Difficile pour un entrepreneur de rebondir à la suite d’un échec, d’autant plus en France, où le passage par un échec stigmatise la personne sur son CV. La “start-up nation” tant promise n’est pas sans risque pour les personnes qui acceptent de se lancer dans l’aventure. Chaque année, 90% des start-up déposent le bilan. Du côté de la restauration, on estime qu’une entreprise sur trois dépose le bilan aux cours des trois premières années d’existence. Derrière ce chiffre, des entrepreneurs en proie aux trois D – divorce, dépression, dépôt de bilan. Sombre tableau, auquel Les Rebondisseurs Français ont décidé d’apporter un peu d’espoir et de gaieté en relatant des expériences d’entrepreneurs sortis de cette spirale. 

Nombreux sont les entrepreneurs à se retrouver seul et sans moyen financier, le moral en berne. Si le paysage français compte déjà le mouvement 60 000 Rebonds, quatre personnes issues du milieu entrepreneurial ont réfléchi à leur tour à la création d’un mouvement, Les Rebondisseurs Français. Destiné à rassembler les entrepreneurs, ses objectifs sont multiples : relativiser l’idée d’un échec en relatant l’histoire des entrepreneurs ayant échoué avant eux, rassembler une communauté et enfin, proposer des solutions pour s’extirper de cette chicane. Leur site propose diverses offres, ciblant les particuliers et les entreprises. Les Rebondisseurs Français s’adressent également à l’école, milieu propice au sentiment d’échec face aux notes. De la primaire aux écoles de commerces, toutes les strates du système scolaire peuvent recevoir le soutien du mouvement, sous la forme d’interventions et de débats avec les élèves ou les étudiants. 

Quatre co-fondateurs ayant expérimenté la réalité du terrain 

La présidente du mouvement, Isabelle Saladin, l’une des quatre co-fondatrices du mouvement (et contributrice chez Forbes France) a constaté que les retours sur son échec était très différent, selon de quel côté de l’océan Atlantique elle se plaçait. Aux Etat-Unis, l’échec symbolisait la volonté d’entreprendre. Côté français, l’échec est stigmatisant pour la personne qui le porte. Forte de cette conclusion, elle décide de fonder Les Rebondisseurs Français, en s’associant avec trois autres personnes.

Alexandre Nobecourt, fondateur de Punchlive Agency et vice-président du mouvement a également effectué quelques séjours outre-Atlantique, où il y a trouvé de quoi rebondir. Fort de cette expérience, il revient en France et s’investit auprès des PME indépendantes. Claire Flin s’occupe des relations presse au sein du mouvement. Ces 20 ans de travail dans la communication média en font la spécialiste média du mouvement. 

Dernier co-fondateur, Christian Vaux s’est occupé de la création du site internet Les Rebondisseurs Français. Le programmateur informatique a également réalisé la mascotte du mouvement qui s’illustre sous la forme d’un kangourou. Animal-totem du mouvement, il symbolise l’action et le rebond si essentiel à tout entrepreneur.

Les ambassadeurs du rebond 

Cinq ambassadeurs se sont joints à eux, partageant leurs expériences. Trois d’entre eux sont présents lors du lancement du mouvement Les Rebondisseurs Français.

Pour Julien Coulon, co-fondateur de Cedexis, l’échec s’envisage plus comme un pivot. Marqueur d’une étape, celui qui a vidé les compte épargnes de ses enfants pour financer son entreprise insiste sur la notion de rebond. Enchaînant les voyages, il considère qu’aucune situation n’est insurmontable. Sur ce propos, il est rejoint par Hélène de Saint Front. Elle a voulu exporter deux sociétés au Portugal. Elle se reconvertit dans le salariat à la suite de son échec, mais les méthodes managériales qu’elle prône pour ces clients ne sont pas appliquées à l’intérieur même de son entreprise. Elle vit son échec comme on accepte un deuil. Patiemment, avec plusieurs phases, lentement, elle laisse la sérendipité faire son œuvre. Elle co-fonde B-Harmonist, où elle se sent en phase avec les principes managériaux de son entreprise.

Sam, la mascotte kangourou du mouvement Les Rebondisseurs Français créée par une imprimante 3D

Le dernier ambassadeur présent arrivait tout droit de Bretagne. Jean-Michel Davault a fait l’expérience du stress oxydatif peu après l’éclatement de la bulle internet, en septembre 2008. Par chance, il prend en compte les signaux que lui envoie son corps avant le burn-out. Intégrer le lobby en tant qu’ambassadeur lui semblait essentiel pour briser le tabou de l’échec. En France, il s’inscrit encore à tous les niveaux que ce soit par le recours des prête-noms pour éviter de se voir refuser un prêt par la banque ou par le fichage des entrepreneurs à la Banque de France.

Le mouvement a déjà pris contact avec un des membres du gouvernement, souhaitant donner à leur projet une amplitude plus grande.