Les BigBoss se réinventent dans la continuité de ce qui a fait de cet événement atypique un rendez-vous phare du business de la nouvelle économie. Du 1er au 3 décembre, le 9ème opus a pris ses quartiers au Club Med de Val Thorens. 350 Big Boss représentant  452 milliards de chiffres d’affaires, dont 25 milliards online, ont rencontré 100 start-up lors d’un speed dating géant pour négocier des solutions à leurs problématiques digitales. Retour sur un networking hors norme, où les deals se concluent davantage lors d’apéritifs ou d’excursions ludiques, plutôt que dans le cadre professionnel. Un format plébiscité.

Six heures du matin, vendredi 1er décembre, vêtus de doudounes et équipés de leurs ordinateurs portables, 600 voyageurs convergent vers la Gare de Lyon pour le coup d’envoi d’un véritable marathon de trois jours, sous le thème du business, du networking et de la convivialité. Dans un TGV, entièrement privatisé par Digilinx, société organisatrice et fondée par Hervé Bloch, les décisionnaires de grands groupes évoluant dans les branches marketing et numérique, à l’instar de Total, Orange ou Vinci, vont multiplier les rencontres en « one to one » avec des prestataires issus de l’écosystème. « Dès notre arrivée à la station de ski Val Thorens, nous démarrons le speed dating géant où 4900 rencontres affinitaires se succèderont entre 14h00 et 18h00. Cette unité de temps et de lieu permet d’optimiser les échanges entre Big Boss et start-up, qui pourront discuter de leurs problématiques et identifier les offres de services et les solutions proposées par les jeunes pousses, transformées en sponsors pour l’occasion. Un format comme le nôtre économise jusqu’à six mois de prospection aux participants ! », détaille Hervé Bloch.


Ce 9ème opus confirme le plébiscite du concept par les acteurs du secteur : Digilinx a comptabilisé 1130 pré-inscriptions et n’en a validé in fine que 363. L’événement réunit deux tiers d’annonceurs et un tiers de prestataires. La moitié des annonceurs est renouvelée à chaque édition et pour participer à nouveau, un Big Boss doit avoir signé avec un des prestataires rencontrés précédemment. « Je suis les opportunités générées de près, et il faut un an pour avoir suffisamment de recul. Depuis 2013, 41 millions d’euros de contrats ont été signés, représentant 1,9 deals par grands comptes sur chacune des manifestations », confie l’homme aux 23 000 contacts sur Linkedin.

 

Etre mutuellement bien accompagnés

Dans un hangar de 1000 m², prestataires, Big Boss, staff technique s’affairent sous le regard placide du « chef de village », Hervé Bloch, qui orchestre les séances de pitch, gong à la main. Pendant sept minutes les discussions fusent autour des thématiques de big data, conversion, attribution / contribution, activation digitale, intelligence artificielle ou e-paiement. Au coup de gong, les prestataires changent de place pendant que le boss note la performance – un smiley vert s’il souhaite revoir la personne, un orange pour approfondir l’échange et un rouge s’il n’est pas convaincu. Ces rendez-vous n’ont rien de fortuits. Ils ont été minutieusement préparés en amont grâce à un logiciel de matching paramétré pour élaborer un casting chirurgical entre besoins des annonceurs et solutions des sponsors.

Dans des univers où les mutations technologiques évoluent continuellement, la pression est permanente « Les Big Boss ont autant d’attentes que les entrepreneurs auditionnés. Afin de rester compétitifs et performants, nous devons identifier les meilleurs profils dès qu’ils émergent. Bien accompagnés, nous pourrons efficacement répondre aux enjeux de transformation digitale. », commente Jacques Masson, nouveau directeur général de Gîtes de France. Sentiment également partagé par d’anciens participants qui ont déniché des « pépites » lors d’éditions antérieures. Samuel Baroukh, directeur du e-business chez Nestlé France, évoque « quatre deals signés nés de ses rencontres en 2016 ». Aujourd’hui, il a repéré cinq start-up sur sept susceptibles de l’aiguiller dans ses problématiques de consolidation de data.

18 heures passées, la salle se vide. Les discussions inachevées se poursuivent à présent aux abords du buffet. Les groupes sont bien moins uniformes qu’au départ : des primo-participants se mêlent plus volontiers aux gros portefeuilles tutoyant, pour certains, les dizaines de milliards d’euros. « Le networking commence véritablement maintenant », souligne Delphine Rigollier, directrice commerciale de 1000mercis, expert en data CRM digital et marketing programmatique. Au fil du week-end et au gré des événements informels : cocktail, soirées de gala, activités sportives et relaxantes (sauna et jacuzzi), le Big Boss Winter 2017, veut exacerber les relations humaines au-delà du rigorisme imposé par les affaires.

« Business as It should be » (le travail tel qu’il devrait être, NDLR), est l’aphorisme promu par Hervé Bloch. A cette fin, les 630 invités ont pris leurs quartiers au Club Med. La très jeune équipe de Digilinx, mais néanmoins très affûtée, a calibré un programme « où tous les moments sont propices au réseautage et au plaisir », explique Alexine Roger, à la tête du pôle événementiel. Nombreux sont les Big Boss et sponsors qui le concèdent : les contrats germeront durant ces moments « off ».

Nouvelle identité visuelle, nouveau modèle économique

Innover et surprendre. C’est à la fois le credo et la boussole d’Hervé Bloch qui agite le secteur du marketing digital depuis bientôt vingt ans. L’habillage graphique comme le logo a été repensé, épuré, pour lui conférer une couleur plus « institutionnelle et sobre », développe Hervé Bloch. « De grands groupes du CAC 40 avaient de l’intérêt pour notre concept, néanmoins ils ne comprenaient pas notre choix décalé de faire référence – sur la forme – aux films « Les bronzés ». Démarche payante. Digilinx vient d’attirer en son sein un profil assez inédit : Samuel Bokobza, banquier d’affaires chez Samothrace. « Je veux faire partie de l’aventure BigBoss en soutenant en amont des start-up en recherche de capitalisation. Je suis ravi de ma participation à ce format détente / business qui favorise le contact entre mon monde et celui des jeunes pousses. Deux univers plutôt aux antipodes. », témoigne le financier.

Autre révolution : la refonte même du modèle économique. Hervé Bloch a mis en place un système inspiré du modèle SaaS (software as a service, NDLR), très emblématique de l’écosystème des nouvelles technologies. En clair, il s’agit de proposer une offre fondée sur l’abonnement, une première dans l’événementiel digital. « Auparavant, je vendais un événement aux sponsors, à présent, je commercialise une formule mensuelle ventilée de 2000 euros (prix d’entrée) à 8000 euros, le prestataire obtient des points : les linx qui fonctionnent comme une monnaie virtuelle. Plus fort est son engagement, moins cher lui coûtera son prochain événement grâce à un système de remises. Douze linx permettent l’obtention d’un jeton gratuit, 18 linx, lui en attribue deux, etc… », poursuit l’instigateur du concept.

L’argument budgétaire séduit. Déjà 67 contrats, avec tacite reconduction, ont été signés. L’objectif de 110 peut « raisonnablement être atteints » d’ici fin 2017, selon l’homme d’affaires. L’intérêt repose aussi sur les services annexes associés à l’offre, à l’exemple d’une transparence totale sur le profil et l’historique des Big Boss ; les sponsors auront accès à des chiffres clefs comme le nombre de contrats signés, le ROI générés. Le tout sous forme de palmarès. Dernière innovation annoncée qui concerne les abonnés à l’offre : le lancement d’une méthode de notation des dirigeants, habitués jusqu’à présent à disposer des pleins pouvoirs. « Cela rééquilibrera la relation Big Boss / sponsor », conclue Hervé Bloch.

Après les sommets alpins, le trublion de la mise en relation 2.0, envisage de conduire une délégation de contacts au CES de Las Vegas où « il y a clairement des opportunités à développer en matière de marketing digital ».