and Policy Reform), qui mesure la part de la population européenne qui exerce des métiers intellectuels, 1,2 million de personnes exercent dans ce secteur dans la capitale.

Les données sont compilées par une analyse de statistiques structurelles détaillées sur les entreprises des différents pays et régions d’Europe. Cette troisième édition de l’indice de l’ECEPR élargit la définition des emplois intellectuels pour y inclure l’industrie pharmaceutique. L’étude révèle des changements significatifs dans ces professions dans 278 régions de 31 pays européens. En France, le nombre de salariés des entreprises à forte densité intellectuelle est passé de 2,1 millions en 2012 à 2,2 millions en 2019. Les professions intellectuelles ont augmenté de 21 500 dans le secteur de la création, de 63 500 dans les TIC et de 16 800 dans la tech. Paris, en particulier, est très active dans ce secteur puisque 1,2 million d’emplois intellectuels y sont exercés, soit la grande majorité en France. Aucune région d’Europe ne présente autant de professions intellectuelles que la région parisienne. Cela s’explique par le fait que Paris combine un pourcentage élevé d’emplois à forte intensité intellectuelle avec une population importante. Si la capitale regorge massivement de ces emplois, environ 16,7% des travailleurs parisiens les exerçant, le reste de la France est un peu laissé pour compte. La région Rhône-Alpes arrive en deuxième position avec 4,9 %, suivie de Provence Alpes-Côte d’Azur avec 4,5%.

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Par rapport au reste de l’Europe, la France est particulièrement performante dans le domaine de l’édition. Si elle se distingue également dans les domaines de l’audiovisuel, du management et des produits pharmaceutiques, une grande partie du développement de l’emploi intellectuel se fait aujourd’hui dans le secteur des TIC. La France s’illustre comme étant le plus centralisé des grands pays européens. Au Royaume-Uni et en Allemagne, par exemple, d’autres métropoles que les capitales présentent des concentrations de professions intellectuelles. Le défi de la France est d’encourager la croissance de ces emplois en dehors de la région parisienne.

Au-delà de la compétitivité française, un certain nombre de conclusions intéressantes émanent de ce rapport : un demi-million d’emplois dans le secteur s’ajoutent chaque année, les pays nordiques sont les plus performants, et on observe un effet de rattrapage important des pays les moins performants.